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Influence de l’intention du thérapeute sur les tissus du patient

Christian Bérubé
 
mardi 19 mai 2015 par Christian Bérubé

Influence de l’intention du thérapeute sur les tissus du patient

Christian Bérubé


Christian Bérubé

Prix de thèse Louisa Burns en recherche fondamentale
« Pour améliorer l’efficacité du thérapeute en ostéopathie, on évoque parfois des notions telles que la présence, le centrage, le lâcher prise ainsi que d’autres notions dans cette même veine. Certaines de ces notions font appel à des processus qui se déroulent dans le monde intérieur du thérapeute ; dans son esprit et dans son cœur le plus souvent. La pratique de l’ostéopathie nous montre jusqu’à présent que ces processus intérieurs semblent nous permettre d’accomplir un travail plus profond chez les patients. Cette idée nous semble généralement acceptée par les ostéopathes, mais jusqu’à quel point ces processus internes peuvent-ils favoriser des changements observables ? Cela reste encore indéterminé ».

Thèse présentée au jury international à Montréal - Juin 2008 - Collèges d’études ostéopathiques de Montréal - Directeur de thèse : M. Marc Gauthier DO. - Pré-lecteur : M. André Dansereau DO.

Le Site de l’Ostéopathie remercie Christian Bérubé de l’avoir autorisé à publier sa thèse en ostéopathie


L’auteur

D.O., B.Sc (Hons) Ost., Ostéopathe, Enseignant en ostéopathie, Membre OQ.
Christian Bérubé est diplômé de la première promotion de bacheliers en ostéopathie au Canada, programme validé par l’Université de Wales en Angleterre. Il est aussi lauréat du prix Louisa Burns pour son mémoire de fin d’étude en ostéopathie. Ce travail a été largement diffusé au Québec, en France et en Italie. Ses antécédents d’enseignant jumelés à son intérêt pour la recherche l’ont rapidement mené à s’impliquer dans l’enseignement de la recherche auprès des finissants du Collège d’Études Ostéopathiques de Montréal (CEO). Il dirige et corrige régulièrement des mémoires de fin d’étude en ostéopathie et enrichit son propre bagage avec différentes formations post-graduées. Il lui arrive de faire des conférences afin de faire connaître et comprendre l’ostéopathie.


Hypothèse

L’intention du thérapeute a une influence normalisante à la symphyse sphénobasilaire du patient, à travers une prise classique à quatre doigts, selon des critères de position et/ou motilité et/ou vitalité.


Cristaux d’eau influencée après une prière

Résumé

L’approche en ostéopathie repose sur une multitude de connaissances du corps, sur un travail essentiellement manuel, mais aussi sur un travail qui se fait en esprit. Nous avons donc choisi de nous pencher sur un de ces aspects, c’est-à-dire l’intention du thérapeute. Notre but est de déterminer si l’intention du thérapeute lorsqu’il traite a une influence mesurable sur les tissus du patient, en l’occurrence sur les variables de position, de motilité et de vitalité à la symphyse sphéno-basilaire (SSB).

Pour répondre à cette question et afin de valider les principes que nous avançons dans la revue de littérature, nous avons choisi de procéder à une recherche expérimentale randomisée à double aveugle échelonnée sur une période d’un an et demi. Pour mesurer objectivement les changements que nous allions obtenir, nous avons fait appel à une évaluatrice qui a d’abord dû réussir une épreuve de validation palpatoire compte tenu du fait que sa palpation constituait notre unique outil de mesure. Nous avons ensuite recruté 126 patients qui ont été répartis en deux groupes, un groupe expérimental et un groupe contrôle. Auprès de ces deux groupes, notre approche était la même à l’exception de l’intention véhiculée lors de la correction. Tous les patients étaient rencontrés une seule fois. Lors de cette rencontre, l’évaluatrice complétait une anamnèse et procédait à une évaluation de la SSB des patients. Nous venions par la suite procéder à la correction par intention. En gardant les mains complètement immobiles pendant huit minutes sur la tête du patient, nous projetions une intention normalisante vers la SSB avec le groupe expérimental, alors que nous tentions de réduire autant que possible toute forme de contact avec le patient auprès du groupe contrôle. L’évaluatrice revenait ensuite reprendre les mesures afin de déterminer si des changements s’étaient produits.

L’analyse de nos données nous a montré qu’en procédant ainsi, nous sommes parvenus à avoir une influence normalisante sur nos trois variables auprès des deux groupes. Pour la motilité, l’écart entre nos deux groupes nous permet d’affirmer que nous avons eu une influence normalisante suffisante pour parler de résultats statistiquement significatifs. Pour les variables de vitalité et de position, nous avons pu observer auprès du groupe expérimental des tendances favorables qui allaient dans les sens de nos suppositions, c’est-à-dire que l’intention du thérapeute a une influence normalisante sur les tissus du patient. La grandeur de l’effet que nous avons eu sur nos variables correspond à ce qui est généralement mentionné dans la littérature. Nous avons de plus eu la surprise de voir notre évaluatrice être en mesure de distinguer les patients traités des patients non traités aussitôt qu’elle les touchait. En considérant nos données en fonction de cette perception de l’évaluatrice, nous obtenons des écarts statistiquement significatifs pour nos trois variables.

Ces résultats confirment notre hypothèse et démontrent une influence mesurable réelle de l’intention d’un individu envers un autre. Ainsi, par notre pensée, nous pouvons entraîner des changements observables dans la physiologie d’une autre personne.

Nous avons ici appliqué notre expérimentation sur une articulation crânienne, mais toutes les informations que nous avons recueillies permettent de penser que ce phénomène peut être transposé à l’être humain dans son ensemble. La littérature démontre que notre intention peut aussi avoir une influence sur l’ensemble du monde qui nous entoure. Toutes ces informations nous permettent donc d’envisager que les limites de notre esprit déterminent, dans une certaine mesure, les limites de notre champ d’action.


Abstract

The osteopathic approach is based on the knowledge of the human body at multiple levels, on work that is essentially manual, but also on work that is the product of the mind. We have therefore chosen to consider one of these aspects, namely the intent of the practitioner. Our goal is to determine whether the intent that the practitioner brings to a treatment has a measurable impact on the bodily tissues of the patient, and specifically on the position, motility and vitality of the sphenobasilar symphysis (SBS).

In order to make this determination and to validate the principles arising from our literature review, we chose to proceed by way of a random, double blind clinical trial, which we ran progressively over a period of a year and a half. For an objective measurement of the changes that we would generate, we called upon an evaluator who was first required to pass a test validating her palpation skills, as her palpation would constitute our sole means of measurement. We then recruited 126 patients who were divided into two groups, one experimental group and one control group. With each of the two groups, our approach was the same, with the exception of the intent that was brought into play during the correction process. There was a single meeting with every one of the patients. During this meeting with each patient, the evaluator conducted an anamnesis and then proceeded with an evaluation of the SBS. We then followed on with our intent-driven correction process. With the experimental group, we held our hands completely still for a period of eight minutes on the head of each patient and projected a normalizing intent onto the SBS. With the control group, however, we tried to all extents possible to minimize any form of contact with the patient. The evaluator would then return to take measurements in order to determine whether any changes had occurred.

Our data analysis showed that, by proceeding in this way, we managed to have a normalizing influence on our three variables within both groups. The deviation between the two groups with respect to the motility factor was such as to enable us to claim that we had had a sufficiently normalizing influence to be able to speak of statistically significant results. As for the vitality and position variables, we were able to note favorable trends within the experimental group, which supported our hypothesis, namely that the practitioner’s intent has a normalizing effect on the bodily tissues of the patient. The effect size measured with respect to our variables corresponds to what generally appears in the literature. Furthermore, we were surprised to note that our evaluator was able to distinguish between those patients who had been treated and those who had not as soon as she touched them. In assessing our data according to the perceptions of the evaluator, we obtained statistically significant deviations for our three variables.

These outcomes confirm our hypothesis and demonstrate the actual, measurable impact of the intention that an individual brings to bear upon another. Thus, using our thoughts, we can bring about observable changes in the physiology of another person.

In this case, our experiments applied to a cranial articulation. Nevertheless, the corpus of data that we gathered entitles us to believe that this phenomenon can be transposed to the whole of the human being. The literature demonstrates that our intent can also impact globally on the world around us. All of this information gives us the latitude to believe that it is the boundaries of our mind, which - to a certain extent — establish the boundaries of our field of action.


  • Thèse de Christian Bérubé
Thèse de Christian Bérubé"
Influence de l’intention du thérapeute sur les tissus du patient

Introduction

Pour améliorer l’efficacité du thérapeute en ostéopathie, on évoque parfois des notions telles que la présence, le centrage, le lâcher prise ainsi que d’autres notions dans cette même veine. Certaines de ces notions font appel à des processus qui se déroulent dans le monde intérieur du thérapeute ; dans son esprit et dans son cœur le plus souvent. La pratique de l’ostéopathie nous montre jusqu’à présent que ces processus intérieurs semblent nous permettre d’accomplir un travail plus profond chez les patients. Cette idée nous semble généralement acceptée par les ostéopathes, mais jusqu’à quel point ces processus internes peuvent-ils favoriser des changements observables ? Cela reste encore indéterminé.

À travers notre exploration de ces phénomènes, nous avons remarqué qu’un concept constitue la pierre angulaire : la conscience. Quoique celle-ci fasse de plus en plus l’objet d’études et d’explorations, ce sujet paraît être encore trop vaste et trop profond pour être bien compris. Nous avons par contre observé que l’intention semblait être un des outils majeurs qui permet de diriger la conscience. Cette influence de l’intention et du monde intérieur du thérapeute est souvent prise pour acquis alors que peu de choses sont connues ou mesurées en ce sens. Dans ce contexte, il devient donc intéressant de nous pencher sur ce phénomène en tentant de voir si l’intention du thérapeute a des effets sur les tissus du patient, de déterminer si l’intention a une influence suffisamment grande pour être observée, mesurée, aussi de comprendre les mécanismes qui permettent ce phénomène et de saisir les facteurs qui permettraient d’optimiser ce recours à l’intention.

Il faut bien comprendre que nous nous intéressons à l’intention comme facteur sous-jacent à un travail de manipulations ostéopathiques, non pas à une approche basée uniquement sur le travail par intention. Cependant pour bien mesurer ce facteur d’intention, il nous faut l’isoler, c’est-à-dire que nous devrons procéder à une expérimentation sans recourir à des manipulations ostéopathiques.

Cette étude trouve son intérêt sur plusieurs aspects. D’abord elle correspond au travail qui est fait tous les jours par tous les ostéopathes avec tous leurs patients. Aussitôt que nous sommes en contact avec nos patients, des processus mentaux s’activent en nous. Nous verrons donc si le fait d’orienter intentionnellement ces processus vers un but thérapeutique est réellement bénéfique. Ensuite cette étude permet de comprendre certains mécanismes de l’intention, mais du même coup, de comprendre que ces mêmes mécanismes peuvent expliquer d’autres phénomènes que nous expérimentons parfois en ostéopathie et dans la vie, entre autres la perception à distance, l’intuition ou les sensations corporelles que nous avons parfois en traitant et qui correspondent aux inconforts des patients. Finalement, nous croyons qu’en démystifiant l’intention et quelques autres phénomènes, nous permettrons au lecteur d’intégrer ces notions pour qu’il puisse ensuite les expérimenter consciemment et les approfondir par lui-même.

Nous proposons donc ici une revue de littérature à la fois large et en profondeur qui non seulement rapporte les expériences connexes à notre étude, mais aussi celle-ci approfondit les mécanismes sous-jacents de l’intention. L’analyse et l’interprétation des résultats de notre expérimentation ainsi que les propos soulevés dans la discussion permettent, quant à eux, d’observer ce qui résulte d’une application de ces mécanismes dans un cadre ostéopathique.


Tables des Matières

DÉDICACE
DIRECTEURDE THÈSE
PRÉ-LECTEUR
REMERCIEMENTS
HYPOTHÈSE
RÉSUMÉ
ABSTRACT
TABLE DES MATIÈRES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES GRAPHIQUES
LISTE DES FIGURES
INTRODUCTION
REVUE DE LITTÉRATURE
1ère PARTIE - Principes sous-jacents à l’intention
 2.2 Définition de l’intention
 2.3 Types d’intentions
 2.4 Principes sous-jacents
 2.5 Rapports à l’anatomie
2e PARTIE - Études sur l’intention
 2.6 Études sur l’intention
 2.7 Méta-analyse Jonas-Crawford
 2.8 Études sur l’intention en ostéopathie
 2.9 William Tiller
 2.10 William Braud
 2.12 Autres études
3e PARTIE - Moyens d’optimiser l’intention
 2.13 Peu importe la méthode utilisée
 2.14 Influence du thérapeute
 2.15 Effet mouton-chèvre
 2.16 Mode d’utilisation de l’intention
 2.16.2 Dispositions personnelles à favoriser
 2.17 Que faire de l’esprit
MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
 3.1 Type d’expérimentation
 3.2 Population cible
 3.3 Définition des variables dépendantes et indépendantes
 3.4 Matériel et instrument de mesures
 3.5 Méthode de collecte des données
 3.6 Déroulement de l’expérimentation
 3.7 Biais
 3.7 Considérations éthiques
 3.9 Rétribution
ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
 4.1 Introduction
 4.2 Statistiques descriptives
 4.3 Statistiques inférentielles
 4.4 Constatations et émergences
DISCUSSION DES RÉSULTATS
 5.1 Rappel de notre étude
 5.2 Revue de littérature
 5.3 Expérimentation
 5.4 Analyse
 5.5 Considérations importantes
 5.6 Autocritique et recommandations
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES GRAPHIQUES
LISTE DES FIGURES


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