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Approche tissulaire de l’ostéopathie T I

Pierre Tricot - Sully 2002
 
mardi 18 septembre 2007 par Pierre Tricot

Approche tissulaire de l’ostéopathie
Un modèle du corps conscient

Pierre Tricot


CARACTÉRISTIQUES



Date de parution : septembre 2002
Éditeur  : Éditions Sully

ISBN  : 978-2-911074-40-0
Nb. de pages  : 320 pages
Dimensions  : 200 x 270 mm
Prix relié : 50,00 €

Approche tissulaire de l’ostéopathie 
Un modèle du corps conscient
Éditions Sully, 2002


Descriptif


Corps vivant, corps conscient

Voilà l’hypothèse à partir de laquelle s’est développée l’approche tissulaire en ostéopathie.
Concevoir le système corporel comme conscient oblige le praticien à modifier complètement sa manière de l’aborder : d’objet sur lequel agir, il devient sujet avec lequel communiquer.
Le système corporel n’est pas seulement conscient, il est également extraordinairement complexe. Reconnaître, accepter, composer et communiquer avec cette complexité oblige à collaborer avec le vivant pour l’aider à recouvrer harmonie et santé.
En s’adressant au vivant comme à une conscience le praticien englobe et unifie le système corporel.
Cette approche prend sa source en même temps qu’elle fonde la philosophie d’A. T. Still et de W. G. Sutherland qu’elle éclaire d’un jour nouveau, mettant en lumière la pensée visionnaire et le génie des deux hommes.

À qui s’adresse ce livre ?

Ce livre s’adresse aussi bien au praticien qu’à l’étudiant :
 le professionnel y trouvera des réponses aux difficultés qu’il rencontre pour aider ses patients,
 l’étudiant, perdu dans le dédale des connaissances accumulées sur l’humain vivant, la cohérence indispensable à la compréhension de ses ressorts profonds et souvent cachés.
Outre l’éclairage inattendu et novateur qu’il offre sur le vivant, cet ouvrage est également un manuel résolument pratique, proposant de nombreux exercices d’entraînement destinés à améliorer palpation et perception, un modus operandi et des techniques aujourd’hui éprouvées pour travailler avec lui et l’aider à manifester la santé


L’auteur


Pierre Tricot a reçu une formation de kinésithérapeute, puis, dès le début des années 70, d’ostéopathe, auprès de René Quéguiner et Francis Peyralade.
Le manque de cohérence des études dans l’appréciation du vivant, associé à des difficultés de perception l’ont poussé vers une recherche personnelle.
Les solutions expérimentées ont ouvert la voie à sa perception et montré leurs validités thérapeutique en cabinet, et pédagogique en quinze ans d’enseignement. Le moment lui a alors semblé venu de proposer cette aventure à un plus large public de professionnels.
Après la rencontre d’ostéopathes confirmés, le besoin de se connecter aux sources mêmes de l’ostéopathie l’a conduit à traduire les textes fondateurs de Still et à s’intéresser à l’histoire et la philosophie de l’ostéopathie.
Dès 1998, il a activement participé à la naissance et la rédaction des premiers numéros d’ApoStill, Le Journal de l’Académie d’Ostéopathie de France.


Extrait du Chapitre 5 : ÊTRE


« C’est grâce à sa propre force que cette vie agit et bouge dans cet être.

La vie est individualisée.

Puissance individuelle reconnue comme étant la vie de cet homme ou de cet animal,son action est limitée et ne peut s’étendreau-delà de l’homme ou de l’animal qu’elle gouverne. »

A. T. Still, Philosophy and Mechanical Principles of Osteopathy, p. 255

Dans le n° 4 de la revue belge Thinking, Jacques Andréva Duval dit quelques mots de Rollin Becker et de l’expérience vécue avec lui. II propose quelques citations dont celle-ci : « Toutes les cellules ont deux choses en commun : I/une philosophie, 2/un but. En tant que philosophie, elles sont universelles.- elles obéissent aux mêmes lois ; en tant que but, elles ont simplement une action spécifique (cellules du foie, du système nerveux, etc.). Et nous, en tant qu’ostéopathes, nous acceptons leur action spécifique, mais nous travaillons avec leur universalité. » (Duval, 1998, 5.)

Pour l’ostéopathe amoureux viscéral de la globalité, cette proposition est particulièrement intéressante : travailler avec l’universalité cellulaire nous place à un point de causalité, rêve secret de plus d’un praticien. Malheureusement, Becker ne nous précise ni à quoi correspond l’universalité cellulaire, ni ce qu’est la philosophie d’une cellule.

PHILOSOPHIE CELLULAIRE

Est-il possible que des cellules aient une philosophie ? Si oui, de quoi peut-il s’agir ? Quel modèle imaginer pour cela ? Une des possibles définitions du mot philosophie pourrait nous convenir : « Conception de quelque chose fondée sur un ensemble de principes ; ces principes. » (Larousse.) « Conception générale, vision plus ou moins méthodique du monde et des problèmes de la vie. » (Le Robert.) Ramenée à la cellule, la définition se trouve particulièrement réduite. Quels principes fondamentaux, quelles motivations essentielles animent la cellule ? Nous avons retenu vivre ou survivre, comme sens le plus simple, le plus évident de continuer d’exister. Le concept être s’est alors imposé, concept qui met à l’épreuve plus d’un neurone humain depuis fort longtemps !

La cellule, une conscience

Avec le concept être, nous sommes probablement remontés au plus haut des échelons de la causalité. Mais que veut dire être ? Bien entendu, le dictionnaire nous dit beaucoup de choses, mais rien sur l’essence, le mécanisme, l’acte être.

Être, exister, découle d’une décision : Je suis. Je suis, me définit comme moi centre, fulcrum par rapport à un environnement que je considère comme extérieur à moi, différent de moi, défini ou considéré comme non-moi. Ainsi, la décision je suis crée la dualité. Je suis crée l’individuation et en même temps la conscience, celle d’être, d’exister comme séparé d’un environnement considéré comme extérieur.

Consciente, une cellule ? Délire ! Calmons-nous et examinons les faits. Être, c’est se séparer en se créant soi par rapport à un non-soi. C’est s’individualiser. Il y a différenciation. Cela rejoint une définition donnée par Spencer, grand inspirateur de Still, rappelons-le : « Schelling disait que la vie est la tendance à l’individuation. Cette formule, au premier abord, ne signifie pas grand-chose. Mais il n’y a qu’à l’examiner à la lumière des faits de développement ou du contraste qui sépare les formes inférieures et supérieures de la vie, pour en reconnaître la valeur, et surtout l’étendue. » (Spencer, 1877,T.1, 71.) À partir du moment où elle existe, individualisée, la structure vivante se sait exister indépendamment de son environnement et son environnement la connaît comme existante. II y a conscience. Ce mot est constitué de deux racines latines : co de cum, « avec », qui suggère l’association (comme dans coexistence, connaissance, etc.) et scire, « savoir ».

Être conscient et en être conscient...

Notre difficulté à imaginer la conscience cellulaire vient du fait que nous associons le concept de conscience à notre capacité à nous regarder être. Nous confondons être conscient et être conscient de notre conscience. Ce concept-là de la conscience est une abstraction que nous projetons inconsciemment dans notre observation du vivant. Comme les espèces dites inférieures ne sont (apparemment...) pas douées de la même capacité d’abstraction, nous disons qu’elles ne sont pas conscientes. Elles n’ont simplement pas la même conscience que nous. II y a confusion de niveau d’abstraction.

Être conscient, c’est exister, tout simplement ; ou exister, c’est être conscient. Les deux sont indissociables. Et vivre, c’est expérimenter l’être ou la conscience. On peut donc dire que tout être vivant du plus simple au plus complexe est conscient. De plus, il fera tout pour conserver sa conscience, c’est-à-dire son état d’être ou d’existence. Des mécanismes aussi complexes que l’immunité et l’homéostasie trouvent là leur origine.

La conscience de soi semble aller croissant au fur et à mesure de l’évolution des organismes : « La "perception du moi", confuse d’abord, puis de plus en plus explicite, apparaît, on peut le supposer, à partir de comportements instinctifs liés à la survie. Mais il est bien difficile d’en dire plus. Les mots, sans doute nous font ici défaut. » (Reeves,1986,186.)

Être conscient de sa conscience semble l’apanage de nous autres, Homo sapiens, et nous différencie radicalement des systèmes vivants dits inférieurs.

D’ailleurs, la possibilité d’être conscient de sa conscience, suggère l’existence d’un Je différent de celui de l’organisme, et qui le contrôle, comme le conducteur contrôle sa voiture ou le cocher son attelage, métaphore souvent proposée dans la philosophie hindoue. Mais c’est là une autre histoire sur laquelle nous reviendrons plus loin.

Un être, c’est l’immobilité

Être, c’est être immobile, centre d’une périphérie en mouvement. Être, c’est être fulcrum. Être, c’est créer un univers dont je est le centre, immobile, fulcrum d’une périphérie en mouvement. Bien entendu, cette immobilité est relative à l’univers dont je suis le centre. Mais telles les poupées russes, il existe une infinité d’êtres, centres immobiles de leur univers, inclus dans d’autres univers, donc mobiles par rapport à un Je fulcrum qui les centre, etc. L’immobilité étant la nature même d’un fulcrum, tous ces fulcrums sont relativement immobiles. Le seul fulcrum absolument immobile serait le Créateur de tout l’univers, le Fulcrum des fulcrum. Mais ceci est également une autre histoire que nous n’aborderons pas ici.

Par ailleurs, être, c’est créer des couples, le premier étant moi/non-moi. Ainsi, toute création est relative et n’existe que par rapport à son opposé. Ces deux opposés existent l’un par l’autre et sont en constante recherche d’équilibre réciproque. La création du couple logique moi/non-moi crée d’autres couples logiques associés : centre/périphérie, immobilité /mouvement, cause/effet, expansion/rétraction, etc.

De l’immobilité au mouvement

Être, c’est se décréter différent ou séparé, s’individualiser donc, mais comment savoir qu’il en est ainsi, c’est-à-dire savoir que l’on continue d’être, autrement dit expérimenter l’état d’être ? Pour cela, il faut un système permettant d’établir, de maintenir ou de sentir en permanence la différence entre le moi et non-moi. À la cellule, la membrane procure une barrière matérielle, mais si cette barrière sépare (encore la conscience...) un espace intérieur d’un espace extérieur, donne une limite physique à l’individu, elle ne lui permet pas pour autant d’expérimenter, de sentir qu’il existe. Elle constitue la structure de l’existence, mais pas encore la fonction.

La sensation d’exister naît de l’échange avec l’extérieur. La dualité moi/non-moi crée la dualité influx/efflux. L’efflux, ne pouvant être infini, il doit s’inverser, ce qui donne un influx cherchant à équilibrer la différence de potentiel entre moi et l’extérieur. Mais au moment où le retour de flux va équilibrer cette différence, la nécessité d’exister ou de se sentir exister le recrée vers l’extérieur. Ainsi s’établit une alternance d’efflux et d’influx à la recherche d’un impossible équilibre : « Dans alternance, il y a le mot "alter", l’autre. Pour que le moi existe, il faut un toi. Sans Toi, il n’y a pas de Moi. » (Pezé, 1993, 32.)

Richard Moss exprime le même phénomène d’une autre manière : « En fait, il est impossible de devenir conscient de quelque chose sans s’en séparer au préalable. Pensez au vent un instant. Si vous vous déplacez à la vitesse du vent, vous ne le sentez pas. Pour en devenir conscients, vous devez lui résister, le repousser. C’est ce qu’est l’ego : le Je qui repousse Tout. II doit se désolidariser d’une intimité fluide avec l’Existence et c’est ce qui, paradoxalement, nous permet de devenir conscients de l’Existence. L’ego naît du contraste : il exige une séparation ; il a besoin de l’interaction. II donne naissance à la volonté propre et au premier discernement : oui ou non. Et il peut être menacé.  » (Moss,1996, 38.) Ainsi existe dans le vivant une éternelle dualité entre se fondre et résister, entre aller vers et se replier.

Cet échange permet à la cellule de se sentir exister, comme individu... Pour que la sensation existe, il faut qu’il y ait changement. Que ce changement se fasse vers l’extérieur ou l’intérieur importe peu, il faut qu’il soit. L’alternance d’efflux et d’influx manifeste ou crée l’échange et permet à la structure vivante de savoir qu’elle existe, tout en maintenant une certaine conservation de l’énergie. La conscience se maintient par cette alternance : « Conscience et respiration se confondent : elles sont un. » (de Smedt in Le Nouvel, 2001,10.) Comme tout phénomène alternatif, il a tendance à s’organiser et à se stabiliser selon un rythme.

Cet échange crée également un cycle de mouvement alternatif d’expansion/rétraction au sein de la cellule. La cellule peut ainsi être envisagée comme un convertisseur : elle convertit l’échange ou la communication en mouvement. Ainsi, de l’immobilité naît le mouvement.

À ce propos, voilà ce qu’écrit Thomas F. Schooley, proche élève de Sutherland : « Si toute matière est en mouvement et si tout mouvement est fluctuant dans sa phase primaire, la fluctuation étant composée de deux cycles, l’un expansif et l’autre contractile, alors la fluctuation est rythmique. Si une phase est produite par l’autre, alors il doit y avoir un échange de facteur d’énergie entre les deux phases de la fluctuation, puisque le mouvement demande de l’énergie pour se produire. Si la fluctuation survient dans toute matière, il doit y avoir un point central à partir duquel elle prend naissance et ce point alors n’a pas de mouvement et peut être appelé un fulcrum. Ainsi, il doit y avoir un fulcrum pour chaque atome, chaque molécule, chaque masse de matière. » (Schooley,1951, 72-73 et Magoun, 2000,102-103.)

Conscience et perception

Conscience et perception sont indissociables. C’est grâce à la perception que Je maintient sa conscience d’exister. II nous semble impensable qu’une cellule puisse communiquer et pourtant... Dans La Vie secrète des plantes, Peter Tompkins raconte l’histoire de Cleve Backster, technicien enseignant dans les années 60 le maniement du détecteur de mensonge. « Ce technicien, qui contribue à former des policiers n’est pas le genre de bonhomme que l’on imagine au fond de son jardin, à stimuler la croissance des pétunias ni à s’apitoyer sur le sort des tomates. » (Ostrander,1977, 30.) Pourtant, « L’aventure commence en 1966. Cleve Backster a veillé toute la nuit dans son école de formation au détecteur de mensonges, où il enseigne l’art de la détection du mensonge aux policiers et agents de sécurité du monde entier. Quelque chose le pousse à connecter les électrodes de l’un de ses détecteurs à une des feuilles de son dracæna. [...] Backster est curieux d’expérimenter comment verser de l’eau sur les racines affecterait la feuille et, dans ce cas, comment et à quelle vitesse. Alors que la plante aspire avidement l’eau dans sa tige, et alors que la conductivité devrait logiquement augmenter, puisque l’humidité dans la plante est plus forte, à la grande surprise de Backster et contre toute attente, le galvanomètre ne montre aucune diminution de la résistance. Au lieu d’avoir tendance à remonter, le style de la bande d’enregistrement a, au contraire, tendance à descendre dans un tracé saccadé.

[...] La meilleure manière de déclencher chez l’être humain une réaction suffisamment forte pour provoquer une réaction dans le galvanomètre, c’est de menacer son bien-être. Backster décide de faire cela à la plante : il trempe une feuille du dracæna dans la tasse de café chaud qu’il tient perpétuellement à la main. Le cadran ne montre aucune réaction signifiante. Backster étudie le problème plusieurs minutes et finit par concevoir une menace plus forte : brûler la feuille sur laquelle les électrodes sont attachées. À l’instant même où l’image de la flamme se forme dans son esprit et avant même qu’il ait pu se saisir d’une allumette, un changement impressionnant se produit dans le tracé du graphe, sous la forme d’un bond prolongé du style d’enregistrement. Backster n’a fait aucun mouvement, ni vers la plante, ni vers l’appareil d’enregistrement. Est-il possible que la plante ait déchiffré sa pensée ? Backster quitte la pièce et revient avec des allumettes. II remarque qu’un nouveau pic s’est enregistré sur le graphe, à l’évidence provoqué par sa détermination de mettre sa menace à exécution. À contrecœur, il commence de brûler la feuille. À ce moment, il n’y a qu’un petit pic de réaction sur le graphe. Ultérieurement, lorsqu’il lui revient l’idée de brûler la feuille, il n’y a absolument plus aucune réaction. La plante semble capable de faire la différence entre intention réelle et imaginaire » (Tompkins, 1989,4-5).

II s’agit ici de biocommunication. Peut-on concevoir que les cellules végétales soient conscientes, capables de perception, répondent à la pensée et pas les cellules animales ?

Du fermé...

Au sein de l’univers physique n’existe pas de véritable communication, d’échange avec l’extérieur ; les particules se contentent de reproduire leurs cycles de rotation autour du noyau, de manière quasiment identique. On dit qu’il s’agit d’un système fermé. Cette caractéristique confère à l’univers physique une de ses propriétés essentielles : la stabilité. Les particules ne dépendent de rien d’autre que d’elles-mêmes pour survivre en tant que telles. Sur le plan énergétique, cette stabilité manifeste les lois de conservation de l’énergie que nous connaissons tous. Du fait de sa fermeture, l’univers physique se trouve très limité dans son évolution. Certes, l’apparition des associations moléculaires marque déjà un progrès, mais il est encore très limité .

...à l’ouvert

La cellule offre une chance évolutive extraordinaire. En effet, dès que la vie est présente, apparaît la conscience, associée à l’échange constant avec l’environnement. Nous avons maintenant un système ouvert. La survie de l’entité ne dépend plus de sa fermeture à l’extérieur, mais au contraire de son ouverture. Cette ouverture en fait un système instable, sujet à de perpétuels changements. Pour survivre, un tel système doit même délibérément aller au-devant du changement en se mettant volontairement en déséquilibre : « Plus la structure est cohérente, faite d’une plus grande intrication de connexions, plus elle est instable. C’est précisément cette instabilité qui permet la transformation. » (Prigogine, 1996, 16.)

Revers de la médaille, pour exister, les systèmes vivants dissipent beaucoup d’énergie. L’alternance, c’est-à-dire l’adoption de fonctions rythmiques, donc de fluctuations, outre qu’elle permet de maintenir la sensation d’exister, permet de récupérer une partie de l’énergie dissipée. La mise en déséquilibre constant que représente l’échange avec l’extérieur permet également à l’organisme d’atteindre un niveau supérieur d’organisation, un ordre supérieur qui offre de grandes possibilités d’évolution. C’est ce que Prigogine appelle l’ordre par fluctuation : « L’ordre par fluctuation oppose à l’univers statique un monde ouvert dont l’activité engendre la nouveauté, dont l’évolution est innovation, création, destruction, naissance et mort.  » (Prigogine, 1979,162.)

Les cellules s’associent pour créer des organismes plus complexes. Dans chacune de ces associations, les Je cellulaires se transposent, créant des Je plus englobants centrant des individualités tissulaires, puis organiques, jusqu’à créer des organismes complexes. Chaque nouvelle entité créée possède son je, son fulcrum qui la centre et à partir duquel elle existe, donc échange, donc manifeste du mouvement et notamment, le mouvement d’expansion/rétraction, relié à la conscience, donc à la vie et évoqué plus haut.

DE LA PHILOSOPHIE AU MOUVEMENT

« Les tissus vivants présentent tous un constant mouvement rythmique. » (Strand Sutherland et Wales, 1998, 119.) Depuis Sutherland, expansion et rétraction alternatives des structures vivantes sont considérées par les ostéopathes comme une respirationprimaire, en ce sens qu’elle existe avant la respiration thoracique, considérée comme secondaire ; cette dernière n’est d’ailleurs qu’une manifestation particulière du même type de mécanisme d’échange. Sutherland et ses successeurs se sont particulièrement intéressés à l’impulsion rythmique crânienne (IRC) dont l’origine est attribuée à la motilité du cerveau. Magoun écrit : « Personne ne connaît la source exacte de ce mouvement [du cerveau]. C’est l’un des secrets de la vie [...]. La découverte de cette énigme est donc laissée aux recherches futures. » (Magoun, 1994, 315.) II écrit encore : « [...] nous avons noté [...] un phénomène palpable que nous avons désigné par "impulsion rythmique crânienne" Ce terme non spécifique [...] ne décrit pas le mécanisme responsable de l’impulsion » (ibidem).

Becker semble généraliser le concept d’impulsion rythmique : « Le mécanisme respiratoire primaire entretient un cycle de "mouvement vital", constitué de mobilité et de motilité inhérentes, rythmiques, automatiques et involontaires à une fréquence de dix à douze cycles par minute chez un sujet en bonne santé. [...] Chaque cellule et tous les fluides du corps humain expriment ce "mouvement vital" rythmique et involontaire. » (Becker in Wales ed.,1990, X.)

Notons ici que Becker indique clairement un rythme dans le mouvement respiratoire primaire, alors que dans ses écrits, Sutherland n’a jamais évoqué de rythme pour ce mouvement : «  [...] jamais n’apparaît dans l’œuvre de W. G. Sutherland une quelconque notion de comptage de la fluctuation du liquide céphalo-rachidien » (Louwette in Magoun,1951-2000,6).

Dans l’approche tissulaire, nous considérons que « l’impulsion rythmique dont parle Sutherland ne se limite pas au crâne ou au cerveau, et qu’il ne s’agit pas d’une impulsion mais de la combinaison de plusieurs s’ajoutant les unes aux autres pour créer un phénomène résultant » (Tidière, 2001, 9).


Table des matières


AVANT-PROPOS
L’ostéopathie, c’est la vie – Transmettre - La palpation - l’intégrité - l’ostéopathie, une cohérence - Soif de reconnaissance – Globalité - Le cœur et la raison - Finalement, le choix
CHAPITRE 1. DISCIPLES DE COLOMB
Communication tissulaire et palpation - Cheminement philosophique et historique - Modéliser
CHAPITRE 2. COMPLEXUS
Vous avez dit holistique ? - Globalité, complexité - Complexité cherche modèle - Le savoir a son cône - Remonter dans le cône - Abstraction et cône - Les couples
CHAPITRE 3. MAÎTRES ET MODÈLES
Les modèles stilliens - L’ostéopathie de Littlejohn - L’ostéopathie de Sutherland - Comparaison des modélisations de Littlejohn et de Sutherland
CHAPITRE 4. EN DIRECT AVEC LA VIE : LA PALPATION
Histoire de ballon - Soufflez dans le ballon - Plus loin avec le ballon - Définitions de l’attention et de l’intention - Tester sur un autre - Questions/réponses
CHAPITRE 5. ÊTRE
Philosophie cellulaire - De la philosophie au mouvement - La présence - Les différents rythmes - Questions/réponses
CHAPITRE 6. ORGANISER
Vitalisme et mécanisme - Quel modèle pour le corps ? - Le corps, un système organisé - Le mécanisme respiratoire primaire de Sutherland - Notre modèle d’organisation du corps - Questions/réponses
CHAPITRE 7. SURVIVRE
La route des fascias - Le corps, un système duel - Les effets de la saturation d’énergie - Longtemps satisfait - De la conscience de la mécanique à la mécanique - Anatomie d’une rétention - La création du « cas » ostéopathique tissulaire - Les sources de rétention - Questions/réponses
CHAPITRE 8. COMMUNIQUER
De grandes ambiguïtés - Communiquer avec la structure tissulaire - Rétablir la communication - Les paramètres objectifs de communication - Les paramètres subjectifs de la communication - Les paramètres de palpation - La libération - Conséquences d’une libération - La juxtaposition des zones de rétention - Après la libération - Questions/réponses
CHAPITRE 9. SYNTHÈSE
La cellule, une conscience – Organisme - Organisme vivant, système organisé - Le corps interface - Lutte pour la survie - Conséquences d’une rétention - Résoudre une rétention - Conséquences de la résolution - Objectifs thérapeutiques
CHAPITRE 10. MODUS OPERANDI
Qu’est-ce que la santé ? - Les données du problème - Phase 1 : un système communicant - Phase 2 : chercher, trouver, libérer les zones de rétention - Phase 3 : l’harmonisation mécanique des tissus du corps - Quand s’arrêter ? - Les aides - Questions/réponses
CHAPITRE 11. TECHNIQUES ESSENTIELLES
Remarques générales sur les techniques - Origine des techniques tissulaires - L’approche crânienne globale - Questions/réponses
L’approche globale du bassin - Mise en place - Questions/réponses - Le crâne/bassin/crâne - Questions/réponses
La compression occipitale - Questions/réponses
La technique hépatique - Questions/réponses
CHAPITRE 12. LE CRANE ET LA COLONNE VERTÉBRALE
Le crâne, vertèbres modifiées ? - Théorie concernant la dure-mère - La dure-mère crânienne - Pôle inférieur de la dure-mère - Technique vertébrale globale - Axe ostéo-articulaire crânien - Sphère postérieure crânienne - Sphère antérieure crânienne – Cervicales - Sacro-iliaques et lombaires - Densités vertébrales
CHAPITRE 13. LA SPHÈRE VISCÉRALE ET LA CAGE THORACIQUE
Cage thoracique et viscères - Le diaphragme - Viscéral abdominal - Questions/réponses
CHAPITRE 14. CEINTURES ET MEMBRES
Le membre supérieur - Le membre inférieur - Questions/réponses
CHAPITRE 15. LES ENFANTS
Un peu d’histoire - Modus operandi chez le bébé et l’enfant - Questions/réponses
CHAPITRE 16. ÊTRE, LE PRATICIEN
LE PRATICIEN DOIT ÊTRE PATIENT
De la chose à la conscience - Qui suis-je ? - La relation praticien/patient – Efficacité - Résonances et réactivation - Quelques solutions - Le praticien idéal - Questions/réponses
CHAPITRE 17. LA PERCEPTION DE L’ÊTRE
De la perception du corps à la perception de l’être - Qu’est-ce que percevoir pour une conscience ? - Pour une pédagogie de la perception - Évaluer l’existant - Pratique pour évaluer l’existant - Évaluer les potentialités - Établir un référentiel personnel - Une priorité - Revenons à nos fulcrums - Questions/réponses
CHAPITRE 18. LE DIALOGUE TISSULAIRE
Le monde du dedans et le monde du dehors - La relation de la conscience à l’environnement - Un modèle pour la biocommunication - Modus operandi - Recevoir l’information - Demander l’information - Dialoguer avec les tissus - Pour conclure - Questions/réponses
CHAPITRE 19.TRAITER A PLUSIEURS
Enracinement, présence - Mise en place - Modus operandi - Phase 1 - Phase 2 - Phase 3 - Interrogation tissulaire - Questions/réponses
CONCLUSION. STILL-POINT
Faire le point - Et maintenant ? -L’approche tissulaire demain
EN GUISE D’ÉPILOGUE
BIBLIOGRAPHIE
GLOSSAIRE
TABLE DES QUESTIONS/RÉPONSES
TABLE DES PHOTOS
TABLE DES MATIÈRES

Merci à Pierre Tricot de nous avoir donné l’autorisation de publier cet extrait


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