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Nature Sciences Santé n°14 Novembre 2018

mercredi 5 décembre 2018 par Jean Louis Boutin

Édito


Notre santé dépend à 20 % de notre patrimoine génétique, à 20 % de notre environnement, à 10 % de l’accès aux soins et à 50 % de nos comportements.
Elle ne peut donc pas être prise en charge à 100 % par la médecine allopathique.
Le terme médecine intégrative est utilisé pour désigner le recours simultané à la médecine classique allopathique, à des médecines alternatives, ainsi qu’à des modifications du style de vie dans le suivi d’un patient. Comme le souligne le Pr Gilbert Deray dans notre entretien, elle n’a malheureusement pas encore trouvé sa place en France et insuffisamment dans les autres pays européens.
En Amérique du Nord, il existe plus de quarante instituts universitaires de médecine intégrative. En Europe, on trouve certes de nombreux thérapeutes de médecines complémentaires, mais très peu de centres proposant une collaboration active et multidisciplinaire entre médecins conventionnels et thérapeutes.
Pourtant, les données scientifiques montrant l’intérêt immense d’utiliser la complémentarité des différentes approches pour le bien-être et la santé de tout un chacun sont innombrables. La médecine intégrative propose des traitements multidisciplinaires respectant les choix et les particularités de chacun. Elle conjugue la médecine scientifique conventionnelle, les médecines plus naturelles et les thérapies de style de vie telles que l’activité physique, la gestion du stress, la nutrition ou la micronutrition… On ne peut que souhaiter qu’elle s’implante de plus en plus dans la prise en charge quotidienne de la santé.

Brigitte Karleskind

Sommaire

La cannelle - De l’usage traditionnel à la recherche scientifique

La cannelle est l’une des épices les plus anciennes et elle est citée dans les écrits antiques chinois, sanskrits et égyptiens de même que dans l’Ancien Testament. Elle est utilisée par de nombreuses médecines traditionnelles pour soulager différents maux. La recherche scientifique s’intéresse notamment à ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires et à sa capacité à améliorer le métabolisme du glucose sanguin.

Dossier : La fatigue

Vingt pour cent des consultations en médecine générale ont pour objet la fatigue. Ses manifestations et ses causes peuvent être extrêmement diversifiées. C’est aussi un symptôme retrouvé dans de nombreuses maladies. Le stress oxydant, l’inflammation, des apports insuffisants en certains nutriments essentiels, des perturbations dans le fonctionnement des mitochondries… jouent un rôle non négligeable dans son apparition. C’est pourquoi une supplémentation en nutriments essentiels, en antioxydants, en extraits de plantes… peut avoir des effets bénéfiques.

- Le syndrome de fatigue professionnelle ou burn-out

Le syndrome de burn-out est de plus en plus présent dans nos sociétés
Le psychiatre Claude Veil introduit le concept d’épuisement professionnel en 1959. Mais c’est la psychologue Christina Maslach et le psychanaliste Herbert Freudenberger qui l’ont le mieux étudié et analysé. Ce syndrome a d’abord été identifié parmi les personnels soignants et les aidants, mais il peut concerner toutes les professions qui demandent un engagement personnel intense. Il se traduit par un ensemble de réactions qui font suite à des situations de stress professionnel chronique dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante.

- Le syndrome de fatigue chronique

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) est parfois dénommé encéphalomyélite myalgique (EM). Les personnes qui en sont atteintes souffrent souvent d’une fatigue qui dure, confine à l’épuisement et peut même les obliger à rester alitées. Cette fatigue ne s’explique par aucune raison médicale. Elle ne cède pas avec le repos et ralentit la vie quotidienne. La maladie se manifeste également par des douleurs articulaires, des maux de tête, des troubles du sommeil, de la concentration et de la mémoire à court terme. Ces symptômes sont source d’invalidité et de détresse importante.

- Des nutriments & des extraits de plantes aident à soulager les symptômes de fatigue

Une supplémentation en nutriments essentiels, pour pallier des insuffisances ou pour renforcer les défenses antioxydantes, peut avoir des effets bénéfiques chez des personnes se plaignant de fatigue ou souffrant du syndrome de fatigue chronique. D’autres apports nutritionnels peuvent également être faits pour renforcer la production d’énergie au niveau cellulaire. Certains extraits plantes vont améliorer eux aussi, la capacité antioxydante de l’organisme tandis que les plantes adaptogènes aideront à combattre la fatigue liée au stress.

- Antioxydants, stress oxydant & activité physique

Chez les personnes pratiquant une activité physique, les besoins en antioxydants vont varier en fonction de leur statut nutritionnel, de leur état de santé, des stress auxquels elles sont confrontées, du type d’exercices pratiqués… Chacune aura des besoins spécifiques.

- Les adapatogènes et la fatigue liée au stress

Un certain nombre de plantes adaptogènes et notamment le ginseng, la rhodiole, l’éleuthérocoque... ont montré leurs effets bénéfiques sur la fatigue.
Une plante adaptogène a un effet analogue à celui de l’entraînement d’un athlète qui se prépare à une compétition. La plante adaptogène incite l’organisme à commencer à s’adapter au processus de stress. Lorsqu’une situation stressante se produit, les adaptogènes consommés génèrent un degré d’adaptation généralisée (ou une résistance non spécifique) qui permet à l’organisme de prendre en main la situation de stress de la manière la plus bénéfique. Les adaptogènes sont fréquemment utilisés pour soulager la fatigue liée au stress.

- La maladie de Crohn

Le stress oxydant, l’inflammation, un déséquilibre de la flore intestinale… sont quelques-uns des facteurs que l’on retrouve chez les personnes souffrant de la maladie de Crohn. On peut donc penser que des nutriments et des extraits de plantes avec des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires tout comme des probiotiques et des acides gras oméga-3 pourraient avoir leur utilité.

- La maladie de Crohn - L’approche de la médecine chinoise, par Plume Charpentier, Ethnomédecin de médecine traditionnelle chinoise.

Qu’est-ce que la médecine chinoise ?
Dans le monde, il existe plusieurs médecines et non une seule, la médecine amérindienne, africaine, ayurvédique, tibétaine, chinoise, etc. Chaque civilisation, au fil de son histoire, a mis en place un système médical à l’image de sa vision de la vie, de la mort, de la santé, de la maladie, etc., et donc, il y a des médecines sur Terre, dites traditionnelles puisqu’elles ont traversé le temps en reposant sur des concepts toujours valables aujourd’hui.

- ÉPI-CURE, un programme de santé pour le plaisir - Entretien le professeur Gilbert Deray

Gilbert Deray est professeur en médecine et dirige le service de néphrologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il vient de publier chez Fayard Choisissez votre destin génétique, un livre dans lequel il explique comment nous pouvons agir, au quotidien, par de simples modifications de notre façon de vivre, pour rester en bonne santé. Nous lui avons demandé de nous parler de l’épigénétique, c’est-à-dire de l’influence de l’environnement, de notre comportement sur l’expression de nos gènes. Il nous présente également, ÉPI-CURE, le programme qu’il nous propose pour rester en bonne santé.

Brigitte Karleskind : Comment pouvons-nous agir sur notre destin génétique ?
Pr Gilles Deray : C’est très simple. Chacun de nous a un code génétique qui est fixé par ce que nous transmettent papa et maman. C’est-à-dire le code du spermatozoïde et de l’ovule. Et sur ce code génétique, porté par nos 46 chromosomes, tout est inscrit : nos caractéristiques personnelles, taille, couleur des yeux, couleur des cheveux, physique général, et aussi maladies. Sur ce code génétique qui comporte des milliards de combinaisons possibles, il y a les gènes, de tout petits morceaux de chromosomes. Ces quelque 23 000 gènes portent notre destinée. Avant l’épigénétique, on pensait que tout était inscrit et qu’on ne pouvait pas faire grand-chose pour éviter les maladies, mais seulement espérer, qu’avant qu’elles apparaissent, un médicament soit trouvé pour nous guérir.

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