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Dossier Les émotions (1ère partie)

Le Monde de l’Ostéopathie - n° 2 - Avril - Mai - Juin 2015
 
mercredi 10 juin 2015 par Le Monde de l’Ostéopathie

Dossier Les émotions
1èrepartie

Le Monde de l’Ostéopathie n° 2 - Avril - Mai - Juin 2012


Dossier : Les émotions


Sommaire

  • La malédiction des émotions
    Thierry Jansen
  • Parcours d’un apprenti
    Alain Cassoura
  • L’ostéopathie somato-émotionnelle
    Philippe Bapielle
  • L’étiopsychologie® ou ostéopathie organo-viscéro-émotionnelle
    Éric Loison
  • Émotions et lésions primaires
    Marie-Pierre Lopez
  • Émotions et lésions primaires
    Jean-Michel DEMELT - Kinésithérapeute-énergéticien-formateur

Thierry JANSSEN
Chirurgien devenu psychothérapeute
La malédiction des émotions

Longtemps, les émotions ont été considérées comme des phénomènes perturbateurs à éviter. Actuellement revalorisées, elles font l’objet de nombreuses recherches scientifiques. Cela ne les empêche pas d’être les victimes d’un certain nombre de représentations erronées de la réalité. Une petite mise au point s’impose.

Des phénomènes naturels

Dans son passionnant essai La Dynamique de l’Occident, le sociologue Norbert Elias, a montré comment, à partir du Moyen Âge, s’est installée en Europe, puis dans l’ensemble du monde occidental, une véritable répression de l’affectivité. Celle-ci a fini par donner lieu, au XIXème siècle, à des règles de bienséance très contraignantes mettant les émotions à l’index. Même la psychanalyse freudienne considérait les émotions comme des phénomènes perturbants dont elle assimilait l’expression à l’effondrement du système de défense de l’individu. Et, lorsque la psychologie décida de les étudier de plus près, elle le fit à travers le prisme d’une véritable idéologie de la maladie. L’important était de comprendre comment certains affects participent à la genèse des pathologies mentales et physiques. Il n’en fallut pas plus pour que certains proposent une « médecine des émotions ». Et pourtant, qu’il y a-t-il de plus naturel qu’une émotion ? Emovere, en latin : mettre en mouvement. Nos émotions ne sont-elles pas la preuve que nous sommes vivants ? Car la vie est mouvement incessant. A moins que nous considérerions le mouvement comme un signe de maladie. Être vivant reviendrait-il alors à être malade ?

La question n’est pas aussi dénuée de sens qu’on pourrait le penser. En effet, depuis plus de trois cents ans, la civilisation occidentale s’est construite autour d’une représentation qui place l’être humain en dehors et au-dessus de la nature. Considérant cette dernière comme hostile et dangereuse, de nombreux philosophes des Lumières dont René Descartes nous ont recommandé d’utiliser notre belle intelligence pour comprendre la nature dans ses moindres détails afin de l’influencer, la contrôler et la dominer. Cela revint à valoriser nos capacités intellectuelles au détriment de nos besoins corporels et de l’expression émotionnelle. Et, inévitablement, cela aboutit à une vision morcelée et incomplète de l’être humain. Car, nous ne sommes pas qu’un cerveau qui pense. Nous sommes aussi et d’abord un corps qui fait des expériences à travers des sens et chacune de ces expériences génèrent dans notre cerveau des signaux qui nous renseignent sur la qualité de ce qui a été expérimenté. Ces signaux sont ce que nous appelons les sensations qui génèrent les émotions. Ainsi les émotions sont éprouvées comme « négatives » lorsque ce qui a été expérimenté est susceptible de mettre la survie en danger ; elles sont vécues comme « positives » quand, au contraire, les expériences auxquelles elles sont associées paraissent favorables.
Pour bien comprendre le rôle des émotions, il faut se référer aux travaux de Paul MacLean qui, dans les années 1940, a décrit le cerveau humain comme le résultat d’un processus évolutif ayant abouti à la superposition de trois couches bien distinctes. Ce triune brain– trois cerveaux en un – est constitué du cerveau reptilien (tronc cérébral, mésencéphale, hypothalamus, ganglions de la base), du système limbique (cerveau mammifère considéré comme le « cerveau émotionnel ») et du néocortex (commun aux grands primates et à l’être humain). L’information captée dans le monde matériel déclenche au niveau de cerveau reptilien une série de réactions automatiques et instinctives indispensables à la survie de l’individu ; elle est ensuite transformée au niveau du système limbique en émotions qui engendrent à la fois des réactions corporelles et des représentations mentales. ; et elle finit par être traduite au niveau du néocortex en mots et en pensées. On comprend dès lors que les émotions constituent le pivot central de l’expérience humaine, elles sont manifestées à travers le corps sous la forme de réactions physiques en même temps qu’elles sont exprimées en mots sous la forme de sentiments. Elles sont une sorte de moteur – une « âme » qui anime le corps et la pensée à chaque instant de l’existence.

Hélas, à force de vouloir contrôler ce qui est « naturel » au moyen de notre mental « extra- et supra-naturel », nous avons fini par nier cette part essentielle de notre nature humaine. Mais tout n’est pas perdu car, à mesure qu’ils élucident le fonctionnement du cerveau, les chercheurs en neurosciences revalorisent notre dimension émotionnelle. Ainsi, par exemple, le neurologue Antonio Damasio affirme que chaque action et chaque sensation est associée à des émotions qui transforment l’état interne de notre corps. Ces modifications physiques sont répertoriées dans les différentes zones du cerveau où elles créent de véritables représentations neuronales des émotions (que Damasio appelle des « marqueurs somatiques ») qui participent au sentiment que nous avons de nous-mêmes et nous aident à prendre des décisions en pleine conscience de la réalité.

Les émotions sont des phénomènes complexes qui colorent notre existence en donnant une valeur à nos expériences. Leur apparition est automatique et leur durée est brève. Elles sont accompagnées de manifestations physiques (augmentation du rythme cardiaque, variation des sécrétions hormonales, changement de l’expression du visage, modification des attitudes corporelles) et elles induisent des changements de comportement (immobilisation, approche, fuite ou combat) qui permettent de nous adapter aux évènements survenant autour de nous et à l’intérieur de nous. Elles sont impliquées dans la perception que nous avons de la réalité, la constitution de notre mémoire et l’élaboration de nos jugements. Elles influencent nos décisions, elles motivent nos actions et elles constituent un formidable moyen de communication. Aristote, déjà, puis René Descartes et Charles Darwin avaient identifié une série d’émotions dont l’expression est facilement reconnaissable sur notre visage : la peur, la colère, la tristesse, le dégoût, la surprise, la joie – des « émotions de base » présentes chez les enfants dès l’âge de six mois. Le psychologue Paul Ekman pense que celles-ci sont déterminées par des programmes neuromoteurs innés, génétiquement transmis et partagés par tous les êtres humains. Sur ce socle d’ « émotions primaires » se développerait, plus tardivement, un ensemble d’ « émotions secondaires » liées au langage et à la conscience de soi (par exemple : l’envie et la jalousie), à la capacité d’auto-évaluation (l’embarras, la culpabilité, la honte et la fierté), et à des jugements influencés par la culture et l’histoire personnelle de chacun (la déception, le mépris, le remords, la soumission, l’amour et un vaste répertoire de sentiments qui se forme entre la première et la quatrième année de vie). Certaines émotions seraient le résultat d’une combinaison de plusieurs affects. Par exemple : la surprise jointe à la tristesse donnerait naissance à la déception, la tristesse associée au dégoût génèrerait le remords, le dégoût mixé à la colère engendrerait le mépris. D’autres émotions ne diffèreraient entre elles que par leur intensité ; c’est le cas de l’appréhension, de la peur et de la terreur, ou encore du contentement et de la joie.

La complexité du phénomène émotionnel est telle que les chercheurs ne parviennent toujours pas à se mettre d’accord sur le dénombrement et la dénomination des différents affects. Les hypothèses se contredisent au sujet des modalités de leur élaboration. Les avis divergent à propos des facteurs responsables de leur déclenchement. Néanmoins, quelle que soit la théorie proposée, un fait semble acquis : il est plus aisé d’identifier les émotions négatives que les positives. Les expressions faciales de la peur, de la colère ou du dégoût paraissent plus spécifiques et, par conséquent, elles sont plus faciles à distinguer les unes des autres que celles du contentement, de la joie ou de l’enthousiasme. En outre, parmi les émotions de base décrites par Ekman, le nombre des émotions négatives (peur, colère, tristesse, dégoût) est plus important que celui des émotions positives (joie, surprise). Ces différences s’expliquent probablement par le fait que les émotions négatives constituent des signaux d’alarme très importants pour notre survie immédiate. On comprend donc qu’elles apparaissent tôt chez le bébé, qu’elles soient différenciées en fonction de situations précises et qu’elles s’expriment d’une manière facilement identifiable.

La représentation erronée d’un être humain extra- et supra-naturel confronté à une nature hostile et dangereuse a renforcé notre tendance spontanée à repérer ce qui ne va pas avant de nous intéresser à ce qui va bien. En soi, cette propension à focaliser sur le négatif n’est pas négative. Inhérente à notre instinct de survie, elle est même bénéfique. A condition que nous parvenions à la contrebalancer par un intérêt pour le positif. Car, trop de négativité engendre un stress chronique qui pourrait nuire à la survie. La pensée occidentale moderne s’est donc développée sur la base d’une vision dangereusement tronquée de la réalité. D’autant plus que celle-ci a été renforcée par la mise en place d’une logique économique fondée sur l’innovation, la production et la consommation de moyens destinés à se prémunir du négatif. On comprend dès lors comment est apparue l’idéologie de la maladie dont nous parlions plus haut. Pur produit de cette idéologie tronquée, la psychologie occidentale a développé une vision pathologique de l’être humain. Pour preuve : en quarante ans, le DSM (manuel diagnostique et statistique des maladies mentales) édité par l’American Psychiatric Association a triplé le nombre des pathologies mentales qu’il décrit, allant jusqu’à considérer les changements d’humeur liés au cycle menstruel de la femme comme des perturbations pour lesquelles un traitement médicamenteux peut être proposé. Et, sur les cinq cents mille lignes du Comprehensive Textbook of Psychiatry (ouvrage de référence pour de nombreux professionnels de santé), quelques centaines concernent des sujets comme la honte, la culpabilité, la colère ou la haine, plusieurs milliers traitent de l’anxiété et de la dépression, alors que seulement cinq font mention de l’espoir, une de la joie et pas une seule de la compassion, du pardon ou de l’amour. Pendant longtemps, l’attention des chercheurs s’est principalement portée sur les émotions dites « négatives ». On s’est davantage intéressé aux conséquences pathogènes de la peur, de l’anxiété et de la colère qu’aux effets d’émotions plus « positives » comme le contentement, la joie ou l’enthousiasme.

Tout déséquilibre engendre sa caricature et toute caricature contient les germes de sa correction. Ce n’est donc pas un hasard si, depuis une quinzaine d’années, un nouveau courant de la psychologie – la psychologie positive – s’est donné pour vocation d’étudier les aspects non pathologiques de l’être humain. Du coup, le nombre des recherches consacrées aux émotions positives a augmenté d’une manière impressionnante et on sait aujourd’hui qu’en termes de survie, ces émotions jouent un rôle aussi important que les négatives. Ainsi la broadenand-build theory of positive emotions – la « théorie élargir et construire des émotions positives » – énoncée par Barbara Fredrickson, directrice du PEPLab (Laboratoire des émotions positives et de psychophysiologie - www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1693418/pdf/15347528.pdf) de l’université de Caroline du Nord, montre que nos affects négatifs génèrent des réponses spécifiques aux menaces immédiates et assurent ainsi notre survie dans le court terme, tandis que nos affects positifs élargissent le répertoire de nos pensées et de nos actions afin de nous permettre de construire de précieuses ressources pour notre survie à long terme. Nous en avons tous fait l’expérience : lorsque nous sommes contents, nous sommes plus ouverts, plus souriants et, donc, plus sympathiques ; cela favorise la création de relations amicales ; celles-ci peuvent se révéler très précieuses, par la suite, en cas de coup dur. De la même manière, lorsque nous éprouvons de la joie, notre intérêt et notre curiosité sont attisés ; nous sommes plus attentifs et notre perception de la réalité devient plus large ; cette meilleure connaissance de notre environnement peut s’avérer décisive, plus tard, en cas de danger.

Dans une expérience qui consistait à induire des états émotionnels positifs, négatifs ou neutres à l’aide de courts films vidéo, Fredrickson a observé que les sujets testés développaient une meilleure vision d’ensemble lorsqu’ils éprouvaient des émotions positives et s’attachaient plus aux détails lorsqu’ils éprouvaient des émotions négatives. Repérer les détails est utile lorsque, face au danger, sous le coup de nos émotions négatives, nous cherchons à trouver le moyen de survivre. Mais il est important de pouvoir développer une vision globale lorsque, le danger étant écarté, guidés par nos émotions positives, nous avons la possibilité d’améliorer notre façon de vivre. Barbara Fredrickson a montré que cette vision globale s’étend à la perception que nous avons des autres et, du coup, favorise une attitude plus confiante, pacifiée et altruiste. L’impression de différence entre nous et les autres s’estompe, nous devenons plus attentifs à ce que nous pourrions faire pour nos amis et nous sommes plus enclins à créer de nouvelles relations. Dans une étude novatrice, Fredrickson a montré qu’une émotion comme la joie augmente notre capacité à reconnaître les visages individuels au sein de groupes ethniques différents du nôtre (réduisant ainsi notre impression que « tous les étrangers se ressemblent ») et, dans le même temps, diminue notre capacité de percevoir des différences morphologiques entre ces divers groupes (augmentant par la même occasion notre sentiment de fraternité à l’égard des autres ethnies).

De nombreuses études montrent que les états émotionnels positifs favorisent la réceptivité à de nouvelles informations, la créativité et la flexibilité de la pensée, l’élaboration de raisonnements inhabituels et la résolution de problèmes difficiles. Ainsi, par exemple, Alice Isen, professeur de psychologie à la Cornell University, a constaté que des médecins de bonne humeur intègrent plus rapidement les données transmises par leurs patients, restent moins longtemps fixés sur une idée, sont davantage prêts à renoncer à des conclusions prématurées et, de ce fait, améliorent leurs performances diagnostiques et thérapeutiques.

Un gage de longévité

Parmi les ressources constructives générées par nos émotions positives, la bonne santé est certainement l’une des plus décisives pour notre survie à long terme. Là aussi les études foisonnent. En 2001, un groupe de chercheurs de l’université du Kentucky, ont publié les résultats d’une enquête réalisée à partir de textes autobiographiques rédigés en 1930 par cent quatre-vingts religieuses avant leur entrée au couvent. A l’époque, la mère supérieure de la congrégation avaient demandé à ces jeunes femmes d’écrire à propos de leur enfance, de leurs années de scolarité et des raisons pour lesquelles elles avaient prononcé leurs vœux. Soixante ans plus tard, ces textes autobiographiques ont été analysés en tenant compte du nombre de phrases émotionnellement positives, négatives ou neutres qu’ils contenaient ; les scores émotionnels ainsi obtenus ont été comparés aux temps de survie des religieuses. Ces nonnes constituaient des sujets d’études idéaux car, ayant vécu dans la même communauté, elles avaient partagé les mêmes habitudes et elles avaient été soumises à des circonstances extérieures très semblables. Cela rendait plus facile la mise en évidence d’une éventuelle influence de facteurs psychologiques sur l’évolution de leur état de santé. Au moment de l’étude, 40% des religieuses étaient décédées et il apparut très clairement que la durée de vie des nonnes était liée au contenu émotionnellement positif des textes autobiographiques rédigés dans leur jeunesse. Parmi l’ensemble des religieuses, les 25% identifiées comme « les plus heureuses » ont vécu en moyenne dix ans de plus que les 25% considérées comme « les moins heureuses ». Ces résultats vont dans le sens que la Harvard Study of Adult Developement – une étude longitudinale commencée à la fin des années 1930, menée durant près de soixante-dix ans – qui a montré que la qualité de la santé des personnes observées était étroitement reliée à leur degré d’optimisme au début de l’observation. Ils confirment également ceux de la vaste enquête lancée dans les années 1960 et poursuivie durant trente ans par les psychologues de la Mayo Clinic, qui ont montré que les personnes optimistes vivaient en moyenne 19% plus longtemps que les pessimistes et ce avec des capacités physiques et une qualité de vie nettement meilleures. En 2008, le sociologue Ruut Veenhoven a publié l’analyse d’une trentaine d’études sur le lien entre le bonheur, la bonne santé et la longévité. Ses conclusions étaient sans équivoque : les émotions positives peuvent, chez les gens très satisfaits, faire gagner entre sept et dix années de vie supplémentaire. Cependant, il ne faut pas se méprendre : l’allongement de vie observé ne concerne que les gens en bonne santé ; aucun effet probant des émotions positives n’a pu être mis en évidence chez les gens déjà malades. En d’autres termes, à en croire les résultats des études scientifiques, les émotions positives et le sentiment de bonheur protègent contre la survenue des maladies mais ne suffisent pas pour les guérir.

Ce n’est pourtant pas l’impression qu’ont beaucoup de malades, convaincus de l’importance d’un bon moral pour parvenir à résoudre leur problème de santé. Moi-même, en tant que médecin, je constate que le fait de cultiver des émotions positives aide de nombreux patients à aller mieux. Il me paraît évident qu’un mieux-être psychologique influence le bien-être physique. Certaines études ont d’ailleurs montré un allongement de la durée de vie chez des malades du cancer aidés psychologiquement par des groupes de parole. Néanmoins, les impressions ne sont pas des preuves scientifiques. Il faut donc également prendre en compte d’autres enquêtes qui n’ont pas pu confirmer cet effet favorable de l’aide psychologique sur la survie des malades. La réalité est probablement plus nuancée. En effet, il est possible que les émotions positives jouent un rôle bénéfique dans l’évolution de certaines maladies chroniques – y compris en cas de cancers, de maladies coronariennes et de sida – à condition que le pronostic de survie à long-terme soit bon au départ. Dans des cas plus graves, cet effet bénéfique paraît plus incertain et, lorsqu’il semble se manifester, il est sans doute à mettre sur le compte d’une synergie entre les émotions positives et une multitude d’autres facteurs de guérison encore mal connus. Ce qui est indéniable, en revanche, c’est que les émotions positives aident à traverser l’épreuve de la maladie plus sereinement, tout simplement parce que les malades perçoivent leurs symptômes autrement. Ainsi, par exemple, Sheldon Cohen, professeur de psychologie à la Carnegie Mellon University, a observé que des patients atteints d’un rhume, chez lesquels les symptômes objectifs de l’infection étaient identiques, se plaignaient moins lorsqu’ils éprouvaient des émotions positives et plus lorsqu’ils qu’ils étaient sujets à des émotions négatives. Cet effet subjectif a été mis en évidence pour de nombreuses autres pathologies, notamment chez des patients souffrant d’arthrite rhumatoïde et de fibromyalgie. Cultiver des émotions positives lorsque l’on est malade ne supprime pas la douleur mais atténue la souffrance. Moins souffrir en attendant de guérir peut alors accélérer le processus de guérison, ou tout au moins éviter une aggravation. En cas de maladie coronarienne, par exemple, le fait de cultiver des émotions positives ne va pas supprimer les bouchons qui se forment au niveau des artères nourrissant le cœur mais, en diminuant les spasmes vasculaires et en réduisant la tension artérielle, cela peut prévenir le risque de récidive après un premier infarctus.

Les émotions positives ne préviennent pas seulement d’éventuelles complications ou aggravations de situations pathologiques existantes. Elles empêchent, aussi et surtout, la survenue de certaines maladies. Jusqu’il y a peu cette affirmation faisait sourire les médecins. Cependant, elle repose sur des preuves scientifiques qui méritent toute notre attention. Par exemple, en 2003, Sheldon Cohen a inoculé le virus responsable du rhume à des volontaires qui avaient été préalablement soumis à plusieurs interrogatoires en vue de déterminer leur état émotionnel pendant les trois semaines précédant le déclenchement de l’infection. Il est apparu clairement que les personnes s’étant trouvées dans un état émotionnel positif étaient moins susceptibles que les autres de tomber malades, malgré l’inoculation du virus dans leur narines. Le même genre d’effet préventif a été observé pour l’hypertension artérielle et le diabète. On a également constaté que les émotions positives diminuent l’apparition d’accidents vasculaires cérébraux et empêchent la survenue de toute une série d’accidents traumatiques. On estime généralement que l’importance du rôle des émotions positives dans le maintien d’une bonne santé est comparable à celle de l’influence du tabac dans l’apparition d’une mauvaise santé.

Des adjectifs trop subjectifs

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au rôle des affects dans la santé, j’ai été étonné par le choix des adjectifs utilisés pour qualifier les émotions. Les mots « positif » et « négatif » ont une connotation subjective qui ne me paraissait pas appropriée pour décrire les phénomènes émotionnels d’un point de vue objectif et scientifique. Un ami psychologue m’affirma alors que ces adjectifs décrivaient les conséquences, heureuses ou malheureuses, des différentes émotions. Mais cette explication ne me convainquit pas. Car les émotions positives n’ont pas toujours des effets positifs. Par exemple, des personnes trop enthousiastes peuvent se leurrer et prendre des risques inconsidérés qui mettent leur vie en danger. Certains malades trop confiants minimisent leurs symptômes, ne se reposent pas suffisamment, ne suivent pas sérieusement leur traitement et, du coup, réduisent leurs chances de guérir. De la même manière, les émotions négatives n’ont pas forcément des effets négatifs. Par exemple, la peur provoquée par un évènement vécu dans le moment présent permet d’éviter certains dangers. La colère exprimée de manière non agressive, dans l’affirmation de soi et la créativité, peut se révéler une formidable force de vie, notamment chez des personnes malades.

En 2003, Daniel Goleman – l’auteur du célèbre ouvrage L’intelligence émotionnelle – a publié un livre intitulé Destructive emotions, composé d’une série d’entretiens entre le dalaï-lama, des philosophes et des scientifiques. Dans ce livre, des émotions négatives comme la peur, l’anxiété ou la colère sont qualifiées de « destructrices » en ce sens qu’elles « nuisent à soi-même ou aux autres ». Cet adjectif décrit effectivement une conséquence possible des émotions négatives. Néanmoins, ce n’est pas la seule car certaines émotions destructrices se révèlent, au contraire, très constructrices. La peur peut inciter à la prudence nécessaire pour bâtir un environnement sécurisant et épanouissant. La colère peut aider à trouver le courage indispensable pour se relever d’une épreuve difficile. Qualifier les émotions négatives de destructrices paraît donc trop réducteur. De plus, cela laisse penser que les émotions positives sont, par opposition aux négatives, toujours « constructrices ». Or, dans les faits, une émotion comme le contentement peut avoir des répercussions très nuisibles, tant pour soi-même que pour les autres. Il suffit de se rappeler comment certains tyrans, contents de leur situation au sommet de la pyramide sociale, ont infligé de terribles souffrances à leur peuple et, aveuglés par leur autosatisfaction, se sont précipités vers leur propre fin.

Afin d’éviter le jugement moral véhiculé par les adjectifs « positif » et « négatif », « destructeur » et « constructeur », il paraît plus juste de recourir aux adjectifs « agréable » et « désagréable ». Ceux-ci ne font que préciser la nature des sensations et des sentiments accompagnant les différentes émotions. Emotions agréables, émotions désagréables : cette distinction offre l’avantage d’une plus grande objectivité. En effet, avant d’être des émotions « négatives », la peur, le dégoût, l’anxiété et la tristesse sont des émotions désagréables, tout simplement parce que leur fonction est de nous alerter pour assurer notre survie immédiate. On pourrait objecter en disant que la colère peut être plaisante à éprouver. Dans les faits, la colère n’est jamais agréable à vivre puisqu’elle est associée à la prise de conscience d’une frustration et accompagnée d’une tension corporelle. Le plaisir ressenti ne provient pas directement de la colère ; il naît du sentiment de puissance et de sécurité qui lui est lié. On peut donc dire que, fondamentalement, la colère est une émotion désagréable.

Les émotions « positives », quant à elles, sont généralement agréables à éprouver. Cela semble normal puisqu’elles constituent des signaux de sécurité qui permettent de développer des qualités et des ressources nécessaires pour assurer notre survie à long terme. Souvent, ces qualités et ces ressources procurent du plaisir. Cela ne veut pas dire pour autant que toutes les émotions agréables sont toujours positives. Ainsi, par exemple, le fait d’éprouver du contentement ou de la joie sous l’emprise d’une drogue ou suite à un acte addictif renforce le cercle vicieux compulsif et finit par être destructeur. Une fois encore, il faut faire la distinction entre l’émotion qui pousse à agir et le plaisir obtenu suite à l’action. Dans le cas des comportements addictifs, nous découvrons que l’émotion de départ n’est pas agréable ; au contraire, il s’agit souvent de tristesse, de peur ou d’anxiété. Ce qui paraît être du contentement ou de la joie n’est en réalité que le plaisir consécutif au comportement compulsif destiné à calmer le trouble à l’origine de l’émotion désagréable ; c’est ce plaisir qui renforce l’addiction.

Malgré le fait que l’utilisation des adjectifs « agréable » et « désagréable » soit plus adaptée à la démarche scientifique, il existe autour des appellations « émotion positive » et « émotion négative » un consensus qu’il paraît difficile de remettre en question. Dans ce contexte, il me semble important d’attirer l’attention sur l’aspect subjectif, réducteur et moralisateur de ces appellations. Car, une tentation inconsciente de valoriser le « positif » et de condamner le « négatif » pourrait voir le jour. Ce genre de manichéisme irait à l’encontre des objectifs de la psychologie positive, particulièrement soucieuse de montrer la complémentarité des émotions agréables et des émotions désagréables. Et, plus grave, cela fournirait davantage d’arguments à certains médecins et fabricants de médicaments tentés de « pathologiser » des expériences humaines absolument banales. Méfions-nous de certains mots qui trahissent des représentations erronées de la réalité et ne font que perpétuer la regrettable malédiction qui frappe les émotions.

Thierry Jansen est l’auteur des ouvrages Le Travail d’une vie (Robert Laffont 2001), Vivre en paix (Robert Laffont 2003), La Solution intérieure (Fayard 2006), La maladie a-telle un sens ? (Fayard 2008), Le Défi positif (Les Liens qui Libèrent, 2011). www.thierryjanssen.com


Dr Alain CASSOURRA, Ostéopathe D.O.
Parcours d’un apprenti autour des émotions…
et quelques réflexions ostéopathiques


Loin de moi l’idée d’écrire un article professoral sur l’ostéopathie somato-émotionnelle, un bel article didactique avec définition, physiologie, sémiologie, diagnostic et traitement, bref un mode d’emploi du traitement des émotions par l’ostéopathie ! Loin de moi cette idée, le sujet m’apparaît à cette heure encore trop complexe. Je choisis de vous livrer ici un cheminement, un parcourt imaginaire, un brin humoristique, celui d’un médecin ostéopathe cartésien décidé à rencontrer la dimension émotionnelle chez ses patients. Je parlerai en son nom, à la première personne.
Il est des considérations apparemment banales, dont je n’avais nullement mesuré la portée. Souhaitant enrichir ma caisse à outils de praticien, maitrisant l’ostéopathie structurelle, je m’intéresse à l’approche émotionnelle. Je m’y intéresse dans un premier temps sous un abord conceptuel et non pratique, puisqu’avant tout, m’importe la cohérence de l’approche. Rien que de très normal, l’homme a un corps et un esprit, plus exactement un corps physique, des émotions et une pensée. Le médecin cartésien ne voit ici aucune problématique susceptible de le contrarier. Je débute mon périple dans la sérénité.

De l’organisation du système nerveux

Parmi les composantes de l’affectivité, bienêtre et mal-être, douleur, agréable et désagréable, plaisir sexuel, on retrouve les émotions, modifications brutales de l’organisme qui doit s’adapter à une condition nouvelle de l’environnement, branle-bas végétatif devant une situation imprévue et stressante, ou même, fruit de l’évocation de cette situation. C’est dans les profondeurs encéphaliques, dans la région limbique, que s’imprime cette affectivité brute. Que s’imprime, car au même étage, apparaît la mémoire ; mémoire et émotions sont donc intriquées et se conditionnent : s’il n’y a pas de mémoire, l’affectivité n’a ni signification ni raison d’être, et sans contenu affectif un souvenir n’est nullement motivant. Je transcris ici ma lecture de Raymond Houdart, Le système nerveux de l’homme, et je suis rassuré, je peux continuer à faire mienne cette citation de François Jacob : « L’ « esprit » est un produit de l’organisation du cerveau tout comme la vie est un produit de l’organisation des molécules. » Tout va bien je vais donc manipuler les émotions comme une sacro-iliaque, sans remettre en cause ma vision sur l’homme.

À la cellule

Mais je n’aurais pas dû lire Spinoza avait raison de Damasio. J’y apprends que la paramécie solitaire, organisme unicellulaire, corps sans cerveau ni esprit, fuit l’agression et recherche le bien-être, essence du processus émotionnel qui nous caractérise, nous, êtres humains. Cette aptitude à réagir n’est pas apprise, elle est un moyen de réguler et de préserver la vie de façon automatique, sans se poser de questions, sans avoir besoin de penser. Et me voilà troublé, car je ne peux m’empêcher par un raccourci certes erroné, de me poser la question suivante : une cellule dans mon corps pourrait-elle avoir une réaction de type émotionnel sans même passer par le système nerveux ? La cellule aurait-elle quelque conscience ?
Pierre Tricot accroît mon trouble et affirme : « À partir du moment où elle existe, individualisée, la structure vivante se sait exister indépendamment de son environnement et son environnement la connaît comme existante. Il y a conscience. Ce mot est constitué de deux racines latines : cum, avec, qui suggère l’association et scire savoir. »
Une cellule aurait une conscience et des réactions de type émotionnelles. Je n’avais pas prévu la chose ainsi.

En passant par la conscience

Pour me rassurer je reprends la définition des émotions selon Patrick Varlet dans Ostéopathie somato-émotionnelle : « états de conscience agréables ou désagréables, concomitant à des réactions organiques brusques d’origine interne ou externe… certains neurones … transmettront les informations au système neuro-végétatif, lequel répondra par des modifications diverses échappant à notre volonté et dont nous prenons parfois conscience. » Bien que renvoyé ici à la suprématie du système nerveux central, se confirme l’idée que mes émotions, états de conscience, ne sont pas toujours présentes à ma conscience. Je vais donc en tant que thérapeute rencontrer chez mon patient, des émotions dont il n’a pas forcément conscience mais qui seront inscrites sous forme de modifications diverses –lesquelles ?-, dans des tissus qui eux en auront une conscience. Je commence à perdre pied. Je n’avais pas ainsi envisagé des émotions tapies dans quelque endroit du corps qui les connaitrait, mais, n’en dirait rien, à ses intenses supérieures et son propriétaire.

Et la mémoire

Pour moi, ostéopathe, il va s’agir d’aborder les émotions par le toucher et non le verbe, et là je ne vois pas par quel biais je vais conceptualiser ce fait. Certes j’ai constaté dans ma pratique que par mes mains, j’ai accès à des traumatismes physiques anciens, non exprimés par le patient, une vielle entorse de la cheville ou une chute sur la tête oubliée. Je sais que le corps peut restituer ces informations qu’il a engrangées, mais nous parlons là du corps physique, les articulations, les tendons, les muscles, non de l’immatérialité de la joie ou de la tristesse.
La question de la mémoire revient là, puisque mémoire et émotions semblent intriquées. Mon corps a-t-il en ses tissus, et non en son système nerveux puisque par mes mains ce n’est pas lui que je touche directement, la mémoire de son vécu émotionnel ?

Pour arriver à l’énergie

Je me tourne vers J. E. Upledger. Il déclare que le soma myo-fascio-squelettique, les organes, les tissus (plus particulièrement le tissu conjonctif) et peut-être les cellules, possèdent individuellement une mémoire du traumatisme physique ou émotionnel et que cette mémoire tissulaire se traduit par une rétention de l’énergie traumatique, de la douleur et des phénomènes émotionnels dans une partie du corps. C’est pour des raisons estimées appropriées par l’inconscient du patient que cette énergie est réprimée, localisée et isolée. Le mot est lâché, Upledger parle d’énergie, de kystes énergétiques et je tombe là dans une notion qui m’agace et m’a toujours paru suspecte. Que les médecins fassent de la médecine et les physiciens de la physique !

Et la physique quantique

Pierre Tricot vient à mon secours : « L’énergie, c’est de l’information en mouvement. » Et de fil en aiguille je vais glisser malgré moi vers la physique. Si les mondes de la médecine et de la physique me semblent bien différents, via Tricot, Varlet, Larroche, et d’autres… je me retrouve pris dans des considérations quantiques, où toute particule est accompagnée d’une onde porteuse de toutes les informations depuis son apparition dans l’univers. La physique quantique nous présente un monde différent. Il ne se fonde pas sur la perception que nous en avons : une même particule peut être à deux endroits différents en même temps. Tout ceci dépasse l’entendement. La conscience serait au moins quantique, l’information contenue dans un rêve, serait de l’information quantique. Belal Baaquie et François Martin ont postulé que le psychisme de chaque individu serait une excitation particulière d’un champ quantique sous-jacent et universel dans lequel on trouve des états virtuels et des états réels. Dans ce champ on trouve le champ spécifique de chaque personne, contenant déjà de multiples états, mais aussi, la conscience des autres individus, jusqu’au champ universel de la psyché humaine. Ce super champ de conscience inclurait donc dans une même entité, le champ de conscience individuelle et le champ de conscience universelle. Et me voilà tout d’un coup projeté dans le « champ akashique » des mystiques, champ qui conserverait et transmettrait de manière instantanée toute l’information en tout point de l’univers. Il n’est plus ici question du système nerveux central. Quelque chose se passerait hors lui, concernant l’information, la conscience et la mémoire.

Finalement pour certains, notre corps physique se trouve affublé d’un champ morphogénétique, matrice de forme, mémoire individuelle dès la vie intra-utérine mais aussi transgénérationnelle et collective.
J’étais juste parti à la découverte d’une pratique ostéopathique et je me retrouve avec un nouveau regard sur l’homme, dont l’ « esprit » n’est plus un produit de l’organisation du cerveau, tout comme la vie n’est plus un produit de l’organisation des molécules.

Et finir dans des corps invisibles

En guise d’apothéose, d’autres me renvoient aux médecines traditionnelles, où sont décrits les corps subtils, faisant partie de l’aura, tel le corps éthérique, le corps émotionnel et le corps mental. Les émotions auraient-elles leur corps propre, et la pensée de même, un corps immatériel, informatif, que je pourrais toucher et que je ne vois pas ?

J’écoute Bruno Repetto : « Nous sommes constitués d’un corps physique, d’un corps émotionnel et d’un corps mental, organisés en couches énergétiques successives. Les événements s’inscrivent dans l’être humain, dans les trois corps en même temps. Ces corps ont une mémoire, mais la mémoire n’est pas toujours consciente. Le refoulement de la mémoire constitue pour le psychisme une protection. Le psychisme ne pourrait supporter la vague émotionnelle qui le submergerait si cette protection cédait. Les corps conservent des mémoires refoulées, qui constituent de véritables résistances au changement. Ces mémoires refoulées sont de l’énergie qui se concentre sur un organe. Mais ce concentré d’énergie dans l’organe lui en prend. »

Que d’émotions !

Je reste sceptique, mais, brassé par des concepts nouveaux voire farfelus, je constate une chose : j’ai vécu une révolution intérieure : je considère maintenant les émotions comme prises entre le réel et l’imaginaire, le conscient et l’inconscient, l’événement traumatique et l’information stockée, l’enregistrement d’un événement et la réponse à celui-ci, sa mémorisation et sa résonance, je considère les émotions prises dans l’installation d’un schéma répétitif, entre un traumatisme imprimé et un comportement modifié. Je n’ai pas enrichi ma caisse à outils de médecin ostéopathe, j’ai juste changé de monde.

Une émotion fixée

Je passe à la pratique, non sans moins de scepticisme. Au plan physique, une dysfonction ostéopathique est une perte de mobilité. Au plan émotionnel, une dysfonction serait de même nature : la fixation d’une émotion en un endroit du corps. Les émotions devraient pouvoir circuler librement, pour aussi violentes soient-elles, comme les nuages dans le ciel, comme le soleil succède à l’orage. Être traversé par la tristesse, la peur ou le désespoir, ne nous poserait donc pas vraiment de problèmes, la condition humaine nous soumettant à ces contraintes. Mais la fixation d’une émotion deviendrait possiblement pathogène. J’écoute encore Repetto : « Dès qu’une émotion est fixée une pathologie est susceptible de s’exprimer. Les émonctoires, les larmes, la sueur, l’urine, les selles, les règles permettent de les éliminer. Ne dit on pas : je l’ai dans la peau, laisser pisser le mérinos, ça me fait suer, se chier dessus, pleurer de joie. La voix est un émonctoire, on peut hurler de rire, hurler à la mort ou de désespoir. Le cri, la verbalisation sont d’autres moyens naturels pour évacuer. Les rêves enfin représentent aussi une défense efficace, c’est l’émergence nocturne de l’inconscient et du non-dit. Il faut que les émotions sortent. Non évacuées elles se fixent. Une émotion peut se fixer sur une cheville, sur le colon, sur le diaphragme. »

Un TGO ?

Soit, mais comment la sentir par le toucher ? J’imagine un travail général ostéopathique, ce corps à corps dansé où la mobilisation diagnostique et traite, un travail général ostéopathique adapté aux émotions, une mobilisation de l’ensemble du corps, segment par segment, tout en restant global, pour visiter la colère, la peur, la tristesse, l’anxiété ou le désespoir, à des profondeurs différentes, en des territoires différents, comme pour balayer l’histoire d’une vie, de la naissance à ce jour, voire de la conception à ce jour, voire transgénérationnelle. Ce serait beau entre soignant et soigné une telle danse avec les émotions, pour les déloger de leurs tanières et les renvoyer hors du corps, pour libérer non seulement de la souffrance, mais aussi du comportement pathogène engendré. Certes, ce serait beau, mais à ce jour, pas de travail général ostéopathique des émotions en vue.

Palpable

Pierre Tricot vient encore à mon secours. Il me dit qu’une dysfonction est une rétention d’information, donc d’énergie, qu’elle est une réorganisation tissulaire dans laquelle la densité du tissus augmente, son mouvement diminue, ses tensions se réorganisent. La zone en dysfonction serait en quelque sorte, une région plus dure, moins mobile et déviée, exactement comme pour une dysfonction physique. Mais alors qu’est-ce qui fait que les mains posées à un endroit du corps, je décrypte l’une ou l’autre ? Eh bien ma présence, mon attention et mon intention, me dit Tricot. Selon l’endroit où je poserais mon attention, selon le champ d’attention que je définirais, je percevrais des informations différentes. Certes j’ai fini par réaliser cela dans la pratique du structurel, locomoteur, viscéral ou crânien, où mes mains posées sur l’occiput ou la cheville, peuvent percevoir des informations concernant une autre partie du corps. Il me faut juste admettre que mes mains posées en quelque endroit du corps peuvent recevoir une information d’une autre nature, les émotions, mais qui va se traduire par les mêmes sensations physiques. Et le traitement de ces dysfonctions émotionnelles va se faire par syntonisation à la densité, à la tension et au mouvement, d’une façon involontaire, dans un ou plusieurs cycles libérateurs où mes mains ne font plus qu’un avec le tissu en dysfonction.

La première chose à changer c’est moi !

Ah oui ! Bien sûr ! La pratique émotionnelle me renvoie à cette scission entre ostéopathie volontaire et involontaire, et Becker, comme Tricot, m’invite à explorer ma présence, à travailler sur moi, jusqu’à, soi-disant, lâcher mon ego.
Là c’en est trop, je craque et après ce long parcours conceptuel puis pratique, je reviens à la structure, à la dimension physique où mon cartésianisme, certes parfois mis à mal aussi dans ce domaine, se trouve somme toute rassuré. L’ostéopathie somato-émotionnelle n’est pas pour moi.
Notre apprenti en émotionnel, déjà médecin ostéopathe, a rebroussé chemin. Il y reviendra peut-être, ou pas. Ostéopathe - ni-ni comme il est souvent dit, terme que je n’apprécie guère car définir quelqu’un par deux négations ne peut me convenir -, peut-être n’aurait-il pas flanché. Étudiant post-bac dans quelque école, il se serait sans doute plié au moule, sans se poser de questions, ce qui au bout du compte n’est guère plus satisfaisant. Chaque itinéraire a ses pièges et ses insuffisances.

Et pour finir j’aurais aimé

Concernant les émotions, nous n’avons pas fait le tour de la question, loin de là. Les concepts, les touchers, les pratiques, autour du somato-émotionnel sont multiples. J’aurais aimé évoquer la spécificité ostéopathique dans ce domaine, qui est de relier, de ré-harmoniser par et dans le corps, le physique, l’émotion et la pensée. J’aurais aimé parler de la possibilité de désengrammer une émotion et un comportement, et donc de changer la donne. J’aurais aimé parler de la place du toucher, et de deux touchers très différents, l’un magma fusionnel et vital, l’autre dé-fusionnel et structurant, l’un accueillant et l’autre tranchant, l’un yin et l’autre yang, l’un maternel et l’autre paternel. J’aurais aimé parler du rôle symbolique de la mère et du père que prend l’ostéopathe par le toucher, mais aussi du contre-transfert dans lequel il est emporté, et encore de la place du verbe, et pour finir de la complémentarité de l’ostéopathie avec les psychothérapies ou la psychanalyse, qui trop souvent laissent le corps orphelin. Mais il s’agit là que d’une tribune, le nombre de caractères est limité, je pique du nez sur le clavier, et peut-être vous seriez-vous lassé ! Quoiqu’il en soit, merci pour m’avoir suivi jusque là !

Bibliographie
  • Becker, Rollin, 1997. Life in Motion, Stillness Press, Portland, 374 p., ISBN : 0-915801-82-5.
    Becker, Rollin, 2000. The Stillness of Life, Stillness Press, Portland, 274 p., ISBN : 0-9675851-1-2.
  • Cassourra Alain 2010 L’énergie, l’émotion, la pensée, au bout des doigts Paris, Odile Jacob
  • Damasio Antonio R. 2003 Spinoza avait raison Paris, Odile Jacob.
  • Houdart Raymond 1990 Le système nerveux de l’homme Paris Mercure de France
  • Larroche Michel 2007 Et si mes cellules savaient apprendre ? Paris, Trédaniel
  • Repetto Bruno 1995 Bienheureuse maladie Paris, Éditions Dervy
  • Tricot Pierre 2002 Approche tissulaire de l’ostéopathie Vannes, Sully
  • Upledger John E. 1991 Libération somato-émotionnelle et au-delà Édition Verlaque
  • Varlet Patrick 2009 Ostéopathie somato-émotionnelle Vannes, Sully.

Philippe Babielle - Ostéopathe D.O.
L’ostéopathie somato-émotionnelle


Plus qu’une définition, il est nécessaire de replacer le terme d’ostéopathie dans le paysage médical français actuel. La France est depuis longtemps à la pointe de la médecine scientifique et ses chercheurs ainsi que les grands services des hôpitaux sont réputés dans le monde entier. Par ailleurs le système social français a longtemps été connu comme le meilleur du monde, les soins y sont gratuits pour tous et les médicaments aussi.

L’ostéopathie

La société française découvre l’ostéopathie
Plus qu’une définition, il est nécessaire de replacer le terme d’ostéopathie dans le paysage médical français actuel. La France est depuis longtemps à la pointe de la médecine scientifique et ses chercheurs ainsi que les grands services des hôpitaux sont réputés dans le monde entier. Par ailleurs le système social français a longtemps été connu comme le meilleur du monde, les soins y sont gratuits pour tous et les médicaments aussi. Deux constats viennent entacher ce tableau : ce fameux système social est en faillite et le français n’est pas en très bonne santé. En effet il semblerait que la France est le pays où l’on soigne le mieux le cancer par exemple, par la chirurgie, des chimiothérapies innovantes, une radiothérapie ultra moderne mais c’est l’un des pays qui compte le plus grand nombre de cancer en Europe. L’espérance de vie est très bonne par rapport à la moyenne mondiale mais la consommation de médicaments en tout genre y est largement plus élevée et le coût de la médecine met le système en faillite. Cherchez l’erreur. Ce constat a mené les individus à s’intéresser à des médecines alternatives qui envisagent différemment la santé, de façon moins invasive et surtout de façon plus prédictive. Autrement dit des approches où la personne dans sa globalité est ramenée au centre de son projet de santé et non pas considérée comme une simple pathologie. L’individu a besoin d’être écouté, compris dans sa globalité et accompagné dans une démarche préventive par rapport aux prédispositions mises en évidence par une approche holistique. Mais dans la plupart des cas ces choix demandent un engagement financier de la part du patient, en effet la sécurité sociale ne prend pas en charge cette approche préventive et l’accompagnement des changements de comportements même si, et tout le monde en est persuadé, ces solutions pourraient faire économiser beaucoup de frais à moyen et long terme. Les mentalités sont en pleine évolution en France, de plus en plus de gens parient sur leur santé et consacrent un nouveau budget pour consulter des professionnels de la santé holistique, qui les écoutent, les observent, les touchent, les accompagnent vers une bonne santé durable. Alors que beaucoup de pays outre Atlantique et en Europe, sans parler des pays Asiatiques ont l’habitude des thérapies manuelles et autres médecines naturelles, la société française découvre l’ostéopathie.
Une thérapie manuelle aujourd’hui reconnue mais méconnue.
Le mot est désormais connu, presque à la mode, et surtout cette spécialité est enfin officiellement reconnue. Reconnue mais pas à sa juste valeur, en effet, l’urgence d’arrêter de travailler hors la loi a précipité l’acceptation d’une reconnaissance qui ne tient pas compte du cursus, au même niveau que la DE de kinésithérapie alors que les études sont plus longues. Cette reconnaissance a permis également d’augmenter le nombre de nouveaux diplômés et en même temps de faire connaitre cette médecine. Mais si l’on interroge la population on remarque que l’ostéopathie est connue essentiellement pour les manipulations vertébrales qui font craquer les vertèbres avec ce que cela représente d’anxiogène et pas du tout pour la libération fluidique des fascias et encore moins les techniques viscérales.

Une médecine holistique et non invasive

Un patient ayant déjà vécu un bilan différentiel ostéopathique pourra, lui, expliquer ce qu’est une thérapie holistique prédictive. Il décrira avec quelle précision le praticien va rechercher tous les déséquilibres posturaux qui prouvent la présence de désordres ostéo-articulaires, de troubles viscéraux et métaboliques. Ce patient témoignera volontiers de la façon dont il a été interrogé sur son histoire, ses antécédents, son environnement et son comportement. Le corps n’a plus grand-chose à cacher à celui qui a l’expérience de l’observer et le palper avec attention. Toucher le corps, y percevoir les tensions, les déséquilibres, pouvoir leur donner un sens, interpréter le message qu’il contient, puis normaliser les désordres dans un geste très doux, c’est ce que rapportera le patient lorsqu’il décrira le travail de l’ostéopathe.

Le Mouvement de Respiration Primaire
Il s’agit du socle, du fondement de l’ostéopathie, William Sutherland et Harold Magoun, comme développeurs de l’ostéopathie crânienne, le décrivent avec précision. Il s’agit du rythme de production et de fluctuation du liquide céphalo-rachidien qui circule dans les méninges de façon équilibré du crâne jusqu’au sacrum. L’ostéopathie a pour objectif d’évaluer et d’améliorer le fonctionnement du système crânio-sacré. Le praticien va prendre un contact très doux et ainsi influencer le système nerveux et hormonal sur les glandes pinéale et pituitaire, logées dans le cerveau, qui régulent plusieurs hormones, dont la sérotonine. Toute restriction du mouvement respiratoire primaire provoque des empêchements des fonctions réparatrices. En améliorant ce mouvement, les mécanismes se remettent à l’œuvre. C’est en ce sens que l’ostéopathie est utilisée comme approche préventive.

L’émergence de l’apport des thérapies manuelles à la médecine somato-émotionnelle

Les thérapies somato-émotionnelles
Derrière ce terme apparait tout un pan de la médecine à découvrir. En effet ces thérapies se trouvent aux confins encore peu explorés de la sphère psychique et de la sphère physique. Elles traitent les problèmes de santé où les symptômes qui s’expriment physiquement ont une origine psycho émotionnelle. Jusqu’à présent une pathologie psychosomatique reconnue restait du recours des thérapies psychiques. Mais la découverte qu’un choc émotionnel laisse des traces dans les tissus ouvre l’accès à des horizons thérapeutiques nouveaux.

L’ostéopathie dans le champ émotionnel
Par la finesse de la palpation, l’ostéopathe va entrer dans le champ vibratoire du corps et, s’il en a les compétences, percevoir quelles sont les perturbations qui s’expriment, leur donner des caractéristiques précises et les normaliser dans un même geste.

La Restauration Somatopsychique et les Images de Transformation

Compléments nécessaires à l’ostéopathie
Pour donner à l’ostéopathe les compétences pour lire et interpréter les messages de l’empreinte somato-émotionnelle qu’exprime le corps, il existe plusieurs méthodes auxquelles le praticien peut se former. Parmi celles-ci nous présentons celles qui sont directement complémentaires à l’ostéopathie et applicables de façon très opérationnelle dans la consultation ostéopathique.
La Restauration Somato-Psychique créée par André Perceval propose une lecture en 3 dimensions qui permet la relation corps physique-organe et offre une lecture du maillage du corps. La dimension des Cinq Eléments de la médecine chinoise caractérise la relation organe-émotion. Celle des Chakras propose une échelle de décodage de la relation émotionmental-corps physique. Dans chaque organe nous pouvons trouver des charges émotionnelles enkystées. Certains d’entre eux peuvent être le site privilégié d’une émotion. Par exemple les peurs se retrouverons dans les reins, le foie sera le siège de la colère, des injustices, le cœur, celui de l’insécurité affective et de la non reconnaissance pour ne parler que de ceux-là. Il est même possible d’ajouter une quatrième dimension, celle du temps.
Le processus IT® Images de Transformation créé par Marie Lise Labonté et Nicolas Bornemisza va permettre au participant de se libérer des schémas autodestructeurs susceptibles d’entraver l’épanouissement de son être, qu’il apprendra à transformer en images positives. Il sera guidé pour explorer son inconscient et pour laisser émerger, sous forme d’images visuelles, auditives, kinesthésiques, olfactives et gustatives, des informations concernant les états d’enfermement (physique ou psychologique) dont il désire se libérer. Puis il va également solliciter de son inconscient des images de transformation et des images de guérison. Les messages et images produits par son inconscient seront utilisés par le participant, avec l’aide de l’intervenant, pour la construction de son « processus de guérison programmé », destiné à lui permettre de « s’aligner » vers son but. L’intégration de ces méthodes peut se faire suivant différents cursus selon l’expérience du thérapeute. C’est l’objectif de la formation à l’ostéopathie somato-émotionnelle.

L’ostéopathie somato-émotionnelle, une thérapie quantique
Cette médecine est donc née de l’expérience de thérapeutes, ostéopathes avant tout. En effet la perception du champ vibratoire n’est possible que si la sensibilité physique et l’intention du praticien s’accordent pour délivrer le message du corps du patient.

La construction d’une belle santé : l’intelligence du corps et l’intelligence émotionnelle.

La définition d’une belle santé
La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. Cette définition est celle du préambule de 1946 à la Constitution de l’organisation mondiale de la santé (OMS). Selon David Servan-Schreiber la santé est l’intelligence du corps. Elle implique que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits, sur le plan biologique, physiologique, physique et émotionnel. L’intelligence du corps définit également la façon dont nous sommes informés des ajustements comportementaux que nous devons mettre en œuvre pour répondre à ses besoins. Chaque symptôme, chaque perturbation à un sens et nous montre la direction à suivre, les changements à apporter. Une douleur inflammatoire par exemple va nous dire que notre terrain immunitaire est affaibli, ce qui va nous permettre de nous interroger sur le fonctionnement de l’intestin grêle et modifier notre alimentation en conséquence. Développer l’intelligence du corps permet d’atteindre une belle santé, et les actions qu’il nous incite à mener rendent heureux. En effet, selon le neuropsychiatre Mihaly Csikszentmihaly, « le résultat mesurable d’une action simple et naturelle qui sera le fruit d’un petit changement de comportement, et qui entrainera une amélioration de notre état, est une des principales clés du bonheur ».

L’intelligence émotionnelle
La qualité de notre vie et la qualité de notre santé dépendent de la qualité des émotions que nous ressentons au quotidien. Notons de quelle façon notre journée peut être influencée par l’état émotionnel qui s’impose au réveil. Les contraintes, les soucis, les douleurs sont les mêmes que la veille et pourtant, pour différentes raisons, un sourire est solidement attaché à notre visage, nous chantonnons sous la douche, nous osons nous préparer une friandise pour nous faire plaisir. Et nous avons plus d’énergie, nous sommes plus performant, plus agréable pour notre entourage qui, du coup nous le rend bien, nous faisons plus de choses, nous avons plus confiance en nous. Et nous devons bien avouer que nous ressentons moins nos douleurs, nos problèmes de santé. Une observation plus fine nous montre que nous ne sommes pas dans cet état, plus heureux, en meilleur santé, par hasard. Des stratégies plus ou moins conscientes créent nos états émotionnels. Isabelle Fontaine, conférencière et enseignante, explique que « l’intelligence émotionnelle consiste à être capable d’utiliser intelligemment nos émotions afin qu’elles servent notre cause au lieu de nous mettre des bâtons dans les roues ». Nous sommes victimes de nos croyances négatives, qui guident nos réactions, nos pensées et nous empêchent de libérer notre imagination créatrice. Nous sommes enfermés également dans notre éducation et les contraintes sociales qui nous apprennent à craindre nos émotions, à les bloquer, à nous en protéger, nous en éloigner. Mais la réalité est que nous pouvons, en reconnaissant nos stratégies émotionnelles, influencer notre fonctionnement et créer des actions positives qui apportent cet état de bonheur et de santé. Au-delà de l’outil thérapeutique, le quotient émotionnel, selon le psychologue américain Daniel Goleman, va dépasser le quotient intellectuel pour mesurer l’intelligence.

Le plan de santé
Le docteur Simonton, cancérologue-radiothérapeute, est le précurseur du Plan de Santé. Il élabora dans les années 70 un programme thérapeutique permettant à ses patients de participer au rétablissement de leur bonne santé. « Chacun d’entre nous participe activement tant à sa propre bonne santé qu’à ses maladies » (« Guérir envers et contre tout » Ed. Desclée de Brouwer 2000).

Objectifs du Plan de Santé
Acquérir :

  • un véritable programme de réveil de toutes nos ressources énergétiques.
  • les clés du changement de comportement personnel qui accompagne le processus de mieux-être ou de guérison.

Traiter les différents thèmes de fonctionnement pratique, au quotidien, pour être en présence de soi, et dans le respect de soi autant physiquement que mentalement.
Le Plan de Santé propose ainsi d’intégrer à la vie quotidienne des « petits changements » simples, progressifs, qui ne demanderont pas d’efforts importants et qui ne perturberont pas les relations familiales et sociales (médicales si suivi d’un traitement).
Les 6 clés du Plan de Santé sont reliées d’une façon dynamique, dans une vision globale qui renforce l’efficacité et les synergies de ces différents gestes. Le résultat obtenu dépasse largement la somme des efficacités de chaque technique.

  • L’alimentation consciente
  • Les techniques de bien être(*)
  • L’exercice physique
  • Les thérapies manuelles et holistiques : Ostéopathie, Chiro, Ethio, acuponcture, massages traditionnels.
  • Le jeu : pour contacter la joie, la spontanéité, l’enfant intérieur
     - Projets, rêves à réaliser, projections dans le futur

(*) Parmi ces techniques se retrouvent de façon non exhaustives les pratiques d’hygiène de vie proposées en naturopathie, les pratiques d’imagination actives et les images de transformation, les techniques de respiration, les méditations, la rédaction d’un journal intime, l’écriture des rêves et leur interprétation, la lecture, l’écriture.

Une rencontre inévitable

La construction d’une belle santé est le résultat de la synthèse entre la prise de conscience et l’interprétation des messages et des besoins du corps et l’acquisition ainsi que la mise en œuvre du plan de santé. La réalisation de ce projet ne peut se faire que si la personne est prête à changer. L’ostéopathe, en séance individuelle ou en groupe va l’aider à :

  • Améliorer l’intelligence du corps pour rendre possible le changement.
  • Améliorer l’intelligence émotionnelle pour faire face au changement avec force et enthousiasme. Tout en sachant que développer son IE ce n’est pas se couper ou se protéger de nos émotions, bien au contraire.
  • Accueillir les messages du corps.
  • Utiliser l’imagination active pour se rapprocher des besoins profonds.

La séance individuelle est une consultation d’ostéopathie.
La libération du MRP en est la base en ostéopathie crânio-sacrée, elle est complétée, en fonction de la demande, du cas individuel et du bilan différentiel des techniques d’ostéopathie habituelles. L’utilisation de la RSP et des IT se fait si le patient est prêt à développer son intelligence émotionnelle.
Des questionnaires d’évaluation permettent de mettre en évidence les valeurs de référence de la santé globale, du comportement, du Quotient Emotionnel. Mais également évaluer le comportement alimentaire et le sommeil.

Les séances en groupe
Ce sont des ateliers didactiques qui permettent d’échanger sur les 6 items pour construire son propre plan de santé. L’acquisition des outils en est plus efficace. Chacun bénéficie de l’énergie du groupe. De telle sorte que la question commune de la santé entraine une réponse individuelle.
Les mouvements d’éveil corporel ont une place importante dans ces ateliers car ils ouvrent grand les portes d’accès à notre belle santé. Par les différentes méthodes de respiration, par la découverte des possibles de notre corps physique.
Durant cet atelier l’application des méthodes de relaxation, de méditation, d’imagination active sur les grands thèmes archétypaux entraine un profond bien-être et répond aux besoins de mieux se relier à notre intimité. Ces exercices développent cette intelligence émotionnelle et créatrice de notre belle santé. 6 ateliers différents existent actuellement et permettent de développer les items du plan de santé. Ils sont associés à des imaginations créatrices pour rencontrer les principales structures de notre construction psychologique.

À retenir

La formation à l’ostéopathie somato-émotionnelle donne la possibilité à l’ostéopathe d’élever sa pratique dans le champ émotionnel en offrant à son patient l’interprétation des messages de son corps et la rencontre avec les dimensions refoulées de son monde intérieur pour permettre de renforcer les fonctions réparatrices. L’autre volet de cette formation donne les éléments nécessaires pour créer des ateliers de groupe de création du plan de santé qui libère le temps de consultation individuel de la partie didactique.


Eric LOISON, Étiopsychologue, Ostéopathe
L’Étiopsychologie® ou
ostéopathie organo-viscéro-émotionnelle


Cette approche est une « synthèse » thérapeutique entre l’ostéopathie, la médecine chinoise et les différents courants de psychothérapie. L’étiopsychologie vise le travail sur le stress, les arcs réflexes et les conditionnements enregistrés dans nos organes et viscères, qui provoquent ainsi des problèmes comportementaux, psychiques et physiques permanents. L’enseignement de l’étiopsychologie a été initié par Éric LOISON, en 2000.

À tout âge il nous arrive de rencontrer des moments d’harmonie, malheureusement beaucoup trop rarement. Pourquoi retombons-nous dans les mêmes pièges de stress, de peur, d’angoisse, ou de dépendance ? Pourquoi ?! « C’est plus fort que moi ! Je le fais quand même ! C’est comme une drogue ! … » …
Beaucoup de mes patients me posent ce genre de question. Et la raison de cette question est tout simplement parce qu’ils n’ont pas la réponse. Le ressort de notre mal-être ne réside pas seulement dans notre intellect. Il ne tient pas seulement dans la nature de la situation qui fait peur, mais réside pour une grande partie dans une histoire plus profonde se situant au cœur même de nos entrailles, dans notre ventre.
Notre corps nous parle tous les jours. Dans la détente et l’harmonie nos systèmes autonomes respectent la règle du bon fonctionnement de notre physiologie. Mais il suffit juste d’un petit « quelque chose » pour détraquer la machine. Un coup de téléphone désagréable, un rendez-vous qui n’arrive pas, la peur d’un conflit, et c’est le corps qui répond : l’estomac qui se noue, la gorge qui se serre, la sueur qui monte, les jambes qui flageolent, etc. Tout le monde connaît ces stigmates de stress et d’angoisse.
Tout ce tumulte se crée sans notre volonté. Je n’ai jamais encore entendu quelqu’un dire " tiens, je vais m’faire une p’tite boule à l’estomac". La première réaction d’adaptation à un stress vient de notre cerveau reptilien (il gère nos instincts de survie). La deuxième se passe au niveau de notre estomac : il ressemble à un hall de gare aux heures de pointe (la « p’tite boule »). La troisième a lieu dans nos intestins où les 100 millions de neurones stockent les informations.

Le bon côté est que, comme un ordinateur, ce système nerveux a une mémoire. Il s’adapte aux situations pour permettre notre survie. Exemple : si je me trouve à côté d’un précipice, il va déclencher par l’intermédiaire du système sympathique et parasympathique une sensation de vertige. Il me rend conscient d’un danger. Et me sauve la vie. Alors grand merci Monsieur le second cerveau. Le mauvais côté est que, comme un ordinateur, il n’a pas de conscience. Il est capable de dominer notre intellect pour régir nos émotions, il est programmé comme ça et pour ça. Mais quelque fois il agit ou plutôt réagit de façon inappropriée et ceci au détriment de notre santé. Alors ami ou ennemi ? Ami sans aucun doute. L’ennemi va venir de nous même, de notre conscient, ou plutôt de notre inconscience à céder à la facilité. Nous prenons un malin plaisir à ancrer nos croyances restrictives : « Je suis trop vieux pour ça !... Que vont penser les autres !… Ce n’est même pas la peine que j’essaie !… Ce n’est pas de ma faute ! Etc. Plus nous donnons à notre cerveau ventral des informations limitatrices, plus il les accumule en s’auto programmant négativement. Ce fonctionnement va automatiquement aboutir sur un manque de confiance en soi général et chronique.
Prenons un exemple : une porte claque violemment ! Votre réaction ? Vous sursautez bien sûr. Mais que s’est il passé dans votre corps ? Tout d’abord le bruit a été capté par vos oreilles, votre cerveau intellect n’a pas eu le temps de réagir, il a été débordé. C’est le cerveau reptilien qui a pris le relais. Il gère nos instincts de survie. C’est à dire qu’il adapte les rythmes internes des systèmes biologiques à la situation externe captée par les sens. Dans notre cas, l’information du claquement de porte est rentrée tellement vite que tout notre organisme s’est trouvé en désadaptation : une forte poussée d’adrénaline, accompagnée de symptômes néurovégétatifs désagréables tels que le cœur qui part au galop, le souffle coupé, les jambes qui tremblent, etc. Les organes se mettent en compression pour se protéger d’un danger. Après quelques minutes le corps se détend, les systèmes retrouvent peu à peu leurs fonctions normales.
Prenons maintenant un autre exemple : imaginons Jean 5 ans, dans un contexte agressif, quand le père est en train de lui dire "tu seras toujours nul ! " ou " je n’aurai jamais confiance en toi ! " Que peut faire ce genre d’affirmation ? Et bien oui, malheureusement, la même chose que notre claquement de porte, mais en pire.
Cette fois ci, le conscient a eu le temps de traiter l’information. Il a détecté un danger dans les paroles du père ; il fait donc entrer en jeu le cerveau reptilien, qui à son tour envoie des signaux aux organes qui adaptent une les réponses. Ce n’est que par la suite que le mental va prendre le dessus en fonction de l’intensité de la compression organique. Notre ordinateur ventral a enregistré l’impact de l’agression et mémorise la réponse qu’il lui a donnée. Il joue le rôle d’un super excellent amortisseur émotionnel. Tant que l’adaptation du corps peut s’effectuer efficacement et répondre aux agressions extérieures, tout va bien. Mais dans le cas d’une agression trop violente ou trop répétée, notre amortisseur ne joue plus son rôle opérant et déclenche toutes les alertes internes. Il s’emballe ! Il faut comprendre que la communication entre nos deux cerveaux s’effectue par les l’intermédiaire des neuromessagers et ceci de façon bidirectionnelle. Ce qui veut dire que les maux de l’un peuvent affecter l’autre. Petit à petit se crée une cartographie des réactions émotionnelles. Tels événements ou telles situations vont déclencher telles réactions organiques qui à leur tour vont renvoyer un signal d’adaptation à notre cerveau. Ceci permettra la conscientisation mentale et émotionnelle de la situation.
Mais sommes-nous dirigés par notre ventre ? Oui et non. Dans la grande majorité des cas, notre intellect est le plus fort. Ce qui heureusement nous permet de réaliser notre vie à notre guise. Les moments où nous ne sommes plus maîtres, sont ceux où la mémoire organique de l’impact se réveille.
Jean devenu adulte, vit sa vie normalement sauf dans les situations conflictuelles. A chaque fois que Jean se trouve en présence d’une dispute, la mémoire originelle de l’impact est réactivée. Ce réveil traumatisant va automatiquement influencer son état émotionnel ; son comportement sera le même qu’il a vécu à l’âge de 5 ans. C’est ce que l’on appelle un schéma répétitif. Il sentira de l’impuissance et voudra fuir ces situations par tous les moyens.
Avec ce vécu Jean peut avoir comme croyance : « je serai toujours un lâche ! …je fuirai toujours les conflits ! … » ou encore « je manquerai toujours de confiance en moi ! ». Ces croyances peuvent être multiples, d’autant plus qu’elles sont souvent renforcées par les accusations du milieu familial et socioprofessionnel. Les collègues de travail : « tu ne seras jamais un chef », la femme : « tu seras toujours un mou ». Pas facile de s’en sortir seul avec cela. Surtout que dans une très grande majorité des cas, nous sommes complètement inconscients de la relation entre nos croyances restrictives et l’impact d’un traumatisme vécu il y a des années.
Prenons les anorexiques-boulimiques par exemple : le système est le même. Ils savent très bien qu’ils s’autodétruisent et font souffrir leur famille ; pourtant ils continuent, c’est plus fort qu’eux. Dans ces cas extrêmes, l’amortisseur est en alerte perpétuelle. Les croyances émises cognitives sont complètement erronées. Il en va ainsi pour de nombreuses pathologies telles que l’hypertension, la boulimie, l’angoisse ou toute forme de manque de confiance en soi chronique. Notre instinct de survie se croit en énorme danger, il va utiliser le moyen le plus radical pour l’éliminer, neuf fois sur dix au détriment de notre santé. La raison est dépassée, elle n’a plus sa place.

En Etiopsychologie® nous nous efforçons d’établir trois choses :

  1. trouver la croyance la plus destructrice de notre existence
  2. trouver quel a été le vécu du traumatisme originel, le moment précis de l’impact recherché.
  3. changer la mémoire primaire des organes touchés par le biais de la viscérologie.

En quelques séances l’Etiopsychologie® empêche que ces compressions ne perdurent, en redonnant l’espace, la forme et le mouvement originel à chaque organe et viscère en restriction.
Son but est de libérer des émotions et des comportements somatiques inadaptés. Toute personne qui bénéficie de cette technique trouvera rapidement un état plus serein.
L’Etiopsychologie® vous permettra d’aborder les souffrances de vos patients d’une façon différente mais néanmoins très complémentaire à votre activité première. La complémentarité de l’ostéopathie organoviscéro-émotionnelle à la psychologie classique se révèle maintenant de plus en plus évidente. Elle est une technique additionnelle pour enrichir votre pratique et essentielle pour apaiser vos patients.

À retenir

L’Etiopsychologie® est une nouvelle approche d’analyse et de traitement des troubles psychiques.
Elle permet de découvrir dans nos entrailles les causes originelles de nos dysfonctionnements psychiques ainsi que les dysharmonies de nos systèmes vitaux qui en découlent. Elle consiste à aborder et traiter de manière précise les troubles (maladies ou dépressions) liés à un traumatisme vécu conscient ou inconscient inscrit dans les 100 millions de neurones de notre système digestif.


Marie-Pierre LOPEZ , Directrice commerciale
Laboratoire BIOPHENIX Extractions Intégrales
Les émotions négatives ou positives pourraient être conditionnées par un gène, le 5-htt


Le Professeur Philippe GORWOOD, psychiatre et généticien, nous explique que notre aptitude au bonheur serait associée à la longueur d’un gène appelé le 5-HTT (5-Hydroxi-Triptonine-Transporter) transporteur de la Sérotonine.

L’alimentation joue un rôle important dans l’équilibre émotionnel
I) Le 5-HTT (5-Hydroxy-Tryptamine Transporter) est le gène transporteur de la sérotonine. La sérotonine est l’hormone de la bonne humeur, sécrétée par notre cerveau dans les moments agréables. Elle agit comme un euphorisant. Grâce à elle, on se sent bien, actif, en pleine forme. Nous possédons tous le gène 5-HTT qui permet de faire entrer la sérotonine dans nos cellules nerveuses. Mais attention, selon les individus, ce gène existe sous 2 formes différentes. Le Professeur Gorwood nous explique que nous ne sommes pas tous égaux par rapport à ce gène car il y a des gens qui ont une forme « courte » et d’autres qui ont une forme « longue » de 5-HTT. Les formes longues sont plus capables de recapturer la sérotonine tandis que les formes courtes, un peu moins.
En clair, selon la longueur de notre gène 5-HTT, nos cellules nerveuses absorbent plus ou moins de la sérotonine et bien sûr, les individus qui en absorbent beaucoup sont plus enclins que les autres à se sentir bien. Il ajoute que les sujets porteurs de la forme longue sont donc en moyenne un peu moins exposés à réagir à une source de stress, un peu moins sensibles au regard malveillant de l’autre et à des émotions négatives comme la peur, la colère, la tristesse, l’angoisse, le manque de confiance, la sensibilité interpersonnelle. Quand vous possédez la forme longue de 5-HTT, vous avez un peu moins de risques de faire une dépression que les autres personnes.
Pour arriver à cette découverte, les chercheurs sont partis de ce que d’autres scientifiques ont mis en évidence sur le rôle du gène 5-HTT. Comme tous les gènes, il est composé de 2 allèles, l’un hérité du père et l’autre de la mère. Ces allèles se présentent sous 2 versions de longueurs différentes.
2500 Américains ont répondu à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous satisfait de votre vie dans son ensemble ? » avec une échelle de réponses allant de « très insatisfait » à « très satisfait ». (Ce niveau de satisfaction de la vie est un standard dans la littérature sociologique pour évaluer le bonheur, ou le bien-être subjectif, justifie M. De Neve).
En parallèle, ils ont été classés génétiquement, comme porteurs des allèles longs ou courts.
Il en résulte que les individus ayant hérité d’une paire d’allèle « longs » 5-HTT se disent significativement plus satisfaits de leur vie (17 % de plus que les porteurs d’allèles « courts »).
De là à conclure que dans une grande partie de cas (environ 30 % de l’étude) le bonheur de « base » de chaque individu est issue de ces gènes. « Il y a de la marge », conteste Luc Maroteaux, chef d’une équipe de recherche sur la sérotonine à l’Inserm. « La répartition des allèles courts et longs, n’est pas homogène. Chez les Occidentaux, il y a environ 40 % d’allèles courts et 60 % d’allèles longs. Chez les Asiatiques, c’est plutôt 80 % de courts et 20 % de longs. Selon la relation établie par l’étude, on devrait retrouver beaucoup plus de stressés chez les Chinois et les Japonais, or cela ne semble pas être le cas. Il ajoute que le comportement humain est assez complexe pour penser qu’il n’y a pas qu’un seul gène en cause ». Le génome humain contient environ 21 000 gènes, une nuance que concède M. De Neve. L’objectif de l’équipe londonienne a été de réaliser une observation à grande échelle, sur 100 000 individus, dans plusieurs pays. (Étude publiée en mai 2011 dans le Journal of Human Genetics, Jan-Emmanuel De Neve et son Equipe de la London School of Economics and Political Science.

Par ailleurs, le psychiatre viennois Lukas PEZAWAS (Directeur des Urgences du épartement de psychiatrie de l’Hôpital Général de Vienne) confirme dans une étude parue dans Nature Neuroscience, les résultats précédents (les porteurs de l’allèle court souffrent plus fréquemment de dépressions) avec une autre découverte.
Il est apparu que, chez les porteurs de l’allèle court (S-allèle) de 5-HTTLPR, soumis à des situations anxiogènes, les activités de l’amygdale et du cingulum sont « déconnectées ». Au contraire, leurs activités sont corrélées chez les porteurs de version longue, ce qui témoignerait d’un phénomène de rétroaction. L’amygdale, centre des émotions et zone du cerveau primitif, générerait un sentiment d’anxiété en réponse aux stimuli extérieurs, tandis que le cingulum, zone externe du cerveau fronto-temporal, viendrait tempérer ce sentiment, en contrôlant l’activité de l’amygdale. L’absence de modération de l’amygdale permet l’emballement de l’activité de cette dernière, et suscite en conséquence des sentiments d’angoisse incontrôlés, source à la longue de dépressions. En conclusion, cette étude nous apprend en complément que chez les porteurs d’allèle court, les régions limbiques de l’encéphale, essentielles au traitement des émotions négatives, sont moins volumineuses.

II) D’après le Professeur Bruno Giros, (Service Neuro Scientifique de l’Institut Pierre et Marie Curie à Paris) l’expérience étonnante qu’il a menée avec 2 groupes de souris montre que notre comportement est influencé par nos proches, notre environnement. Ainsi la mère souris « calme » se trouve avec des souriceaux « zen » alors que la mère souris « speedy » transmet à ses souriceaux son stress. Inversement, les souriceaux zen mis en présence de la maman speedy deviennent à leur tour agités, idem pour les souriceaux stressés qui se calment avec la mère zen.

III) Le facteur nutritionnel est également important car la mauvaise alimentation, véritable fléau, exerce une destruction lente des neurones résistants avec de nombreux déséquilibres par ailleurs, notamment des troubles du sommeil qui vont amplifier certaines émotions comme la colère quand l’on est fatigués. Il s’agit d’éviter les acides gras « trans » qui rigidifient les membranes cellulaires en général alors que, les échanges intercellulaires neuronaux dépendent d’une fluidité et d’un apport en acides gras polyinsaturés « essentiels », les oméga-3 que nous trouvons dans les algues ainsi que dans les poissons qui s’en nourrissent. D’autres aliments peuvent améliorer le terrain des personnes qui auraient des gènes « courts » 5-HTT car, nous l’avons vu, ils transportent mal la sérotonine. Un des fruits qui excelle en matière de sérotonine naturelle, de L-Tryptophane naturel (précurseur de la sérotonine) et de 5-HTP naturel est la banane. Évidemment, il faudrait consommer quelques régimes de bananes pour avoir une concentration suffisante de ces nutriments. Elle est néanmoins l’aliment le plus intéressant car le L-Tryptophane a besoin de son amidon « résistant » (hydrates de carbone) pour faciliter son absorption au niveau de la barrière hémato-encéphalique, en évitant la compétition du transporteur avec les autres acides aminés qui sont prioritaires dans le transport des protéines ingérées. La banane apporte aussi toutes les vitamines naturelles du groupe B ainsi que les oligo-éléments nécessaires au bon fonctionnement des différentes enzymes dans le cerveau. D’autres aliments comme la tomate, l’épinard, les champignons contiennent une quantité intéressante de sérotonine mais tous les fruits et légumes possèdent un certain apport.
Le cerveau « limbique » gère les émotions, influant sur le fonctionnement de l’amygdale. Par contre, les cellules entéro-chromatofines stockent et synthétisent la sérotonine (90%) dans l’intestin et la libèrent en cas de besoin. Ce « second » cerveau, l’intestin, gère 100 millions de neurones, sécrète au moins 20 neurotransmetteurs identiques à ceux que l’on trouve dans le cerveau limbique, produit 70 à 85 % des cellules immunitaires de l’organisme et héberge 100 milliards de bactéries. Les émotions positives : l’euphorie, la joie, mais surtout celles négatives comme l’indifférence, le dégoût, la tristesse, la férocité, la déception, la gêne, la surprise, le mépris (liste non exhaustive retenue par ma fille qui a parcouru les Mangas) ont un impact sur ces 2 cerveaux en surconsommant le carburant dont ils ont besoin : les nutriments cités ci-dessus. Et ceci parce-que ces émotions incluent fondamentalement un comportement physiologique, des comportements expressifs et une conscience pour aboutir - s’il y a une mauvaise gestion - à un stress, des situations de mal-être, voire des vraies pathologies. On se rend compte ici de toute l’importance d’un intestin en bon état, sachant que les émotions négatives pourront dérégler son bon fonctionnement.
Le stress qui est une réaction de défense comme on le sait, est à l’origine de nombreux troubles de la santé car il entraine au moins 2 phénomènes anti micro-nutritionnels :
 - la chimie d’un terrain « acide » alors qu’un organisme en bonne santé, tend vers un équilibre acido-basique. Là encore, les aliments « basifiants » devraient avoir leur place soit les minéraux comme le Mg, K que nous retrouvons dans beaucoup de fruits et légumes. Le citron par exemple est alcalin contrairement aux idées reçues.
 - Une augmentation des radicaux libres qui augmenteront le travail de la phase I de détoxication hépatique. Là encore, les aliments vitamine C ou des poly-phénols comme le kiwi, le cassis, les oranges etc., ainsi que d’autres acides aminés soufrés qui aideront le foie à se détoxifier, seraient utiles.

À retenir

Nous possédons TOUS le gène 5-HTT qui est le transporteur de la sérotonine, mais il en existe 2 sortes d’allèles : la forme « courte » et la forme « longue ». Les porteurs de la forme longue sont plus aptes de bénéficier d’une bonne recapture de la sérotonine, alors que les formes courtes, un peu moins. De ce fait, ces derniers sont plus enclin à des émotions négatives comme la peur, l’angoisse, la colère mais aussi à la dépression. L’alimentation (surtout fruits et légumes) joue un rôle très important dans la recharge de ce « carburant » nécessaire lié à une carence en sérotonine (gènes courts 5-HTT) mais aussi lié aux conséquences des émotions négatives notamment le stress, avec augmentation de radicaux libres, un déséquilibre acido-basique, un dysfonctionnement de l’intestin intestinal.


Jean-Michel DEMELT
Kinésithérapeute-énergéticien-formateur
Émotions et lésions primaires


Jean-Michel Demelt est kinésithérapeute-énergéticien-formateur et enseigne depuis 15 ans sa propre méthode : la Réharmonisation Energétique, sous l’abrégé RE. Celle-ci attribue une part égale aux étiologies mécaniques, physiques et à ceux d’origine émotionnelle et mentale. Pour lui, le physique et l’émotionnel sont indissociables, interactifs et profondément imbriqués. Il nous livre une part de ses découvertes, en particulier la grille de lecture psychosomatique, adaptée à notre profession d’ostéopathe.

Le cheminement actuel

Notre médecine occidentale est basée sur une vision cartésienne et mécaniste du corps humain. La somatisation est peu prise en compte, et le domaine de l’énergie peu évoqué.
La physique quantique offre le trait d’union entre la matière et l’énergie. Elle nous démontre que chaque particule de matière possède également un champ d’énergie. L’être vivant constitué de particules, ne fait pas exception à cette règle. Son corps physique cohabite avec son champ énergétique vibratoire, qui contient entre autre, les mémoires émotionnelles et mentales. (Réf biblio : 1, 2 et 3)

Les différents niveauxde l’être humain

En RE le corps humain, vu sous son aspect holistique, se présente selon quatre niveaux :

Le Niveau Physique  :

Le corps de matière palpable représente la partie visible de l’être humain. Le travail que propose la RE offre la possibilité d’utiliser simultanément 5 outils pour pratiquer les corrections : les mains, le souffle, l’intention, la visualisation créatrice et l’ancrage du thérapeute. Cette correction manuelle, mais de type énergétique est appelée « correction par expiration assistée ». Elle est enseignée et appliquée dès la première journée de la formation.
Les chocs physiques forment la plupart des lésions primaires relatives à ce niveau. Ils doivent donc être corrigés dans ce plan-là - ce que réalisent la plupart des thérapies manuelles.

Le Niveau Energétique Global :

La médecine chinoise décrit les méridiens d’acuponcture. En RE, toujours par « expiration assistée » et avec les cinq outils nous libérons les grands axes, homolatéraux et croisés, liés à des blocages physiques et énergétiques.
Les lésions primaires imprimées sur ce niveau-là peuvent entraîner des lésions secondaires sur le plan physique.

Le Niveau Emotionnel :

Les émotions sont analysées en partie par le cerveau limbique et parfois fortement ressenties au niveau des plexus et diverses parties du corps.
Mais où sont-elles stockées ?
La mécanique n’a pas de réponse à cette question car les émotions et les sentiments sont par définition de « nature immatérielle. » Ils font partie du champ énergétique, informationnel que le scientifique Emanuel Randsford appelle la « toile suprale. » (Réf biblio : 4)
Un choc émotionnel, qui représente une lésion primaire dans ce plan, peut entrainer des lésions secondaires dans le plan énergétique et des lésions tertiaires, par cascades, au niveau du plan physique.

Le Niveau Mental :
Les pensées forment le champ mental qui est relié au cerveau. Nous créons des images rien que par la pensée, et cette création participe à la réalisation de nos désirs et de nos projets. Il s’agit là du principe de « la loi d’attraction ». La PNL, le coaching, la sophrologie et la RE ont basé leur fondement sur ce processus (réf biblio : 5)
La perturbation d’un schéma mental, par exemple des idées noires, représente ainsi une lésion primaire dans le champ mental, susceptible d’entraîner des lésions en cascades jusque dans le plan physique.
Le schéma suivant décrit la hiérarchie qui existe entre les quatre niveaux. Les flèches qui les relient représentent les différentes cascades possibles du haut vers le bas. Ce modèle est conforme aux données de la physique quantique. Illustration (A)

Comment une émotion peut-elle engendrer une maladie ?

Les émotions se créent à partir des informations sensorielles que nous captons : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher. Lorsqu’elles sont désagréables, le corps réagit par voie neurovégétative, il se met à grimacer, à se rétracter, entraînant des tensions dans l’appareil locomoteur et les viscères.
Sur le plan anatomique les messages nociceptifs transitent par le cerveau limbique où ils sont analysés dans l’inconscient. Du cerveau, ils vont vers les troncs sympathiques et parasympathiques jusque dans les plexus et les ganglions neurovégétatifs d’une manière totalement involontaire.
De là, les influx passant par les rameaux communicants gris peuvent perturber certaines zones de l’appareil locomoteur.
Les influx des nerfs splanchniques peuvent aussi perturber certains viscères-cible. (Réf biblio : 6). Illustration (B)

Ce processus explique en grande partie l’origine des TMS, de la notion de « terrain tendu » chez les personnes stressées et de la psychosomatique en général.

La gestion de l’émotionnel grâce à la grille de lecture de la RE permet de détecter les vécus psychologiques sous-jacents et d’en libérer le corps, sans détours, en allant directement à l’essentiel : « LIBERER LE PASSE pour CONSTRUIRE LE FUTUR » La verbalisation, bien que très utile n’est pas forcément indispensable si le patient n’est pas prêt à cela : « le corps se souvient toujours, même si la tête a oublié »

La grille de lecture propre à la RE

Depuis plus de 20 ans, épaulés par une équipe de thérapeutes pluridisciplinaire et internationale, nous étudions 3 critères chez nos patients :
 - La pathologie physique pour laquelle ils consultent
 - Leur vécu émotionnel
 - La localisation de leurs « points neurovégétatifs » au niveau du thorax.
Chaque « point neurovégétatif » est représenté par une zone du thorax qui est dure et tendue au toucher et plus ou moins douloureuse pour le patient. Il est souvent accompagné par des sensations d’oppression de la poitrine, de boule dans la gorge ou encore de nœuds dans le ventre, qui représentent des sensations subjectives en réaction immédiate au stress.
Il s’agit là de réactions de défenses automatiques et involontaires du système nerveux neurovégétatif face à une agression. Chez certains patients stressés ces états deviennent permanents, allant du simple désagrément à l’impression d’un poignard qui traverse la poitrine jusqu’à une vertèbre dorsale.
L’observation et la comparaison systématique sur des milliers de cas, nous a permis de constater que la localisation de ces points n’est pas le fruit du hasard, mais qu’elle correspond à des lois bien précises et reproductibles.
D’où la mise en place de la grille de lecture psychosomatique spécifique à la RE.

Les règles de la grille de lecture

- La latéralisation
Elle distingue le masculin à droite et le féminin à gauche, comme dans la plupart des psychothérapies modernes.
-La hauteur
Le sternum représente la ligne du temps. Sur la fourchette sternale et les clavicules on trouve l’empreinte des vécus actuels. Plus un point se trouve sur le bas du sternum, plus il correspond à un vécu ancien. Sur l’appendice xiphoïde on retrouve les traces de la vie fœtale.
-Sur les côtes basses
On évoquera, si besoin, les traces des mémoires parentales, du transgénérationnel et plus loin des mémoires collectives du clan, du peuple, de la race. Illustration (C) L’utilisation de cette grille de lecture permet de diagnostiquer, par palpation manuelle du thorax, s’il existe une cause émotionnelle à la lésion corporelle pour laquelle le patient vient consulter.
Dans l’affirmative, (qui représente plus de 70% des cas), elle permet de déterminer « avec qui » s’est passé le problème, « de quelle émotion » il s’agit, et « à quand remonte la première empreinte liée à cette émotion »
Ces vécus sont conscientisés par le patient s’il le souhaite. Dans tous les cas les blocages sont libérés au niveau du corps par la technique de l’expiration assistée.

À retenir

C’est sur le plan de la matière, c’est-à-dire sur le corps physique, que somatisent toutes les lésions primaires des plans décrits.
La RE identifie et travaille, en collaboration avec le patient, sur les plans : physique, énergétique, émotionnel et mental.
L’application de la grille de lecture propre à la RE permet de tester si une lésion ostéopathique possède ou non une origine psychosomatique. Si c’est le cas, elle permet de la gérer en conscience et d’apprendre au patient à dépasser le problème émotionnel pour une libération durable des symptômes et un mieux-être global physique, psychique et mental.
L’efficacité de la correction par la RE réside dans le fait de corriger les lésions primaires dans chacun des plans qui lui est spécifique.
La prise en charge globale des patients par la RE, en complément de l’ostéopathie, représente une démarche passionnante conduisant vers un avenir d’un changement pour le mieux être individuel et collectif.

Références bibliographiques

  1. « L’homme superlumineux » de Régis Dutheil, Ed. Sand

  2. « Un monde de conscience » dePeggy Phoenix Dubro et David Lapierre. Ed. Ariane
  3. « Le pouvoir bénéfique des mains » de B. A. Brenann. Ed. Tchou
  4. « Les racines physiques de l’esprit » deEmmanuel Randsford. Ed. Quintessence.
  5. « Le facteur d’attraction » de Joe Vitale. Ed. Un monde différent
  6. « La psychoneuroimmunologie » de Franscesco Bottacelli. Collection Résurgence

Le Site de l’Ostéopathie remercie Frédéric Zénouda de l’avoir autorisé à publier l’intégralité du n° 2 du Monde de l’Ostéopathie


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