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Relation corps et émotion : approche scientifique et hypothèse thérapeutique en ostéopathie

ATMAN 2002 - Jean-Luc Lasserre
 
lundi 27 avril 2015 par Jean-Luc Lasserre

Relation corps et émotion
Approche scientifique et hypothèse thérapeutique en ostéopathie

Jean-Luc Lasserre


Mémoire en vue d’obtenir le diplôme d’ostéopathie - Études au collège ATMAN - Mémoire présenté en 2002 à l’ATSA Lyon

Le Site de l’Ostéopathie remercie Jean-Luc Lasserre de l’avoir autorisé à présenter son mémoire

INTRODUCTION

À l’aube de notre carrière ostéopathique et pratiquant les techniques structurelles, fonctionnelles et tissulaires enseignées par nos maîtres, nous avons pris conscience de la difficulté d’appliquer des techniques stéréotypées sans tenir compte de la personnalité de chaque patient .

Nous avons constaté certains faits :

Une même technique appliquée à des patients différents donnera des effets différents et sera ressentie différemment.

Pour une demande physique, concernant la biomécanique ou la physiologie du corps avec douleur associée, la correction structurelle sera parfois insuffisante.

Pour une demande émotionnelle, concernant la psychologie du sujet avec souffrance mentale, la correction fonctionnelle et tissulaire répondra souvent bien à la demande du patient.

Dans tous les cas, la verbalisation du vécu du traumatisme semble améliorer les résultats.

D’autre part, certains patients présentent au cours de la séance (en technique tissulaire notamment) ou après celle-ci des réactions émotionnelles surprenantes.

Nous avons donc été amené à nous pencher sur la psychologie du patient, à ses réactions psychosomatiques et à l’effet des thérapies somato-psychiques.

Si la médecine psychosomatique s’appuie sans conteste sur une réalité neuro-physiologique bien établie, l’impact somato-psychique des thérapies manuelles reste à prouver.

Nos premières recherches, en compulsant différents ouvrages, ne nous ont pas permis de trouver d’explication rationnelle à ce sujet car les affirmations émises par les auteurs relevaient plus du domaine philosophique voir ésotérique que scientifique.

Nous avons donc poussé nos recherches et essayé de trouver dans la littérature tout ce qui pouvait valider ce que nous constations dans notre pratique quotidienne soit cette action du corps sur l’esprit.

Nous avons tout d’abord étudié la pathologie psychosomatique du point de vue médical et sa cause : le stress émotionnel et découvert l’action prépondérante de l’émotion dans toutes pathologies et, en particulier, dans les atteintes dites « fonctionnelles ».

L’étude de l’émotion, développée par les neuropsychologues, et l’importance du corps tant pour son expression que sa perception, nous a permis d’entrevoir un début d’explication à notre thérapie. Il existe une boucle, une circularité entre les structures cérébrales et le corps : l’intervention de l’ostéopathe doit nécessairement agir sur cette circularité.

Nous avons poussé, ensuite, nos investigations, afin de comprendre le comportement pathologique de l’être humain et son corollaire : la souffrance, cause du refoulement. Souffrance psychique mais aussi physique.

D’autre part, la biochimie appuyée par la physique quantique nous a montré que le corps peut lui-même « vivre » une émotion et que la frontière corps-esprit semble aujourd’hui dépassée.

La compréhension de la pathologie émotionnelle nous a alors amené à émettre un certain nombre d’hypothèses quant à l’action possible de l’ostéopathie et à chercher des indices complémentaires pouvant étayer ces hypothèses en complément des apports précédents.

Nous avons enfin proposé un protocole de traitement issu de notre expérience.

Nous avons essayé, lorsque cela était nécessaire et possible, de clôturer chaque chapitre ou sous-chapitre par une conclusion en rapport avec le mémoire en particulier ou l’ostéopathie en général.

NB : Le mot Corps revêt dans ce mémoire deux significations selon le contexte employé

- Le corps par opposition aux structures cérébrales, c’est à dire, le visage, le cou, le tronc et les membres donc tout ce qui n’est pas le cerveau.
- Le Corps par opposition à l’esprit en tant qu’entité physique, de structure, de matière par rapport à une entité psychique, d’énergie.

Ce mémoire est la synthèse et la compilation de recherches fondamentales, scientifiques visant à démontrer l’interrelation étroite et indissociable entre le corps et l’émotion.
Devant l’étendue et la complexité de cette étude, nous avons fait le choix de nous concentrer sur l’abord de la physiologie afin de dégager des grands principes de traitement ostéopathique et donc de ne pas développer l’aspect anatomique et technique.

Table des matières

LEXIQUE
1 INTRODUCTION
2 MALADIE PSYCHOSOMATIQUE ET STRESS EMOTIONNEL
 2.1 Médecine Psychosomatique
 2.2 Stress psychique et maladies psychosomatiques
 2.3 Le stress permanent
 2.4 Psychose, névrose, maladie psychosomatique
 2.5 Pathologies fonctionnelles
 2.6 Conclusion
 2.7 Apport au mémoire
3 L’EMOTION
 3.1 Définition et classification de l’émotion.
 3.2 Les premières recherches
 3.3 Emotion Ire IIre
 3.4 Perception des émotions
 3.5 Processus de Raisonnement
 3.6 L’intelligence émotionnelle.
 3.7 Apport au Mémoire
4 NEUROSCIENCE COGNITIVE DES EMOTIONS
 4.1 Le buffer* somatosensoriel (cortex somatosensoriel).
 4.2 Le sous-système d’appariement somatotopique (cortex pariétal postérieur droit).
 4.3 Le sous-système de pré-traitement de l’état interne (insula antérieure)
 4.4 Le sous-système d’activation de patterns* d’états internes (insula antérieure et autres cortex somatosensoriels).
 4.5 Le sous-système de connexion stimulus-réponse (striatum, amygdale).
 4.6 La mémoire associative (cortex ventromédian).
 4.7 Le sous-système de génération d’instructions émotionnelles (Cortex préfrontal dorsolatéral, cingulaire antérieur).
 4.8 Le sous-système d’exécution émotionnelle (amygdale, hypothalamus et noyaux du tronc cérébral).
 4.9 Emotions possibles sans le corps ?
 4.10 Apport au Mémoire
5 PSYCHOPHYSIOLOGIE DU COMPORTEMENT
 5.1 L’état de fuite
 5.2 L’état de lutte
 5.3 L’état d’inhibition de l’action
 5.4 L’état d’urgence permanent ou de souffrance
 5.5 Apport au Mémoire
 5.6 Homéostasie généralisée et importance du terrain
 6 NEUROPSYCHOLOGIE DE LA SOUFFRANCE CAUSE DU REFOULEMENT
 6.1 Le système limbique
 6.2 Le thalamus, site de traitement de la douleur et de la souffrance
 6.3 Le site de stockage des sentiments : la connexion amygdale-hippocampe
 6.4 Comment la souffrance envoyée dans le corps provoque-t-elle les symptômes ? Le rôle de l’hypothalamus
 6.5 La structure qui nous met en alerte : le système réticulé activateur
 6.6 Le lieu de connexion et de déconnexion des sentiments : le cortex préfrontal
 6.7 Le corps calleux
 6.8 Comment nos neurones transmettent-ils et bloquent-ils la souffrance ?
 6.9 Le mécanisme de la souffrance
 6.10 Conclusion : Reconnexion* et guérison
 6.11 Apport au mémoire :
 6.12 Mode d’intervention des deux systèmes Amygdale ou cortex préfrontal.
7 APPROCHE BIOCHIMIQUE ET QUANTIQUE
 7.1 Système immunitaire et neuropeptides
 7.2 L’intelligence ou la mémoire cellulaire
 7.3 Pensée et changement corporel
 7.4 Unité corps-esprit
 7.5 Le quantum*
 7.6 Les personnalités multiples
 7.7 Mémoire cellulaire
 7.8 Système nerveux végétatif et système immunitaire
 7.9 Interaction esprit/cerveau : l’hypothèse des micro-sites
 7.10 Apport au Mémoire
8 HUMEUR, TYPOLOGIE ET METAPHORE
 8.1 Humeur, Typologie
 8.2 Apport au Mémoire
 8.3 Le corps comme métaphore
9 HYPOTHESES SUR L’ACTION DE L’OSTEOPATHIE
 9.1 Importance de l’interrogatoire non verbal
 9.2 Importance de l’interrogatoire verbal et de la prise de conscience : Réactivation émotionnelle de l’esprit
 9.3 Importance de l’interrogatoire physique et de la correction : Réactivation émotionnelle du corps
10 INDICES POUVANT ETAYER CES HYPOTHESES
 10.1 La Douleur
 10.2 Le système nerveux autonome ou végétatif
 10.3 La Mémoire
 10.4 Mémoire de la Douleur
 10.5 Douleurs, corps et émotions
 10.6 Douleurs et comportement
 10.7 Apport au Mémoire
 10.8 Biopolymères et ostéopathie
11 Hypothèse de traitement
 11.1 Souffrance psychique
 11.2 Souffrance physique
 11.3 Conclusion
12 CONCLUSION
Bibliographie
Liste des Figures

CONCLUSION

Ce mémoire ayant cherché à expliquer l’interaction entre le corps et les émotions, nous avons surtout insisté sur l’aspect de la neuropsychologie en laissant volontairement de côté le versant anatomique pur. Nous avons alors constaté que l’émotion était l’interface et le lien entre le corps et l’esprit et que le corps était indispensable à l’expression de l’émotion et non pas une simple manifestation de cette émotion.

Si l’ostéopathie est basée, à juste titre, sur l’anatomie, n’oublions pas l’importance que STILL accordait aux fascias, après l’artère et le nerf, dans sa démarche. Or nous avons constaté que c’est par l’intermédiaire du fascia, tissu présent à tous les niveaux du corps et imprégné par l’émotion que nous pouvions comprendre une partie de notre action.

Notre travail sur le fascia agit donc à la fois sur la structure et sur l’esprit du patient. Nous traitons de la mécanique vivante et cette vie dans les tissus est l’expression de l’émotion, base de tous nos comportements..

Nous nous sommes rendu compte au fur et à mesure de l’avancement de ce mémoire que nous avions essayé, tout au long de celui-ci, de prouver et surtout de justifier en fait l’action de l’ostéopathe dans les pathologies dites « fonctionnelles ».

Fonctionnelle pour le monde médical cela signifie non-organique donc anodine, psychosomatique. S’il n’existe pas d’atteintes organiques graves, le médecin estime son travail terminé, sa responsabilité dégagée. Il a raison au niveau légal mais laisse le patient sur sa faim qui va alors chercher d’autres thérapies avec plus ou moins de bonheur.

L’ostéopathe qui pratique des techniques « structurelles », des « manipulations » (pour résumer) allant contre la barrière qu’elle soit osseuse, musculaire, ligamentaire...se considère lui aussi dans « l’organique » ostéopathique mais est considéré par le médecin comme traitant du « fonctionnel » !.

Enfin, l’ostéopathe faisant du « fonctionnel » dans le jargon de notre profession va dans le sens de la lésion, il « aggrave » la lésion avec des techniques « douces » qui font sourire le « structurel ».

Qui a raison, où se trouve la Vérité ? Chacun ayant des résultats, il existe bien une explication rationnelle à cet état de fait.

Nous pensons que chaque thérapeute agit à un niveau différent et que chacun obtient des résultats sur certains patients et pas sur d’autres. Le point commun semble être la prise en charge globale tant au niveau physique que psychique, mais aussi et surtout, la réponse aux attentes de son corps-esprit.

Ce mémoire a donc cherché à expliquer l’interaction de l’émotion avec le corps et surtout d’émettre des hypothèses quant à l’action de la thérapie corporelle sur le psychisme.

Nous pensons que l’efficacité de notre action par rapport à une autre thérapie corporelle tient au fait que nous cherchons et trouvons les points du corps, sièges de la souffrance, expression physique de l’émotion et que nous rajoutons un paramètre dans la correction : l’expression psychique de l’émotion. Cette « alchimie » quantique explique peut être la « guérison »

Cette action existe et toute pathologie est une intrication du psychisme et du somatique. La difficulté est donc de définir quelle est la part de l’un ou de l’autre.

Nous pensons que l’ostéopathe peut agir à l’interface des deux pathologies et qu’il doit pratiquer les deux approches. Il doit donc être capable de manipuler une 8e vertèbre thoracique et d’équilibrer un foie en faisant ressortir de la colère.

Son action s’arrête cependant là où commence celle des autres. Nous ne pourrons qu’aider les patients avec une pathologie organique ou psychiatrique importante.

Le médecin agit, grâce aux médicaments, molécules chimiques, sur la biochimie du corps et aura une action tant physique que psychique. Le « psy » intervient, lui aussi, sur les deux composantes de l’être humain grâce à sa thérapie puisqu’il traite l’esprit, ce qui secondairement traitera le corps.

L’ostéopathe peut logiquement, lui aussi, influer sur la santé totale de l’individu en traitant la structure et en rétablissant la fonction du corps.

Nous pouvons aussi établir une passerelle entre les psychothérapies et l’ostéopathie. En effet, d’une part, nous appliquons les mêmes principes de traitement : recherche dans le passé des causes ayant entraînées la pathologie du patient et revécu de la sensation primaire. D’autre part, les "psy" trouve dans le corps physique un support au psychisme et les ostéopathes trouvent dans l’émotion une cause au perturbation physique.

Chacun possède donc son champ d’action spécifique qui est complémentaire des autres et donnera des résultats en fonction de « l’histoire » du patient..

Nous ne doutons pas que les hypothèses émises dans ce mémoire trouverons dans les prochaines années des preuves expérimentales par une collaboration fructueuse entre ostéopathes et chercheurs.

Ce travail pourrait faire l’objet de futurs mémoires développant des protocoles de traitement, validant nos hypothèses, que nous n’avons pas pu mettre en place dans cette étude déjà très complexe.


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