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La Revue de l’Ostéopathie n°23

vendredi 22 novembre 2019 par La Revue de l’Ostéopathie

Éditorial

Chères lectrices, chers lecteurs, ou Cher·es lecteur·ices (?)

L’écriture dite inclusive est un ensemble de règles visant à utiliser un langage non sexiste ou non genré, ou dégenré... son objectif étant d’éviter toute discrimination par le langage. La règle la plus discutée concerne l’utilisation du point médian — à mi-hauteur de ligne — pour présenter les termes concernant les femmes et les hommes, par exemple « les patient·es », « les participant·es » voire, selon une autre version, « les patient·e·s », « les participant·e·s ».

Le comité éditorial s’attache à ce que les articles soumis à La Revue de l’Ostéopathie respectent les principes de la rédaction scientifique :

- la clarté, en utilisant un langage compréhensible par le lectorat concerné : on écrit pour être lu et compris ;
- la précision, en s’attachant à la quantité et la qualité des informations présentées, donc à leur pertinence ;
- la concision, en utilisant les formulations les plus réduites possibles sans sacrifier ni la clarté ni la précision.

Quel est l’intérêt d’aborder le sujet de l’écriture inclusive ? Nous publions essentiellement des comptes-rendus de recherches expérimentales, cliniques ou bibliographiques portant sur des individus, et veiller à l’égalité des représentations entre les femmes et les hommes est nécessaire. Par conséquent, nous sommes concernés par la manière de décrire les populations participant aux études publiés dans la revue.

En France, l’écriture inclusive est source de débats assez vifs. Si le consensus existe sur la nécessité de respecter l’égalité entre les sexes, les détracteurs de l’écriture inclusive lui reprochent son illisibilité. Pour l’Académie française, elle serait un « péril mortel », et aboutirait « à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion ». Pour le lexicologue Alain Rey, « elle est inutile, ne serait-ce que parce qu’elle ne peut pas se représenter à l’oral. » D’autres dénoncent les propositions de remplacer « ils/elles », « tous/toutes » et « ceux/celles » par « iels », « toustes » et « ceulles »... De plus, un suffixe féminin ne présente les femmes qu’à moitié, et est placée après le terme masculin, ce qui ajoute un peu plus de la même chose. Et le cas de la Hongrie vient moduler l’argument selon lequel la langue forgerait les représentations égalitaires : la langue hongroise n’est pas genrée, et il ne semble pas ce pays soit plus égalitaire que les autres.

L’écriture inclusive comprend d’autres règles, que nous avons adoptées, proposant d’utiliser des termes épicènes ou, à défaut, des doubles flexions. Un terme est dit épicène lorsqu’il ne varie pas selon le genre, comme « personne », « élève » ou « ostéopathe ». La double flexion consiste à présenter à la suite les deux formes, masculines et féminines. Il nous semble plus respectueux de présenter en premier les formulations féminines, à l’instar de Pierre Desproges qui débutait ses plaidoiries du Tribunal des flagrants délires en utilisant à la fois une double flexion et en doublant un mot épicène : « Françaises, Français ! Belges, Belges ! »

Ce débat, pris très au sérieux, renforce les plus ardents défenseurs de l’écriture inclusive dans des retranchements idéologiques. L’objectif de cet éditorial n’est pas de clore ce débat ni de prôner une position définitive. L’idée de l’écriture inclusive est généreuse, mais nous avons relevé des paradoxes parmi certains organismes qui proposent des stages d’écriture inclusive : une agence qui présente des stages en entreprise précise, sur un site Internet, qu’elle a déjà mis en place des ateliers auprès de « professionnels [sic] ». Un autre site, ardent défenseur de l’écriture inclusive et de la lutte contre les stéréoptypes, qui présente un livre traitant de ce sujet, mentionne «  le prix pour l’acheteur [sic] ».

Comment conclure cet éditorial ? En nous adressant à vous par la formule « Chères lectrices, chers lecteurs » plutôt que « Cher•es lecteur•ices... » même si, en modifiant les derniers propos de Claude Favre de Vaugelas, « [...] l’un et l’autre s’écrit... ou s’écrivent. »

Robert Meslé
Directeur de la publication

Sommaire

Intérêt d’un traitement ostéopathique chez des femmes enceintes dont le fœtus se présente en siège. Étude expérimentale

Truffier T, Marangelli G, Adouard J. La Revue de l’Ostéopathie. 2019 ;23:5-14.

Résumé
Introduction :
la position en siège d’un fœtus pourrait présenter des risques lors d’un accouchement par voie basse. Par ailleurs, cette position est souvent corrélée à un inconfort chez la femme enceinte, et peut favoriser certains troubles orthopédiques chez le nouveau-né tels que la dysplasie de hanche, une malposition des pieds ou encore un torticolis. Cette étude expérimentale évalue l’intérêt d’un traitement ostéopathique chez des femmes enceintes dont le fœtus se présente en siège, afin de favoriser une version spontanée.
Méthodes : l’étude a été réalisée sur une population de 15 femmes enceintes dont le fœtus se présentait en siège. Une à deux séances d’ostéopathie leur ont été dispensées. La version ou non du fœtus a ensuite été objectivée par contrôle échographique auprès d’un gynécologue ou d’une sage-femme dans les 48 heures.
Résultats : 8 des 15 fœtus ont effectué leur version spontanée après traitement ostéopathique. Parmi les 8 femmes, 4 avaient également bénéficié d’autres approches complémentaires, acupuncture ou haptonomie.

Conclusion : chez les patientes dont le fœtus a versé spontanément, des structures anatomiques comme le diaphragme et les articulations sacro-iliaques ont été traitées. Dans les cas où les fœtus sont restés en position caudale, une cause médicale sous-jacente a été diagnostiquée par l’équipe médicale expliquant alors l’impossibilité de version spontanée, et l’échec de Version par Manœuvre Externe (VME) également. L’ostéopathie semble bénéfique dans la prise en charge des femmes dont le fœtus se présente en siège, que ce soit pour favoriser sa version spontanée, ou pour améliorer le confort de la mère. L’intégration de l’ostéopathie au parcours de soin des femmes enceintes concernées pourrait donc apporter un bénéfice pour ces patientes et leur fœtus.
Mots-clés : ostéopathie, grossesse, présentation du siège, présentation caudale, version fœtale, version par manœuvre externe (VME)

Impact d’une prise en charge ostéopathique sur la performance du golfeur confirmé. Essai randomisé

Beghain JB, Linari B, Ducommun D.  La Revue de l’Ostéopathie.2019 ;23:15-22.

Résumé
Objectif :
Il existe des études portant sur le golfeur, au plan épidémiologique ou ostéopathique. L’une d’elles a mené une recherche sur l’évolution des performances du golfeur avec l’ostéopathie, cependant, l’effectif étudié était faible, avec une seule prise en charge ostéopathique et seule l’amplitude rotatoire était évaluée. Nous avons donc décidé de poursuivre dans cette idée avec un nombre plus important de sujets et en explorant deux critères d’évaluation supplémentaires : vitesse des mains et vitesse du club.
Méthodes : te étude est donc interventionnelle, prospective, longitudinale et randomisée. Afin d’obtenir des mesures fiables, les golfeurs devaient être d’un niveau suffisant, d’un index ≤ 15, ce qui assure un swing régulier et reproductible. La randomisation a été effectuée en deux groupes. Le groupe Ostéopathique (11 femmes, 30 hommes) a reçu deux séances d’ostéopathie, le groupe témoin (11 femmes, 30 hommes) aucune. Le capteur ZeppGolf® a été utilisé pour mesurer amplitude rotatoire, vitesse de club et vitesse de mains. Ce capteur embarqué, composé d’accéléromètres et de gyroscopes 3D, est fixé sur le gant du joueur. Il est associé à une application mobile d’analyse et de traitement des mesures. Les deux prises de données ont été effectuées à deux mois d’intervalle, sur une série de 20 balles au practice.
Résultats : Chez les hommes, les trois variables étudiées ont montré une augmentation significative (p < 0,001). Chez les femmes, l’augmentation était significative pour la vitesse de club et la vitesse des mains (p < 0,001). Le groupe témoin n’a montré aucune amélioration significative.
Conclusion : L’ostéopathie semble pouvoir apporter un bénéfice pour les performances du golfeur confirmé.
Mots-clés : ostéopathie, biomécanique, golf, swing, performance

Effets des techniques en Dog et en Sutherland sur la normalisation des restrictions de mobilité de T4 chez des sujets de 20 à 30 ans

Molinaro M, Midavaine V, Molinaro C, Fontaine D. La Revue de l’Ostéopathie. 2019 ;23:23-8.

Résumé
Objectif :
Les techniques ostéopathiques peuvent être divisées en deux grandes catégories, les techniques fonctionnelles et structurelles. Leur but reste dans tous les cas de corriger une restriction de mobilité, soit avec les thrusts (déplacement rapide de l’articulation dans le sens inverse de la restriction de mobilité), ou les techniques fonctionnelles (mouvements allant dans le même sens). L’objectif de cette étude est de vérifier si ces deux techniques ont un impact similaire dans la correction des restrictions de mobilité de T4 (tests ostéopathiques, évaluation de la posture, souplesse).
Méthodes : Deux groupes ayant une restriction de mobilité de T4 ont été constitués par randomisation : un groupe « Thrust » (10 sujets), manipulés en Dog et un groupe « Fonctionnel » (10 sujets), manipulés avec une technique Sutherland. Un groupe « Contrôle » était composé de personnes sans restriction de mobilité dorsale (11 sujets).
Résultats : Les résultats montrent des différences significatives avec une normalisation de la posture entre le pré et le post-test pour les deux groupes manipulés (p < 0,05) mais sans différence entre eux. Les mêmes résultats ont été obtenues pour le test de souplesse et pour la correction des restrictions de mobilité (p < 0,05).
Conclusion : Les résultats montrent que les techniques de Dog et de Sutherland appliquées à une restriction de mobilité de T4 ont un effet comparable de normalisation sur la mobilité de T4, la posture et sur la souplesse.
Mots-clés : restrictions de mobilité de T4, 4e vertèbre thoracique (T4), thrust, fonctionnel

Recherches sur le concept de médicalité applicable à l’ostéopathie Illustration par le droit français

L’Hermite PL. La Revue de l’Ostéopathie. 2019 ;23:29-34.

Résumé
La médicalité est un concept traitant de l’ontologie médicale. Cet outil peut être appréhendé de deux manières différentes afin de qualifier un exercice sanitaire. La première lecture est plutôt paradigmatique permettant de comprendre comment historiquement la médecine occidentale a pu créer une médicalité binaire. Soit un art thérapeutique est médical, soit il ne bénéficie pas de cette épithète et il ne l’est pas. La seconde est une analyse prospective qui autorise à envisager la médicalité davantage comme un outil graduel. Cette gradation qualifie un exercice sanitaire en fonction de son niveau d’habilitation pour lui attribuer un niveau de médicalité. L’ostéopathie peut à ce titre se soumettre à un tel examen. Celui-ci aura pour vocation de déterminer sa propre médicalité.
Mots-clés : médicalité, ostéopathie, médecine, binaire, gradation

Summary

Foreword, 

Interest of osteopathic treatment for expectant mothers with foetal breech presentation. An experimental study

Truffier T, Marangelli G, Adouard J. La Revue de l’Ostéopathie. 2019 ;23:5-14.

Abstract
Introduction: :
The foetal breech presentation can present some risks during a vaginal delivery. This presentation is also correlated with discomfort for the pregnant woman and a risk of orthopaedic dysfunctions such as hip dysplasia, feet malposition or torticollis in infants. This experimental study explores the interest of osteopathic treatment for the women presenting with a breech positioned foetus, in order to help toward a spontaneous version.
Method : This study was realised on a population of 15 pregnant women with breech presentation. They received one or two osteopathic treatments. In the following 48hrs, an obstetrician or a midwife performed an echography in order to check on the foetus position.
Results : 8 out of 15 foetuses had spontaneously turned after the osteopathic treatment. Out of these 8 women, 4 also had undergone other complementary therapy such as acupuncture or haptonomy.
Conclusion : The main structures treated in women whose foetus spontaneously versed were anatomical structures like the diaphragm and the sacro-iliacs joints. When the foetuses remained in caudal position, the medical team found an underlying medical condition explaining why the spontaneous version did not occur and why the External Cephalic Version (ECV) failed as well. Osteopathic appears to be beneficial in the Care of expectant mothers with breech presentation, whether to promote a spontaneous version or to improve their physical comfort. Integrating osteopathy in the global care of breech presenting mothers could be beneficial for these patients and their foetuses.
Keywords : osteopathy, pregnancy, breech presentation, caudal presentation, foetal version, External cephalic version (ECV)

Impact of Osteopathic care on the performances of the expert golfer. A randomised study

Beghain JB, Linari B, Ducommun D. La Revue de l’Ostéopathie. 2019 ;23:15-22.

Abstract
Aim :
One can find epidemiologic and osteopathic studies around the golfer. Research has been conducted on the evolution of golfing performances with osteopathic care. However, this research included a small number of patients and only one assessment criterion, as well as a single session of osteopathy. We decided to include more subjects and to evaluate two more criterions : hands speed and club’s speed.
Methods : We designed a randomised, interventional and prospective longitudinal study. In order for their swing to be reliable, regular and reproducible, the golfers had to perform at a specific level : index ≤ 15. The study’s population was randomised in two groups. An “osteopathy” group (11 females, 30 males) received two osteopathic sessions, and a “control” group (11 females, 30 males) none. Rotatory range of movement, club speed and hands speed were measured via the ZeppGolf® sensor. This sensor is fixed on the golfer’s glove, it includes accelerometers and 3D gyroscopes, linked to a mobile measures analysis and treatment application. Two sets of measures were taken on 20 practice balls each time, at a two months’ interval.
Results : comparing the two sets of measures, we found a significant increase for the three variables in males (p < 0.001) and for the club’s speed and hands speed in females. No significant difference was found in the control group.
Conclusion : osteopathy appears to be beneficial to the expert golfer’s performances.
Keywords : osteopathy, biomechanics, golf, swing, performance

Effects of Dog and Sutherland techniques on the normalisation of a restricted T4 in subjects aged 20 to 30

Molinaro M, Midavaine V, Molinaro C, Fontaine D. La Revue de l’Ostéopathie. 2019 ;23:23-8.

Abstract
Aim :
Osteopathic techniques can be considered in two main categories : functional and structural techniques. In any case, they always aim to correct a restricted mobility, either through a thrust (rapid movement of the articulation against the mobility restriction) or through a functional technique (movement in the same direction as the restriction). This study aims to compare the two techniques and their impact in correcting a restricted mobility of T4 (osteopathic tests, posture evaluation, flexibility).
Methods : Subjects with a T4 mobility restriction were randomised in two groups : a “thrust” group (10 subjects) subjected to a Dog technique, and a “functional” group (10 subjects) receiving a Sutherland technique. We also had a “control” group of 11 subjects with no dorsal restriction.
Results : The two manipulation groups show significant differences pre and post treatment, with a normalisation of the posture (p<0.05), increased flexibility (p<0.05) and correction of the restricted mobility (p<0.05).
Conclusion : The results show that Dog techniques and Sutherland techniques applied to a restricted T4 have a similar effect on the normalisation of T4 mobility, posture and flexibility.
Keywords : T4 restricted mobility, 4th thoracic vertebra (T4), Thrust, Functional Mots clés : restrictions de mobilité

Applying the Medicality concept to Osteopathy : researches illustrated through the French Law

L’Hermite PL. La Revue de l’Ostéopathie. 2019 ;23:29-34.

The concept of Medicality is a concept dealing with medical ontology. It can be used in two different ways as a tool in order to qualify a practice in the range of Health. The first approach would be of a Paradigm, enabling us to understand from an historical point of view how the occidental medicine could create a binary medicality : either an art is qualified as “medical”, or it isn’t. The second approach is that of a Prospective analysis, which allows us to look at the medicality more as a gradual tool. This then makes possible to grade a health practice depending on its accreditation level, assigning it a medicality degree. Under this approach, Osteopathy can pretend to be examined, aiming to determine its own medicality.
Keywords : Medicality, osteopathy, medicine, binary, gradation

Cette page a été créée en accord avec Robert Meslé, Directeur de la publication


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