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Les membranes de tension réciproque

Nicolas SPALLACCI - IFOGA Juin 2015
 
samedi 1er août 2015 par Nicolas SPALLACCI

Les membranes de tension réciproque - Technique de compression occipitale - Technique des tissus veineux

Nicolas SPALLACCI - IFOGA Juin 2015


Les membranes de tension réciproque

Extrait du mémoire de Nicolas SPALLACCI - Membranes de tension réciproque et migraines chroniques : Retentissements d’un traitement ostéopathique des membranes de tension réciproque sur les migraines chroniques - IFOGA Juin 2015 - Tutrice de mémoire : FESSON Pascale, Ostéopathe D.O

Le Site de l’Ostéopathie remercie Nicolas Spallacci et l’Institut de Formation en Ostéopathie du Grand Avignon de l’avoir autorisé à publier ce mémoire 

Ce terme est apparu pour la première fois au milieu du XVIIIe siècle dans un traité écrit par Emanuel Swendenborg puis traduit et publié en 1882 par Rudolf Tafel :

Fig. 1 – Principaux sinus veineux crâniens, d’après NETTER F.H. (7)

« Je me rappelle très bien une difficulté particulière. Elle concernait la faux du cerveau et la tente du cervelet fonctionnant comme des agencements coopératifs d’équilibre dans le mécanisme délicat et complexe de la mobilité articulaire membraneuse crânienne. [...] Après d’innombrables discussions épistolaires, nous décidâmes finalement d’utiliser le terme de membrane de tension réciproque » (6)

Formées par des replis dure-mériens, ces membranes participent au mouvement unitaire du MRP en agissant comme des agents de tension réciproque et limitent l’amplitude normale de la mobilité articulaire : le fait qu’elles constituent un lien entre les différentes structures osseuses leur confère un rôle fondamental dans ce MRP. Le terme « membranes de tension réciproque » décrit donc la relation existant entre le fonctionnement des membranes intracrâniennes et les articulations du crâne ainsi que les membranes rachidiennes au niveau de l’axe colonne vertébrale – sacrum – coccyx. Chacune de ces membranes a une insertion osseuse sur les deux lèvres d’une gouttière qui formera un sinus veineux crânien.

Fig. 2 – Membranes de tension réciproque, d’après DEFRANCE de TERSANT C. (8)

Les MTR sont également en rapport anatomo-physiologique avec le système vasculaire et la dynamique du LCR. Lorsque les faux sont tendues, cela implique que les tentes sont relâchées : c’est pour cela que l’on emploie le terme de « réciprocité de tension » de ces membranes. Elles sont génératrices de mouvements de contraction/dilatation de part la composition de leurs fibres, dont 25% sont élastiques.

L’un des principaux rôles de ces MTR est la gestion, mais surtout, l’accommodation du mouvement provenant du LCR ou de l’environnement extérieur. Elles assurent et accompagnent le contrôle du mécanisme osseux, en limitant la mobilité des os du crâne comme facteur de tension réciproque et sont en permanence sous tension : elles permettent la continuité de haut en bas et de bas en haut.

Au niveau crânien, on considère :

- la faux du cerveau ou falx cerebri,
- la tente du cervelet ou tentorium cerebelli,
- la faux du cervelet ou falx cerebelli,
- la tente de l’hypophyse.


1.1. La dure-mère

D’origine embryonnaire mésoblastique, cette membrane fibreuse épaisse (0,3 mm), résistante et tendue du crâne au sacrum, est la plus superficielle des trois méninges. On décrit deux dure-mères : crânienne et rachidienne. Elle est composée de deux feuillets au niveau crânien : le feuillet externe servant de périoste interne aux os du crâne et le feuillet interne formant, dans la cavité crânienne, plusieurs replis. Ils soutiennent les différentes parties du cerveau en contact avec l’arachnoïde, se continuent avec la dure-mère rachidienne en passant par le foramen magnum. Entre les feuillets, on retrouve des sinus veineux, de nombreux vaisseaux méningés et les nerfs innervant les méninges.

Au niveau rachidien, elle forme un tube creux plus petit que le canal vertébral et plus grand que la moelle spinale qui flotte en son centre. Elle est formée par la continuation du feuillet interne crânien qui prend des attaches très solides au niveau du pourtour du foramen magnum ainsi que sur la partie postérieure des corps vertébraux de l’atlas et de l’axis, pour se terminer dans le canal sacré au niveau de S2 et du coccyx par l’intermédiaire du filum terminale.

Fig. 3 – Dure-mère crânienne et sinus de la dure-mère crânienne, d’après SOBOTTA J. (10)

La dure-mère donne des expansions latérales à chaque racine des nerfs spinaux participant à la constitution de l’épinèvre des nerfs spinaux. Les deux feuillets, qui sont innervés par le sympathique issu du plexus carotidien (ganglion cervical supérieur) et les premier et second nerfs cervicaux, vont se séparer pour former les sinus veineux du crâne ainsi que les cloisons dure-mériennes. Elle bénéficie d’une innervation riche assurée principalement par des terminaisons libres : le nerf nasal, qui est une branche du nerf ophtalmique de Willis, donne des filets ethmoïdaux pour l’étage antérieur et l’étage moyen est innervé par les trois branches sensitives du nerf trijumeau (V). Enfin, l’étage postérieur est quant à lui innervé par des branches méningées des nerfs pneumogastriques (X) issues du ganglion supérieur et pénétrant dans le crâne par le foramen jugulaire, ainsi que par des nerfs cervicaux supérieurs dont les branches empruntent le canal hypoglosse.

Sutherland met l’accent sur le rôle mécanique de la dure-mère, pas seulement comme transmetteur des forces résultant de la mobilité cérébrale, mais également comme transmetteur de ces forces pour réguler le mouvement résultant des os crâniens lorsqu’il dit :

« Les articulations crâniennes ont une mobilité involontaire et n’utilisent pas d’agencement musculaire intermédiaire. Pourtant, elles possèdent un tissu membranaire intracrânien spécial qui ne sert pas uniquement d’intermédiaire mais qui fonctionne également comme un agent de tension réciproque limitant l’amplitude normale de la mobilité articulaire. Cet agencement fonctionne par l’intermédiaire de la faux du cerveau et de la tente du cervelet provoquant le mouvement dans les articulations, et régulant ou limitant simultanément l’amplitude normale de la mobilité articulaire. [...] En conséquence, le terme membrane de tension réciproque est choisi en analogie avec le tissu membranaire intracrânien fonctionnant avec les articulations du crâne » (9)

1.1.1. La faux du cerveau

Fig. 4 – Veines de la fosse crânienne postérieure, d’après NETTER F.H. (11)

Rattachée à la ligne médiane au niveau des sutures sagittale et métopique, cette membrane, en forme de faucille, s’étend du trou borgne (fronto-ethmoïdal) et de la crista galli de l’ethmoïde jusqu’à la partie supérieure de la tente du cervelet avec laquelle elle fusionne au niveau de la protubérance occipitale interne. C’est une cloison impaire et sagittale s’insinuant entre les deux hémisphères cérébraux au niveau de la scissure inter-hémisphérique. Elle présente deux bords, un sommet antérieur et une base postérieure oblique en bas et en arrière dans laquelle circule le sinus droit.

Son bord supérieur contient le sinus longitudinal supérieur et son bord inférieur, qui est en étroite relation avec la face supérieure du corps calleux, contient le sinus longitudinal inférieur.

En termes de biomécanique, lors de la contraction à la périphérie supérieure des deux hémisphères cérébraux, la lumière des sinus veineux va augmenter et la faux du cerveau va se mouvoir dans le sens antéro-postérieur.

1.1.2. La tente du cervelet

Elle sépare le cerveau du cervelet et est constituée de deux parties :

Fig. 5 – Veines profondes du cerveau, dissection (vue supérieure), d’après NETTER F.H. (11)

- la grande circonférence, dont l’origine se fait sur la protubérance occipitale interne, se dédouble dans son trajet pour former le sinus latéral puis s’insère sur le bord supérieur du rocher du temporal : à ce niveau, elle entoure le sinus pétreux supérieur. Elle passe ensuite en pont sur l’incisure du trijumeau pour finir sur les processus clinoïdes postérieurs du sphénoïde.
- la petite circonférence, d’origine centrale et antérieure, constitue le bord libre de la tente. Elle croise la face supérieure de la grande circonférence puis abandonne un feuillet latéral formant la paroi externe du sinus caverneux et se termine sur les processus clinoïdes antérieurs du sphénoïde. La tente du cervelet participe également à la formation du sinus droit.

Lors de la contraction des cellules de la névroglie, elle va se tendre et s’horizontaliser car les hémisphères cérébraux se dilatent latéralement, ce qui va entraîner une traction de la dure-mère et donc faire monter la base du sacrum en haut et en arrière par l’intermédiaire du manchon intra-spinal.

1.1.3. La faux du cervelet

Fig. 6 – Membranes de tension réciproque et principaux vaisseaux intra-crâniens, d’après SOBOTTA J. (12)

Située dans un plan sagittal médian, c’est un repli de la dure-mère séparant les deux hémisphères du cervelet au niveau de la fosse postérieure du crâne. Elle s’attache par sa base en haut à la tente du cervelet, sur la crête occipitale interne de l’occiput, de l’éminence cruciforme jusqu’au foramen magnum. Elles participent ainsi à la formation du sinus droit.
Son sommet, inférieur et bifurqué, rejoint les deux côtés du foramen magnum ainsi que l’Opisthion, grâce auquel la faux du cervelet est en connexion avec les membranes rachidiennes. Son bord postérieur est relié à la dure-mère qui recouvre l’occiput, formant le sinus occipital postérieur, tandis que son bord antérieur est libre et en rapport avec le vermis du cervelet.

Il existe un point très précis au niveau endocrânien qui est une clé du fonctionnement synergique des différents replis dure-mériens.

Fig. 7 – Mouvement des membranes de tension réciproque en flexion, d’après DEFRANCE de TERSANT C. (8)

« Au sein du neurocrâne, la dure-mère forme trois dédoublements : la faux du cerveau, la tente du cervelet et la faux du cervelet. Une caractéristique importante de cet agencement, est la jonction de la faux du cerveau avec la tente du cervelet à la hauteur du sinus droit, ce qui forme un point d’appui à l’endroit où la faux et les deux moitiés de la tente deviennent trois faucilles en fonctionnement mobile. Ce point de jonction porte le nom de « fulcrum de Sutherland » (13),

comme l’ont nommé les élèves de W. G. SUTHERLAND. On peut l’apercevoir sur le schéma suivant :

Ce véritable point d’appui possède des propriétés qui sont expliquées par W. G. SUTHERLAND :

« En termes de fonction mécanique, le mécanisme articulaire membraneux du crâne est mobilisé et régulé par le point d’appui anatomique, suspendu et glissant de la membrane de tension réciproque, localisé dans la zone du sinus droit, là où la faux s’unit à la tente. » (14)

1.1.4. La tente de l’hypophyse

Également appelée diaphragme sellaire, c’est une petite lame quadrilatère tendue entre les quatre processus clinoïdes et couvrant la fosse hypophysaire au niveau de la selle turcique du sphénoïde. Son bord antérieur s’insère au niveau de la lèvre postérieure du sillon chiasmatique et son bord postérieur se fixe sur le bord supérieur du dorsum sellæ (dorsum de la selle turcique).
Les bords latéraux se fixent aux ligaments interclinoïdiens tendus d’un processus clinoïde antérieur au processus clinoïde postérieur correspondant et se prolongent latéralement pour former le toit du sinus caverneux. Elle présente, en son centre, un orifice dans lequel passe l’infundibulum (ou tige pituitaire) connectant l’hypophyse au cerveau, accompagné du système artério-veineux. tab L’arachnoïde


1.2. L’arachnoïde

C’est une membrane conjonctive fine et fragile, accolée mais non adhérente à la face profonde de la dure-mère et formant une paroi imperméable sur toute la surface du cerveau. Elle peut être divisée en deux couches : la face externe ou pariétale recouvrant toute la surface profonde de la dure-mère et la face interne qui passe en pont sur les reliefs du tissu nerveux recouvert de pie-mère. Au niveau cérébral, l’arachnoïde ne pénètre pas avec la pie-mère dans les sillons et fissures du cerveau, à l’exception de la fissure longitudinale qui sépare les deux hémisphères : elle se termine au niveau de S2.

1.2.1. L’espace sus-arachnoïdien

C’est un espace délimité entre la couche profonde de la dure-mère et l’arachnoïde. Il est virtuel et seulement traversé par les veines cérébrales allant se drainer dans les sinus veineux. Il n’est pas physiologique au niveau crânien du fait de l’adhérence intime entre les deux couches. En revanche, au niveau du canal rachidien, il est rempli de tissus fibreux et adipeux qui forment des zones de glissements.

1.2.2. L’espace sous-arachnoïdien

Fig. 8 – Coupe frontale crânienne au niveau pariétal représentant les différentes couches méningées, d’après (15)

Cet espace liquidien compris entre l’arachnoïde et la pie-mère est une zone de nutrition corticale : il est traversé et compartimenté jusqu’à la pie-mère, à la surface du cortex cérébral, par de fines travées de collagène formant la face interne de l’arachnoïde. Il présente des volumes différents du fait de l’inégalité de la surface du cerveau et entoure tout le SNC. Le LCR circule librement dans ce réseau ininterrompu qui est traversé par des artères, des veines et des nerfs allant de l’arachnoïde à la pie-mère. Ainsi, il n’y a aucune communication entre le LCR de l’espace sous-arachnoïdien et les espaces péri-vasculaires du cerveau.


1.3. La pie-mère

Du latin pia mater, « tendre matrice », c’est une fine membrane très fragile de tissu conjonctif vascularisé tapissant la surface externe du SNC et suivant les contours du cerveau.

1.3.1. La pie-mère spinale

Au niveau médullaire, elle forme le feuillet interne des nerfs rachidiens. Latéralement, elle envoie des filets (ligaments dentelés) qui traversent l’arachnoïde et viennent s’unir à la dure-mère, maintenant la moelle spinale au centre de l’espace sous-arachnoïdien : elle se termine par le filum terminale.

1.3.2. La pie-mère crânienne

Richement vascularisée par un réseau artériel et veineux, cette membrane est adhérente jusqu’à l’intérieur des scissures cérébrales. Elle forme les plexus choroïdes, responsables de la sécrétion du liquide céphalo-rachidien, ainsi que les 3e et 4e ventricules : c’est la membrane nourricière du SNC. Elle joue un rôle d’interface régulant entre l’arachnoïde et la couche superficielle du cortex.

Pour comprendre le choix des différentes techniques utilisées dans le protocole, il est essentiel d’évoquer la notion d’axe crânio-sacré telle que la décrivent A. CHANTEPIE et J.-F. PEROT :

« L’inextensibilité de la dure-mère implique que tout mouvement induit au niveau du crâne et de la charnière crânio-cervicale se répercute sur la mobilité du sacrum et réciproquement. Ainsi, il existe une liaison anatomophysiologique et biomécanique entre le crâne et le pelvis qui représente l’axe crânio-sacré. » (16)

De plus, nous savons que lors d’une dysfonction de MTR, elles réagissent par rétraction. Le mécanisme crânio-sacré induit donc la notion d’unité fonctionnelle entre la base du crâne, la colonne vertébrale et le sacrum.

Ce mécanisme crânio-sacré, encore appelé « Mécanisme Respiratoire Primaire », fonctionne grâce à cinq composants qui sont :

- la mobilité des membranes de tension réciproque,
- la motilité du système nerveux central,
- la mobilité osseuse des os du crâne,
- la fluctuation du liquide céphalo-rachidien,
- la mobilité involontaire du sacrum entre les iliaques.

La dure mère est fixée aux premières vertèbres cervicales et sans autre attache ferme, elle va se fixer directement au sacrum. On comprend donc aisément que toute traction à une extrémité influence directement l’autre extrémité. Or, le trou occipital monte et descend avec des flexions/extensions de la SSB. La dure mère accrochée au trou occipital, transmet donc ce mouvement au sacrum sans intermédiaire. Ce mouvement involontaire, tout à fait distinct des mouvements volontaires de cette région, fait partie de ce mécanisme et il est toujours impliqué lorsqu’on parle de « mouvement crânien ».

De plus, la dure-mère est constituée de fibres qui s’organisent selon la tension subie : c’est à dire que lorsqu’intervient un traumatisme, quel qu’il soit ou une adaptation à un point d’appui plus ou moins marqué, les fibres se réorganisent et créent des déséquilibres de tensions. La normalisation de cette dure mère est nécessaire pour favoriser un retour à l’état normal de tension et permettre un développement harmonieux du SNC.


Références bibliographiques

6 JORDAN T. Swedenborg’s influence on Sutherland’s Primary Respiratory Mechanism’model in cranial osteopathy, Volume 12. Éditions Elsevier ; 2009. 100–105 p.
7
8 DEFRANCE de TERSANT C. Les sinus veineux du crâne, une clé des migraines. Avignon : éditions de Verlaque/Eurostéo ; 1993. 155 p.
9 Influence de Swedenborg sur le modele du MRP
10 SOBOTTA. Atlas d’anatomie humaine. Tête, cou, membre supérieur. Tome 1. 21ème édition, 4ème édition française. Tours : Éditions médicales internationales, techniques et documentation ; 2000. 428 p.
11 NETTER F.H. Atlas d’anatomie humaine. Section I : Tête et cou. 2ème édition. Éditions Maloine ; 1999. 575 p.
12 SOBOTTA J. Atlas and Textbook of Human Anatomy Volume III : Vascular System, Lymphatic System, Nervous System and Sense Organs. Philadelphia & London : W.B. Saunders Company ; 1907. 342 p.
13 BECKER, ROLLIN, Life in motion : The Osteopathic Vision of Rollin Becker, op. cit., 129 p.
14 http://osteoroudenko.files.wordpress.com/2014/03/mecc81moire_fulcrum.pdf (page non trouvée) – 15/12/2014.
15 http://cmapspublic3.ihmc.us/rid=1KVYKZZJF-1RRKHQN-1ZV/estructuras%20protectoras%20del%20SNC.cmap.cmap (Copyright © The McGraw-Hill Companies, Inc.) – 20/01/2015.
16 CHANTEPIE A, PEROT J-F. Cahiers d’ostéopathie : Traitement ostéopathique des lombosciatalgies. Paris : Maloine ; 2011. 269 p.


Les membranes de tension réciproque (2)

Clémence de LONGEVIALLE - L’Ostéopathie au service du vieillissement réussi - Annexe 9 - Les membranes de tension réciproque
Mémoire rédigé et soutenu à Nanterre le 26 juin 2015 en vue de l’obtention du diplôme d’ostéopathie - Conservatoire Supérieur d’Ostéopathie (Paris) - Maître de mémoire : Arnaud Chatégner-Dupré, DO.

Le relâchement des membranes intracrâniennes ne peut être effectué que si les sutures, le long desquelles se font les insertions, sont libres.

Le patient est en décubitus dorsal, bras relâchés le long du corps ; l’ostéopathe est assis à sa tête.

Libération antéropostérieure du système vertical (faux du cerveau et du cervelet)

- Dispersion de l’os frontal  : poser les 4 doigts de chaque main sur les hémi-frontaux, index parallèles de part et d’autre de la suture métopique, pouces croisés en arrière. Par une pression très légère en direction postérieure, chercher à raccourcir le diamètre antéropostérieur des deux faux, et diminuer leur tension. Attendre un relâchement (soupir du patient, sensation d’expansion facile et régulière des faux, « volonté » du frontal de retourner en rotation interne)
- Soulèvement de l’os frontal  : croiser les doigts, poser les coudes sur la table de part et d’autre de la tête du patient, et agripper avec les paumes de mains l’arrière des bords des lignes temporales de l’os frontal. Appliquer avec les paumes une légère pression médiale, en ajoutant éventuellement une traction douce crâniale (désengagement du frontal par rapport à l’éthmoïde) ou antérieure (désengagement sutural par rapport au sphénoïde).

Libération crânio-caudale du système vertical

- Dispersion de l’os pariétal  : les doigts sont positionnés sur les pariétaux, au-dessus des sutures pariéto-squameuses droite et gauche ; les pouces se croisent de telle sorte qu’ils s’appuient sur l’os pariétal controlatéral. Les pouces administrent une pression caudale douce sur les pariétaux afin de diminuer les tensions membranaires verticales. Cette manoeuvre améliore le drainage des sinus sagittaux supérieur et inférieur, ainsi que la circulation dans l’espace subarachnoïdien et les ventricules latéraux.
- Soulèvement de l’os pariétal  : la prise de main est identique, sauf que les pouces ne se croisent pas et se positionnent le long de la suture sagittale. Imprimer une pression médiale douce au bord inférieur des os pariétaux, sans se confronter aux limites du mouvement. Une fois les pariétaux libérés de leur lien temporal, exercer une traction céphalique douce et attendre un relâchement.

Libération antéropostérieure du système horizontal (tente du cervelet)

- Compression de la SSB  : placer les pouces sur les grandes ailes du sphénoïde, et les doigts IV et V au contact des faces latérales de l’occiput. Synchroniser les mains avec le MRP. Avec les pouces, accompagner le sphénoïde postérieurement en direction de l’occiput. Focaliser son attention sur la tente. Attention de ne pas comprimer au point d’inhiber les forces hémodynamiques ! Cette technique dure environ 30 secondes.
- Décompression de la SSB  : le positionnement des mains est le même. Les pouces tractent le sphénoïde antérieurement, en douceur.

Libération transversale de la tente du cervelet

- Rotation interne (RI) de l’os temporal  : place les éminences thénar des deux côtés le long des mastoïdes, les pouces reposant sur les apex mastoïdiens. Entrainer les temporaux en RI par une pression postéro-médiale des éminences thénar. Ceci réduit la tension de la tente du cervelet.
- Traction de l’oreille  : afin d’étirer en douceur la tente du cervelet, il est possible d’emmener les temporaux en rotation externe, par le mouvement inverse à celui de la RI, ou bien en tractant les oreilles en direction postéro-latérale et vers soi-même. On peut s’aider de la respiration du patient. Attendre que la membrane achève de se dérouler

Libération de la dure-mère extra-crânienne

- Traction du fourreau dural à son extrémité crânienne  : tracter la tête crânialement, par une prise sous-occipitale. Essayer de ressentir le niveau éventuel rachidien où la DM est en tension. Maintenir une traction douce afin d’obtenir un relâchement.
- Traction du fourreau dural à son extrémité caudale  : assis à côté du patient, placer une main sous son sacrum, et effectuer une traction caudale douce jusqu’à obtenir un relâchement. Il est souvent nécessaire de corriger les dysfonctions rachidiennes avant de traiter avec succès les anomalies de tension du fourreau dural.
- Balancement du fourreau dural  : une main au crâne, l’autre au sacrum, synchroniser le mouvement de l’occiput et du sacrum dans leur physiologie de flexion-extension. Ne pas hésiter à induire, puis encourager cette balance crânio-sacré.

Remarque : toutes les techniques de compression suturale ont l’avantage de stimuler les relations entre les sutures et les plexus choroïdes, ce qui majore la production de LCR et renforce le MRP.

  • Source : LIEM, Torsten. Ostéopathie crânienne, manuel pratique. Éditions Maloine, p.501-514

Technique de compression occipitale

Clémence de LONGEVIALLE - L’Ostéopathie au service du vieillissement réussi - Annexe 7 : Technique de compression occipitale
Mémoire rédigé et soutenu à Nanterre le 26 juin 2015 en vue de l’obtention du diplôme d’ostéopathie - Conservatoire Supérieur d’Ostéopathie (Paris) - Maître de mémoire : Arnaud Chatégner-Dupré, DO.

Cette manœuvre, dont la durée est évaluée entre 7 et 14 minutes, requiert de la part du patient et du praticien un calme absolu.

Source de l’image
UPLEDGER, John E., VREDEVOOGD, Jon D. La Thérapie Crânio-sacrée, Tome 1. Edition Satas, 1995, p.44

Le sujet est en décubitus dorsal, relâché, bras le long du corps. En cas de douleur, quelle qu’elle soit, le praticien accordera au sujet des modifications de sa position, afin de réaliser la technique dans les meilleures conditions possibles de détente.

Le praticien est assis à la tête du patient, pieds à plat au sol, dos droit mais relâché. Les 4 derniers doigts d’une main viennent croiser perpendiculairement les 4 derniers doigts de l’autre main, comme pour recueillir et conserver le maximum d’un liquide déposé dans le creux de ses mains. Les éminences thénar viennent se positionner sur l’écaille occipitale, en dedans – absolument ! - des sutures occipito-mastoïdiennes, en infra-tentoriel. Les pouces sont presque parallèles. Par une pronation des deux avant-bras, le praticien rapproche les éminences thénar. Par une flexion des doigts, il va, tout en restant à l’écoute du MRP du patient et en le respectant, « freiner » la flexion occipitale et « encourager » l’extension. L’appui des éminences n’est pas une pression mécanique à l’état brut ; le thérapeute doit respecter la compliance de l’os et garder ses mains paisibles et respectueuses, essayant de « ne faire plus qu’un » avec le tissu crânien du patient.

Au bout d’un certain temps, les fluctuations de l’occiput atteignent une phase de calme plat, de tranquillité. Le praticien peut ôter ses mains lentement et délicatement à cet instant, ou bien s’il éprouve une sensation de redémarrage des fluctuations (le crâne veut tout d’un coup à nouveau s’expandre).

L’efficacité du CV4 peut être marquée par une modification de la respiration du patient, par un relâchement général des tissus ou par la présence de sueur au front et vers le nasion, par exemple.

Il est conseillé de revérifier l’expression générale du mécanisme par une prise à la voûte, et de conseiller au patient de « rester au calme » pendant les quelques heures qui suivent la manœuvre.

  • Source : RATIO, A., Le Crâne en Ostéopathie. Éditions André Ratio, 2012, p.155-159

Technique des tissus veineux

Source de l’image
RATIO, A., Le Crâne en Ostéopathie. Éditions André Ratio, 2012, p.410

Pour cette technique, le patient est installé en décubitus dorsal, bras relâchés le long du corps. Dans son ouvrage Le Crâne en Ostéopathie, André Ratio propose le protocole suivant :

TRAVAIL PRÉPARATOIRE

- Abord sacrum-diaphragme abdominal  : la main caudale de l’ostéopathe effectue un déroulement fascial du sacrum, tandis que la main crâniale, positionné en projection du diaphragme abdominal, écoute. Une fois la détente sacrée obtenue, rechercher un synchronisme entre le sacrum et le diaphragma abdominal.
- Main dorsale au niveau de D4  : praticien assis à la tête du patient, une main en regard de D4 ; l’autre, antérieure, sur le sternum. Effectuer une détente-pompage du médiastin pour faciliter le retour des voies veineuses vers le coeur.
- Détente au niveau des dômes pleuraux  : mains posées sur les clavicules, les pouces recouvrent les premières côtes et convergent vers D1. Rechercher un dégagement du confluent des veines brachiocéphaliques et jugulaires.
- Relance jugulaire externe-plexus ptérygoïdien  : une main sous l’occiput, l’autre encadre l’os hyoïde. Attendre l’apaisement général des tissus. Le but est d’optimiser le cheminement du retour veineux.
- Détente de la mandibule et des temporaux  : paumes de chaque main sur la branche montante mandibulaire, doigts convergeant vers la symphyse mentonnière. Rechercher une détente apaisant les muscles masticateurs, les fascias et les plexus péri-articulaires des articulations temporo-mandibulaires (ATM).
- Détente du sinus occipital  : doigts positionnés en opposition, de part et d’autre du sinus occipital ; détendre et séparer les deux pans du sinus.

TECHNIQUE DES SINUS VEINEUX

- Favoriser l’acheminement veineux aux trous petit ronds vers les veines méningées puis le sinus caverneux par une prise temporo-occipito-sphénoïdale. La main sphénoïdale effectue des mouvements lents crânio-caudaux.
- Détendre les voies veineuses de retour par une prise fronto-occipitale. Les mains sont en regard des sinus longitudinaux, et favorisent la détente antéro-postérieure.
- Travail du sinus longitudinal supérieur : depuis l’inion jusqu’à la Crista Galli de l’éthmoïde, réaliser un drainage-pompage de la voûte en dégageant le sinus sur toute sa longueur, pouces croisés, puis doigts en opposition (lorsqu’on arrive antérieurement au niveau du frontal)
- Inhibition sous occipitale, puis relâchement C0-C1 C2, afin de favoriser le drainage veineux entre crâne et rachis.
- Dégager le pressoir d’Hérophile, en plaçant les majeurs bout à bout centrés sur l’inion.
- Détendre les sinus latéraux, en plaçant les doigts de chaque main le long de la ligne courbe occipitale supérieure. Cela favorise la détente des attaches occipitales de la tente du cervelet.

Remarque : l’ostéopathe n’oubliera pas, avant de procéder au drainage des sinus veineux, de vérifier la bonne ouverture des deux trous déchirés postérieurs, ainsi que de la liberté de la suture occipito-mastoïdienne, afin de s’assurer de la liberté de passage des veines jugulaires internes.

  • Source : RATIO, A., Le Crâne en Ostéopathie. Éditions André Ratio, 2012, p.411-417

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