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Pourquoi les femmes souffrent-elles davantage...

A. de KERVASDOUÉ & Dr J. BELAÏSCH - Odile Jacob 2005
dimanche 10 novembre 2019 par Anne de Kervasdoué, Jean Belaïsh

Pourquoi les femmes souffrent-elles davantage et vivent-elles plus longtemps ?

Broché, 464 pages - Format : 145 x 220 mm - ISBN : 978-2738115386- Prix : 26,90 €

Descriptif

Ce livre, aux confins du corps et de l’esprit, parle des douleurs chroniques, rebelles à tout traitement et dont on ne comprend ni l’origine ni la raison : maladie de Lyme, fibromyalgie, maladie de Gougerot-Sjögren, migraines inexpliquées, acouphènes, etc., autant d’affections qui causent une souffrance physique et psychologique parfois insupportable.

Ces douleurs touchent davantage les femmes qui, au terme d’un véritable parcours du combattant, s’entendant souvent dire : « Vous n’avez rien ! Allez voir un psy ! » Or, souvent, ces douleurs ne sont pas imaginaires, mais peuvent correspondre à une maladie rare. Et même quand elles expriment une souffrance psychologique, elles doivent être reconnues et traitées en tant que telles.

A partir d’histoires vécues, les auteurs expliquent les mécanismes de la douleur et explorent les connexions entre le psychisme et le mental : ils tentent de comprendre pourquoi les femmes sont plus exposées et ils aident ceux et celles qui souffrent à reprendre le pouvoir sur le corps : quels sont les médicaments de la douleur et les techniques thérapeutiques ?

Un livre sensible, écrit par deux cliniciens qui côtoient quotidiennement des patient(e)s découragé(e)s que l’on culpabilise en leur disant que « c’est dans la tête » et qui explique pourquoi les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans la douleur.

Les auteurs

  • Anne de Kervasdoué est gynécologue. Elle est l’auteur de Questions de femmes.
  • Jean Belaïsh est andrologue et gynécologue, spécialiste des questions de stérilité. Avec Anne de Kervasdoué, il est l’auteur de Questions d’hommes.

La place de l’ostéopathie dans le traitement de la douleur

La douleur représente le motif de consultation le plus fréquent d’un patient chez un thérapeute, toutes disciplines confondues et l’ostéopathie n’échappe pas à cette règle. Il existe de nombreux cas où l’ostéopathie serait le complément idéal d’un traitement pluridisciplinaire. Mais, son statut étant particulier en France (médecine reconnue mais non conventionnée et donc non remboursée par la Sécurité Sociale), les gens viennent souvent consulter un ostéopathe une fois qu’ils ont fait le tour du circuit médical habituel et que les ressources de la médecine classique sont épuisées. C’est souvent ce constat qui amène les patients à s’engager dans la recherche d’une autre philosophie de soin.

Essayons de comprendre comment l’ostéopathie permet d’agir sur la douleur.

Tout d’abord, nous nous efforçons d’appréhender le patient dans sa globalité et de ne pas le réduire à sa douleur. Lors de la première consultation, après avoir écouté avec attention la plainte du patient, l’ostéopathe va s’intéresser à l’histoire de la personne afin de comprendre ce qui aura pu générer des contraintes dans le corps. On recherchera l’ensemble des antécédents, notamment traumatiques (chutes, coup du lapin…), on s’intéressera à la façon dont s’est déroulée la naissance (forceps, prématurité…), aux opérations qui ont pu être pratiquées et à leurs séquelles (cicatrices…), aux différents traitements déjà prescrits… Un intérêt particulier sera porté au cadre de vie personnel et professionnel, notamment à l’ensemble des facteurs de stress, qu’ils soient de nature physique (problèmes d’ergonomie avec les écrans d’ordinateurs par exemple) ou psychique (on est naturellement plus « tendu » en situation de divorce…). En bref, il s’agit d’appréhender l’environnement passé et présent de l’individu et cela aide à comprendre l’itinéraire puis l’émergence de la douleur, ainsi que ses manifestations aiguës ou chroniques. Cette prise de contact où l’écoute est le maître mot permet d’établir une relation de qualité entre l’ostéopathe et le patient. Cette première étape prend du temps - c’est pour cela que la durée de consultation est importante dans notre discipline (3/4 d’heure en moyenne).

Une fois que l’historique du patient et de sa douleur est reconstitué, l’ostéopathe va procéder à un examen clinique très précis. Les données de cet examen, associées aux informations précédemment recueillies vont permettre au praticien d’établir des diagnostics. D’abord un diagnostic d’exclusion, c’est-à-dire que l’ostéopathe aura établi avec certitude que le problème présenté par son patient est bien du ressort de l’ostéopathie. Puis un diagnostic palpatoire, grande spécificité de l’ostéopathie : à travers une palpation et des tests extrêmement fins, l’ostéopathe sera en mesure d’identifier le tissu corporel douloureux (muscle, ligament, os, peau, nerf …) mais aussi les blocages ou tensions qui habitent le corps du patient et qui pourraient être à l’origine des symptômes.

La conjugaison de ces informations va permettre au praticien de construire une stratégie thérapeutique dont le but sera de stimuler les mécanismes d’autorégulation du corps. Cette stimulation se fera essentiellement à l’aide de manipulations ou ajustements articulaires manuels mais également à travers des exercices personnalisés (postures d’étirements, éducation respiratoire…) que le patient devra effectuer seul à différents moments de la journée. Des conseils alimentaires pourront également venir soutenir le traitement manipulatif. Il faut savoir qu’en aucun cas l’ostéopathe n’est prescripteur de médicament.

Ces techniques manipulatives sont appliquées sur les articulations du corps. Il faut comprendre que la notion d’articulation se décline de façon très large en ostéopathie ; en effet, il ne s’agit pas seulement d’un os en contact avec un autre os à travers du cartilage, mais d’un tissu du corps qui s’articule avec ses voisins… La peau s’articule avec la graisse, elle-même avec les muscles qui eux même peuvent s’articuler avec des nerfs ou des viscères etc… Le sang lui-même est une des articulations les plus importantes de l’organisme puisque c’est par son intermédiaire que les nutriments, les hormones et la plupart des acteurs du système immunitaire sont distribués dans chaque cellule. En somme, tout est « articulation » dans le corps humain.

Dans le langage ostéopathique, on appelle dysfonction (équivalent de blocage)la perturbation d’une articulation du corps. Cette perturbation a plusieurs conséquences ; d’une part, les rapports de mobilités et de fluidités sont diminués au niveau local, ce qui induit une diminution de la capacité de mouvement de l’articulation, perceptible à la main. D’autre part, il y aura des répercussions à distance par le biais du système nerveux. Rappelons-nous qu’à chaque vertèbre correspond une portion de moelle épinière (le système nerveux central commande tout l’organisme) et qu’à chacune de ces portions correspond un groupe d’organes, de muscles, de peau etc… Lorsqu’un dysfonctionnement apparaît, la portion de moelle épinière qui commande ce territoire va devenir plus sensible et donc plus réactive et les autres membres du groupe vont progressivement eux-mêmes devenir dysfonctionnels. C’est ainsi qu’à partir de blocages simples constitués par exemple dans l’enfance (otite, entorse de cheville…), on arrive à une chaîne lésionnelle… bien compensée pendant des années… jusqu’au jour où une goutte d’eau fait déborder le vase et qu’un symptôme apparaît.

On s’intéressera aux articulations de manière très différente selon la nature plus ou moins importante de la dysfonction et de l’état général du sujet. C’est en ce sens que l’ostéopathie peut être considérée comme une médecine douce, parce que rien n’est entrepris en force, tout est fait dans le respect des tissus et des rythmes corporels (un patient fatigué n’aura pas autant de ressource qu’un sportif entraîné…). Certaines manipulations sont très rapides et génèrent des bruits (le fameux « crack » articulaire), d’autres sont des appositions de mains de plusieurs minutes sur une zone dysfonctionnelle précise (crâne, intestin…), d’autres sont très rythmiques pour endormir un muscle ou drainer une articulation… Ces manipulations ont pour résultat de redonner la mobilité à la zone bloquée et les effets positifs remontent par voie réflexe jusqu’au système nerveux central… Ainsi, le mouvement revient, les circuits se débloquent et les mécanismes de guérison interne peuvent se remettre en marche et favoriser le retour à l’état de santé.

Il est fondamental de comprendre que ce ne sont pas les manipulations qui font l’ostéopathie, mais l’esprit et l’ordre avec lesquels elles sont pratiquées. Même si les symptômes se ressemblent beaucoup d’un patient à l’autre, les schémas lésionnels sont absolument individuels et leur traitement doit être adapté. L’ostéopathe manipulera assez rarement la zone douloureuse qui est bien souvent une zone d’adaptation, c’est-à-dire une articulation qui compense un blocage situé plus haut ou plus bas. La douleur aiguë ne sera pas abordée de la même manière que la douleur chronique. Dans les cas chroniques, la réflexion thérapeutique portera sur un traitement de fond étalé sur plusieurs séances, pour remonter le long de la chaîne des blocages. Pour les douleurs aiguës, les choses sont assez simples quand la cause est un traumatisme récent n’ayant pas entraîné de blessure organique. Pour autant, la douleur aiguë constitue souvent un état de crise survenant sur un fond de douleur chronique… ce qui ramène au premier cas. In fine, il faut comprendre que le plus difficile n’est pas de « débloquer » mais de « stabiliser » et cette étape prend du temps et demande l’implication du patient dans son traitement.

A la base, l’ostéopathie est une médecine de terrain dont le but est de restaurer et conserver la mobilité du corps dans son entier pour que l’organisme reste en bonne santé. C’est pour cela qu’il est conseillé d’avoir un suivi régulier une fois par trimestre.

Toutes les pathologies et les douleurs qui les accompagnent pourront se trouver améliorées par une prise en charge ostéopathique pratiquée au moment adéquat (on n’interviendra sur une fracture qu’après consolidation mais une sinusite pourra être soulagée rapidement…). Pour certaines maladies, on pourra s’approcher d’une guérison totale ; pour d’autres, il s’agira juste de donner au patient plus de confort et de détente… plus d’autonomie et de liberté.

Catherine PRADAL - Mathieu SCHLACHET, Ostéopathes D.O

Nous remercions les Éditions Odile Jacob de nous avoir autorisé à reproduite l’extrait de ce livre.
1ère publication sur le Site de l’Ostéopathie le 17-09-2007


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