La biblioboutik de l’ostéo4pattes

Un an dans la vie d’une forêt

de David G. Haskell
vendredi 3 octobre 2014 par Eric Goyenvalle

Livre proposé par notre ami ROMAIN....

Salut,

Je viens de finir un livre assez sympa, pas directement sur l’ostéopathie mais sur l’observation de la nature.

Le livre s’appelle "Un an dans la vie d’une forêt" de David G. Haskell, un biologiste américain qui s’est posé pendant un an, presque tous les jours, pour observer une parcelle d’un mètre de diamètre d’une forêt ancienne relativement préservée. La suite est une description naturaliste scientifique et donc précise (qui rappellera parfois à certains leurs vieux de cours de classe prépa), mais surtout amoureuse et poétique de la nature, agrémentée de réflexions intéressantes sur la place de l’homme en son sein.

Un résumé pioché sur internet (babelio.com) :

David G. Haskell a choisi de prendre un biais original pour faire avancer la connaissance de la biologie évolutive. Il a pendant une année, jour après jour, étudié l’évolution d’une forêt des Appalaches en focalisant son attention sur un unique mètre carré de verdure. Et c’est à partir de ce microcosme qu’il va percer des mystères qui dépassent de beaucoup ce qu’on peut attendre d’une observation d’un espace aussi circonscrit.
Au fil de quarante-cinq petits essais qui suivent le rythme des saisons et les subdivisent, on le voit allongé à même le sol, scruter à la loupe sa parcelle, sans jamais la toucher ni l’écraser ni la gratter, et méthodiquement, patiemment, ausculter les salamandres, les escargots, les insectes, les
champignons, les mousses, les bactéries, les papillons, les fourmis de feu, les guêpes, les lucioles, les tritons, les sauterelles... décrire le vent, la lumière, les pierres, les fleurs, un tremblement de terre, une tempête, une pluie diluvienne,
le passage d’un vautour, d’un cerf ou d’un coyote. Un jour, il surprend deux balles de golf tombées inopinément, qu’il observe s’enfoncer lentement, jusqu’à rencontrer des roches qui vont progressivement les écraser, les pulvériser, les réduire en atomes originels. Un autre jour, il observe des
écureuils pendant une heure se prélasser dans le soleil.
Haskell, qui fait penser à un Robert Hooke ou à un Henry Thoreau, livre dans chaque essai est un magnifique condensé d’histoire naturelle et de méditation philosophique. Il fait de son mandala un monde à part entière, rempli d’oasis de contemplation, qui révèlent les interconnexions qui existent dans la nature, les relations cycliques qui opèrent entre les êtres vivants, et qui peuvent être transposées à n’importe quelle échelle, aussi bien moléculaire que cosmique.

Morceaux choisis :

"Un des résultats de mon observation du mandala a été de comprendre que c’est en leur accordant notre attention que nous faisons apparaître des endroits merveilleux, et non en trouvant des endroits "vierges" qui nous émerveillent."

"Je suis rattaché à la foret par mon architecture moléculaire."

"Dans son objectivité, la science se défait de certaines hypothèses mais en adopte d’autres qui, revêtues de rigueur intellectuelle, peuvent engendrer un orgueil démesuré et une insensibilité envers le monde. Le danger apparaît lorsque nous croyons que la perspective limitée de nos méthodes scientifiques permet d’embrasser la totalité du monde. il peut être utile ou opportun de décrire la nature comme un diagramme de flux ou un animal comme une machine, une telle utilité ne doit pourtant pas être prise pour la confirmation que nos hypothèses réductrices reflètent toute la totalité du monde. Ce n’est pas une coïncidence si l’orgueil de la science dans son application étroite répond aux besoins de l’économie industrielle. (...)
Cette année je me suis efforcé de laisser de côté les outils scientifiques et d’être à l’écoute : d’approcher la nature sans une seule hypothèse, sans procédé pour recueillir les données, sans plan de cours pour apporter des réponses à mes étudiants, sans machines ni sondes. J’ai entrevu la richesse de la science, mais aussi à quel point sa portée et son esprit sont limités. Il est regrettable que la pratique de l’écoute n’ait pas sa place dans la formation officielle des scientifiques. En son absence, la science échoue pour rien. cela nous appauvrit et nous rend peut-être plus nuisibles que nous ne le sommes déjà."

Bye !

Romain

PS : Pour l’anecdote, je crois que c’est tellement apaisant que j’avais bien du mal à finir un seul chapitre d’une traite. Livre de chevet trop puissant...


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